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Écoute ! Il y a un éléphant dans le jardin

Ecoute ! Il y a un éléphant… # 30 novembre 2016

avec Adrien Parlange (auteur-illustrateur) // "Yetili" /avec Séverine Lebrun (directrice d’écriture et artistique) // Emmanuelle Soler
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Livres

Entretien avec Adrien Parlange, c’est au début

C’est aujourd’hui que démarre le Salon du livre et de la presse jeunesse à Montreuil. Cette année, la thématique commune, c’est Sens dessus dessous, ou comment les livres jeunesse bousculent les formes, les frontières, les règles, au sens propre comme au sens figuré. Chambouler le livre classique tel est le thème de l’exposition, au sous-sol, intitulée la règle et le jeu, à laquelle une vingtaine de créateurs ont été conviés à participer sous différentes formes. Au centre de cette exposition, sous titrée laboratoire de lecture sensorielle, why not, 6 artistes précurseurs ou contemporains, Bruno Munari, Warja Lawater, Paul Cox, Marion Bataille, Matthias Picard et Adrien Parlange. Du beau monde ! Je n’ai pas encore vu l’exposition, et donc ne sais pas ce que l’on voit de leur travail, mais l’association de ces six artistes est déjà une jolie promesse. Parmi ces six créateurs, Adrien Parlange est le plus jeune, mais depuis 2009, où son premier livre – "Parade" – était publié dans la collection Tête de lard aux éditions Thierry Magnier, il poursuit un travail très personnel, publié depuis chez Albin Michel jeunesse, "La chambre du lion", "L’enfant chasseur", et cette année "Le Ruban" : des albums dans lesquels un jeu sur des contraintes qu’il s’est lui-même fixées, des contraintes parfois inattendues d’ailleurs, semble être le moteur de ses créations, mais toujours au service du sens, et surtout de l’imaginaire du jeune lecteur. Contraintes de formes, de couleurs, des espaces – entre autres, des contraintes qui reposent sur des éléments souvent minimalistes, ou plutôt dépouillés, mais qui révèlent au fil des lectures, de nouveaux détails qui viennent enrichir le récit, les histoires. Des histoires souvent simples, mais profondes sur les émotions enfantines, peur de l’inconnu, l’attente, la rencontre, par exemple dans La chambre du lion ou L’enfant chasseur. Des histoires simples mais à l’écriture finement ciselée et au vocabulaire soigneusement choisi.

"Le ruban", paru cet automne, pourrait au premier regard se présenter comme un simple imagier, avec sa succession de doubles pages cartonnées illustrées par de grands aplats de couleur vives, jaune solaire et bleu électriques surtout, et surmontées de leurs légendes : un ballon, un funambule, un cerf-volant. Mais dès qu’on aperçoit le ruban marque page, accroché non pas en haut mais en bas du livre, et qui sort du livre donc, on comprend très vite que ce ruban jaune fait partie de la composition de l’image : ruban de la gymnaste sur la couverture, fil du ballon de baudruche, puis fil du funambule qui s’avance vers le lecteur, lequel s’empresse de tendre le ruban pour ne pas qu’il tombe, créant ainsi un espace en trois dimensions. Le ruban devient tour à tour queue de la souris qu’on retient, ou celle d’une étoile filante qui est en train de tomber de la page, ou le spaghetti qu’on enroule sur l’assiette, le lacet d’une chaussure à nouer, si joliment légendé « un risque » ou encore le tracé du crayon jaune, légendé lui « un inspiration », pour se terminer par « un voyage » qui emmène le lecteur au-delà du livre.

Une vingtaine d’images, dont on devine que la composition et l’enchainement ne doivent rien au hasard, et dont il se dégage une véritable poésie. Aussi ce matin, nous sommes ravis d’accueillir Adrien Parlange, pour évoquer "Le Ruban" et ses autres albums.

- Site d’Adrien Parlange

Livres et télévision

Entretien avec Séverine Lebrun, c’est à 50 minutes

Les livres jeunesse et la télévision ne font généralement pas bon ménage. Alors que les émissions concernant la littérature adultes, même si elles ont tendance à se réduire drastiquement, explorent différentes façons de parler de livre, de littérature, de création, de critique littéraire, du côté des enfants, le moins qu’on puisse dire c’est que la littérature jeunesse peine à trouver sa place, son format, et peut-être son public. Les émissions de critiques, à la Bernard Pivot ou la Grande librairie font, encore aujourd’hui, l’impasse sur les livres pour enfants, sauf en période de fête et encore, et ce sont surtout les émissions autour des questions d’éducation, comme les Maternelle, qui présentent régulièrement des livres pour enfants.

