Aligre FM - Paris 93.1

Radio libre, indépendante et non-commerciale depuis 1981.

En ce moment à l’antenne :
20h - 21h
Les Mondes du futur

Accueil du site / Programmes / Les émissions / Écoute ! Il y a un éléphant dans le jardin / Ecoute ! Il y a un éléphant… # 21 décembre 2016

Écoute ! Il y a un éléphant dans le jardin

Ecoute ! Il y a un éléphant… # 21 décembre 2016

Programme de vacances…
Courriel Facebook Myspace Google Yahoo! Plus...

Dernière émission 2016, car la semaine prochaine pas d’émission, une dernière émission, au cours de laquelle nous vous proposons des histoires, des contes, des chansons, des contes musicaux, parus récemment, et à écouter, pourquoi pas, avec les enfants. Exception cependant pour Sébastien Laudenbach, le réalisateur du superbe film d’animation "La jeune fille sans mains", que nous avions reçu début novembre, alors que son film est sorti quelques semaines plus tard, le 14 décembre, mercredi dernier donc. Nous vous proposons de réécouter de larges extraits de son interview.

Sortir avec les enfants

Quelques chroniques spectacles ou expos

"Frontières", par la compagnie des Rémouleurs, théâtre d’ombres, de miroirs et de percussions, imaginé et mis en scène par Anne Bitran, dont nous aimons ici suivre le travail. Je n’ai pas encore vu le spectacle, mais la vidéo sur le site de la compagnie en fait entrevoir la dimension singulière. Le spectacle se présente tel un long poème musical, sans paroles, mais portée par la composition musicale et sonore, pour retracer le parcours d’un migrant. Quitter le village, puis le pays, tenter de franchir les frontières, à pied, en camion, en bateau, affronter le passeur – qui prend ici l’apparence d’une sorcière -, papiers, contrôle, barbelés, marche, course, violence, murs, camps de rétention, et la ville tant rêvée et pourtant si peu accueillante.

C’est raconté sans un mot, avec parfois même douceur et poésie, avec les silhouettes aux découpes minutieuses, transparentes ou colorées, manipulés derrière ou devant le grand tissu blanc, tandis que le musicien et percussionniste Francesco Pastacaldi interprète à vue la musique, développant un thème différent par personnage. Les manipulateurs déplacent les sources lumineuses, zooment, dézooment, effectuent des travellings ou des panoramiques, les personnages passent de l’ombre à la lumière. Frottements de bois, de papier, tintements de métal, c’est dans les détails des sonorités, au plus près des personnages, de leurs gestes précis et justes, que le spectacle Frontières prend toute son ampleur. "Frontières", par la compagnie des Rémouleurs, c’est depuis hier et jusqu’à demain soir au théâtre des Poussières à Aubervilliers à 19 heures, et la semaine prochaine à Paris,du 27 au 29 à 16h30, dans la nef du panthéon, place du panthéon dans le 5e. A voir avec les enfants à partir de 6 ans.

-Connaissez-vous la web-série hebdomadaire « Mon œil » conçue par le Centre Pompidou et diffusée chaque mercredi sur le net, pour faire découvrir la création artistique moderne et contemporaine dans toutes ses dimensions aux enfants. Nous avions reçu ses concepteurs à ce micro au tout début de l’année. Une web série drôle, percutante, à la réalisation très soignée, à laquelle ont été associés les illustrateurs ou graphistes de renom que sont Stéphane Kiehl, Paul Cox, Pierre Vanni, Raphaël Garnier et Vincent Broquaire. Voici qu’aujourd’hui, ces créateurs s’affranchissent du numérique pour proposer une exposition interactive, « Mon œil, l’exposition. Regards sur le point de vue », inaugurée il y a quelques semaines à l’espace Enfants du Centre Pompidou, au premier étage. Cinq installations, pour lesquelles ils ont eu carte blanche, et où ils invitent les enfants à explorer, avec tout leur corps, des univers ludiques et colorés, tout en affûtant leur regard. Car ici, c’est la notion de point de vue qui a été privilégiée, dans les différents sens du terme, celui qui désigne l’endroit d’où on regarde tout autant que celui qui définit une façon de voir les choses et de se faire son propre avis. Cinq points de vue, de cinq artistes, mais surtout cinq propositions qui invitent les jeunes enfants à élaborer leurs propres points de vue, à imaginer en jouant, en manipulant, en déplaçant, en expérimentant et en transformant à loisir les propositions des artistes pour reconstruire et inventer à leur tour. Stéphane Kiehl et ses formes colorées à positionner au sol comme on veut ou en suivant sa composition géante sur le panneau mural. La maison de Paul Cox, composées de différents panneaux sur roulettes, percées de portes et fenêtres, à faire glisser au sol, comme on veut pour recomposer une maison, une cachette, des ouvertures, pour jouer avec les lignes colorées comme autant de tableaux abstraits ou de cadres pour regarder à travers. Ou encore jouer avec les reflets de l’énorme ballon de Pierre Vanni, qui varient selon l’endroit où on se pose ; fouiller un mur de gravures avec papier et crayon noir pour traquer les formes insolites de Raphaël Garnier, ou encore se munir d’une lampe de poche pour éclairer et débusquer les secrets de l’architecture du centre Pompidou. C’est beau, malin et les enfants s’en donnent à cœur joie.

Jusqu’au 20 février au Centre Pompidou, pour les enfants dès 3 ans, ou même plus petits, accueil de 15 h à 18hh et c’est gratuit, et bien sûr à suivre sur lesite du Centre Pompidou la web série « Mon œil » où retrouver tous les films réalisés par ces artistes. Avec épisode spécial un peu plus long pendant les vacances.

« Un beau jour, toute trace de colère avait disparu… C’était l’été. L’hippopotame heurta le hérisson, mais ni l’un ni l’autre ne se mit en colère. La tortue dit à l’escargot qu’il avait l’air bien pressé, mais l’escargot ne se mit pas en colère. L’éléphant ne se mit pas en colère contre lui-même quand, par étourderie, il se cogna contre le chêne et s’étala par terre dans un grand boum, et la grenouille ne se mit pas en colère contre le héron quand celui-ci une fois de plus l’avala tout rond. C’était un drôle de jour. L’après-midi, les animaux se réunirent dans la clairière. Le grillon demanda à l’éléphant ce qu’il devait être si l’éléphant en dansant lui écrasait à nouveau les pieds : reconnaissant ? Ravi ? L’éléphant le regarda, hésitant, et haussa les épaules : « Je ne sais pas », dit-il, « bien heureux, peut-être. Ou ébahi ». Personne ne savait ce qu’il fallait être en pareil cas »

C’est sur ces mots de l’auteur hollandais Toon Tellegen que démarre le spectacle « Hors de moi » interprété par Grégoire Calliès, et inspiré par l’album « N’y a-t-il personne pour se mettre en colère », traduit en français en 2013 chez Albin Michel jeunesse. Dans cet album, Toon Tellegen raconte douze histoires animalières, drôles, poétiques, où l’on retrouve les animaux déjà rencontrés dans « Lettres de l’écureuil à la fourmi » publié quelques années plus tôt, mais cette fois autour de la thématique de la colère. Avec finesse, et un brin de philosophie, sous la fantaisie des situations et la délicatesse des dialogues, Toon Tellegen dresse une typologie des colères, et dépeint cette émotion dans toute sa complexité, sans porter aucun jugement moral, comme à son habitude. Car la colère peut être salutaire, peut faire rire, dénouer des situations compliquées. Depuis longtemps, Grégoire Calliès s’est intéressé aux histoires de Toon Tellegen, bien avant qu’elles soit traduites et publiées en France, et il avait déjà monté des spectacles de marionnettes inspirés par ses héros animaliers et leurs histoire pleines de fantaisie et de sagesse. Adapté par Claire Chevalier de "N’y a-t-il personne pour se mettre en colère", le spectacle de marionnettes "Hors de moi" reprend ces courtes scénettes où les animaux du bois vivent la colère chacun à sa manière. Certains tentent de la comprendre, d’autres de l’apprivoiser, ou encore la laissent les submerger. Le ver de terre et le scarabée se disputent pour savoir lequel des deux est le plus en colère, la musaraigne se plie en quatre pour faire sortir l’écureuil de ses gonds, l’écrevisse, qui transporte différentes sortes de colères dans sa valise tente en vain de les vendre. Grâce à un ingénieux dispositif scénique autour d’un grand arbre castelet, dont l’ombre est intensifiée par le clair obscur et des projections vidéo qui font défiler les saisons, le manipulateur-conteur-comédien Grégoire Calliès donne à chacune des scénettes et à chacun des animaux une tonalité particulière. Réalisées en métal et en tissu, les marionnettes animaux dégagent beaucoup d’humanité, tandis que l’interprétation de Grégoire Calliès, et la musique de Jacques Stibler, combinée à celle de Saint Saens et son Carnaval des animaux soulignent la poésie et l’humour des dialogues très savoureux.

"Hors de moi", proposée par la compagnie le Pilier des anges, est à voir avec les enfants dès six ans, encore pour trois représentation à Paris, au théâtre de l’Atalante, aujourd’hui, demain jeudi et vendredi à 15 heures. Le théâtre de l’Atalante est situé dans le 18e arrondissement, au pied de la Butte Montmartre, place Charles Dullin. Tarifs 5 euros pour les enfants, 12, 10 et 8 euros pour les adultes. Le spectacle sera repris authéâtre Roublot, le théâtre de la compagnie, à Fontenay sous Bois du 7 au 10 janvier prochain.

Programmation musicale

  • Pinocchio, d’Edouard Signolet, d’après Carlo Collodi, raconté par Elsa Lepoivre et Elliot Jenicot, un livre-CD illustré par Laetitia Lesaux, édité par Didier jeunesse, 2016. A partir de 6 ans.