Quant à des émissions littéraires qui s’adressent directement aux enfants, avec la volonté affichée de les inciter à plonger dans les livres, elles sont rares. Le plus souvent, ce sont des adaptations de romans ou d’albums en dessins animés, comme en proposent régulièrement les chaines de télé pour enfants, mais rarement des livres récents, ou plutôt pour des séries telles le génial Boris, de Mathis. Et il y a bien eu des tentatives, comme celles du CNDP, le centre national de la documentation pédagogique, c’est-à-dire L’éducation nationale, qui a produit pendant de nombreuses années, des adaptations animées d’albums récents, mais c’était surtout destiné à la télévision scolaire.

Pas évident, dans un environnement aujourd’hui dominé par les écrans, d’y mettre justement en avant les livres pour enfants, pour donner envie aux gamins de laisser ces écrans un moment pour leur préférer une histoire, aux illustrations imprimées sur le papier d’un livre, qu’on peut feuilleter et se faire relire autant de fois qu’on veut. Pas évident, et pourtant si essentiel, si important.

Aussi un grand bravo à la toute nouvelle émission littéraire pour les jeunes, voire les très jeunes enfants, "Yetili", qui démarre sur France Télévisions, dimanche prochain sur France 4, à 13 heures 20, et dès le 14 décembre sur France 5. Un grand bravo parce que cette émission, cette série plutôt, avec un épisode hebdomadaire/ de 7 minutes, le week end, fait le pari non pas de mettre en avant ou de promouvoir tel ou tel album, paru plus ou moins récemment, enfin pas seulement, elle fait surtout le pari de donner à voir le plaisir de la lecture partagée, et de faire vivre le plaisir de lire ou se faire lire un album. Et ça c’est la bonne trouvaille. Inviter les jeunes téléspectateurs à s’identifier à Nina et Léon, deux petites souris, qui adorent se faire lire un album par Yétili, le yéti mascotte de la librairie, en s’installant confortablement à côté de lui. A chaque fois, un album, un vrai, dont les pages sont tournées et montrées au rythme de sa lecture du début à la fin, et des nombreux commentaires que font les deux souris, sur l’histoire, sur les personnages, sur leurs interprétations du récit, leurs exclamations de plaisir, comme le font les enfants avec leurs parents, tandis que Yétili poursuit sa lecture tout en prêtant une oreille attentive aux deux souris. Et c’est ainsi un joyeux va et vient de la caméra, surplombant Yétili tournant les pages, s’arrêtant sur son visage en train de lire ou sur les souris rigolant tant et plus, zoomant sur les pages du livre, montrant les détails des illustrations, pour revenir ensuite sur le trio calé bien serré sur le fauteuil de la librairie qui sert de décor, dans une scénographie mêlant marionnettes, prises de vue réelles et film d’animation.

"Emile est invisible" de Vincent Cuvelier et Ronan Badel, "Qui a pris le dodolé" de Zékéyé, de Nathalie Dieterlé sont les deux albums qui ouvrent le bal de cette programmation littéraire, 26 sont prévus pour la saison1, avec à chaque fois des albums très différents sur la forme de récit, la narration, le genre d‘histoires, la thématique, certains connus des enfants et d’autres moins. Des albums qui s’adressent quasiment tous à des enfants d’école maternelle, qui ne savent donc pas encore lire, mais vont éprouver le plaisir de se faire lire des histoires en regardant les images. Aux commandes de la série, Séverine Gégauff-Lebrun. Elle ravaille depuis longtemps dans l’univers du livre de jeunesse et de sa médiation, mais aussi celui des écrans pour les enfants Elle en la créatrice et la directrice d’écriture et artistique de "Yétili", aussi nous sommes ravis de l’accueillir ce matin pour nous présenter ce projet.

- Découvrir le début du premier épisode
- Facebook de Yétili

Spectacle

Chronique de Emmanuelle Soler, c’est à 80 minutes

Emmanuelle présente "Goupil", par la compagnie les Compagnons de Pierre Ménard.

"Les deux espaces sonores, l’un musical, l’autre conté, viennent se mêler dans une parfaite synchronisation. Mots chantés, mots signés, mots contés et dits.. « Goupil » au-delà de l’histoire racontée est une chorégraphie des mots mais aussi des visages et des corps qui les incarnent. "

En représentation mercredi 7 décembre à la Philarmonie de Paris (15 h) et mercredi 17 décembre à Cergy, à Visages du monde, à 15 h.

- Site de la compagnie

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