Voici une version rafraichissante, mais sans concession, du Pinocchio de Collodi, signée par Edouard Signolet, et racontée par les comédiens Elsa Lepoivre et Elliot Jenicot. Aux musiques de Mozart, Vivaldi, Chopin ou Ravel se mêlent les compositions originales de Laurent Petitgirard, pour violon, violoncelle et piano, mais aussi la voix de la soprano Kate Combault reprenant des airs de Kurt Weil ou même de Jacques Dutronc. Ce Pinocchio-là s’avère un véritable garnement, sans scrupules, irrespectueux qui en fait voir de toutes les couleurs à Gepetto et c’est souvent sur un ton dramatique qu’Elsa Lepoivre, la narratrice, interpelle les auditeurs comme pour les prendre à témoin des bêtises, des insolences ou des épreuves de Pinocchio, avant de s’adoucir quand le pantin de bois affiche des sentiments plus chaleureux. Edouard Signolet a planté le décor et l’ambiance dans un univers de foire où se succèdent des personnages pas toujours recommandables, gouailleurs et à l’invective facile, auxquels les deux comédiens prêtent leurs voix tour à tour. Les illustrations du livre, réalisées par Laetitia Le Saux, offrent une galerie de personnages aux allures plutôt sympathiques et débonnaires, souvent loin de ce que laisse imaginer le récit. Un subtil équilibre qui rend ce Pinocchio très savoureux.

  • Ma beauté affronte le diable, de Mimi Barthelemy, Oui-Dire, 2015

Le conte chanté, hérité de l’Afrique, encore vivant en Haïti et les Antilles, est un genre dans lequel conte et chant servent au même titre le récit. Dans ces contes, Mimi Barthelemy, la plus illustre représentante de cette tradition orale originale, disparue en 2013 à Paris, chante en créole et conte en français, dans son français. Elle est accompagnée a capella par sa fille et sa petite-fille sur des arrangements vocaux d’Amos Coulanges et de Manule Mario Anoyvega Mora. Le CD regroupe sept contes de Mimi Barthelemy. "Doumeng" est l’un d’entre eux.

  • La véritable histoire de l’apprenti sorcier, de Jean-Pierre Kerloch, dit par Nathalie Dessay, illustré par Rémi Saillard - Didier jeunesse, 2016

Le récit est signé Jean-Pierre Kerloc’h qui est loin d’en être à son premier récit pour les enfants, et depuis longtemps spécialisé dans la réécriture ou l’adaptation de récits classiques, ici l’Apprenti sorcier de Paul Dukas. Il est dit par Nathalie Dessay qui, elle aussi depuis quelques années, prend plaisir à lire et conter pour les enfants. Dans une diction claire, variant à volonté la voix pour marquer les personnages, elle embarque l’auditeur dans ce monde mystérieux où magie et musique sont étroitement liées. Le Maître Sorcier Alto Incantador reçoit quatre enfants qui aspirent à devenir magiciens. Ils vont devoir affronter de terribles épreuves et surmonter leurs peurs les plus profondes. Jean-Pierre Kerloch’ a enrichi le texte initial, avec ces quatre personnages, bien différents les uns des autres mais qui vont devoir faire preuve de solidarité, même si un seul d’entre eux deviendra l’apprenti sorcier du maître. Comme toujours avec Jean-Pierre Kerloc’h, le récit est fluide, imagé, alerte, très dialogué et souvent drôle, car si il est question de peurs, il ne s’agit surtout pas de faire peur aux jeunes lecteurs auditeurs. L’illustration musicale est assurée par David Pastor qui a puisé dans les œuvres classiques pour faire ressortir les contrastes du récit. Les illustrations du livre, quant à elles, sont signées Rémi Saillard, dont le travail en linogravure fait encore une fois merveille dans ces grandes illustrations pleines d’énergie, de mouvements, de détails, avec sa palette de couleurs qui va du jaune sienne au bleu vif, du rouge sombre à l’orange flamboyant.

  • Georgia, tous mes rêvent chantent, de Timothée de Fombelle, illustré par Benjamin Chaud, dit par Cécile de France, avec 16 chansons - Ensemble Contraste / Gallimard jeunesse, 2016

Le dernier conte musical de ce matin est signé par l’une des grandes plumes de la littérature jeunesse, Timothée de Fombelle. Avec tout un florilège d’artistes, Cécile de France, en particulier, pour la narration, et 16 chansons interprétées par Alain Chamfort, Babx, Albin de la Simione, Pauline Croze, entre autres, composées entre autres par Albin de la Simone qui a participé également aux arrangements et à la réalisation du disque. L’ensemble est une production imaginée et réalisée par l’ensemble Contraste, dirigée par Arnaud Thorette et Johan Farjot, à la fois collectif d’artistes et label discographique, qui cherche à décloisonner et métisser les genres musicaux. L’histoire ? C’est celle de Georgia, star de la chanson qui se souvient, il y a longtemps quand elle était petite fille à la vie bouleversée, et que l’autre côté du mur mitoyen de sa chambre, Sam, un étrange voisin, joue du violon. Pourtant un siècle les sépare. Un joli récit sur les secrets d’enfance, une belle réalisation musicale qui s’inscrit dans la tradition d’ "Emilie Jolie" ou "le Soldat rose".

Nos partenaires

| Plan du site | À propos | Mentions légales | Haut de page