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Écoute ! Il y a un éléphant dans le jardin

Emission du 10 juillet 2013

Invités : Mickael Newton (Loisirs numériques) ; Nina Schmidt (Observatoir des inégalités)
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Pour cette dernière émission de la saison, voici les invités : Mickael Newton, de l’association Loisirs numériques, interviewé par Julien Prost et Géraud Vérité. Puis Nina Schmidt, de l’Observatoire des inégalités, à propos de la place faite aux filles dans les livres, BD et DVD pour enfants.

Un grand merci à Ricardo Burgos qui a assuré la technique de l’émission tout au long de cette saison !

Jeux vidéo

C’est au début

Pour leur chronique mensuelle Julien Prost et Géraud Vérité reçoivent Mickael Newton, président de l’association Loisirs numériques, qui organise, entre autres, Les journées nationales du jeu vidéo.

Tous les trois ont présenté plusieurs jeux vidéo à découvrir pendant les vacances :

Livres

C’est à 45 minutes

Quelle est la place donnée aux filles dans les livres pour enfants, les films, les jeux, les bd, quelle est leur image, quels clichés sont perpétrés… Un sujet sur lequel nous revenons souvent dans cette émission, tant il est vrai que non seulement la représentation filles-garçons ne semble avoir guère évolué, mais surtout on assiste depuis plusieurs années à un spectaculaire retour en arrière, avec ces livres dévolus aux filles, rose et couverts de paillettes, sous prétexte que les enfants, selon leur sexe, n’auraient pas les mêmes lectures. Les stéréotypes demeurent, alors que les études sont de plus en nombreuses à les dénoncer. L’étude sur laquelle je vous invite à vous pencher ce matin a été publiée sur le site de l’Observatoire des inégalités il y a quelques semaines maintenant. Signée par Nina Schmidt, elle s’intitule : BD, DVD, livres pour enfants : la portion congrue des héroïnes et porte sur les produits culturels pour enfants vendus sur un grand site de vente en ligne. Constat toujours aussi amer : 38 pour cent seulement des héros de livres sont des filles, 24 pour cent dans les films et 10 pour cent dans les BD. Des héros qui, d’ailleurs, ne sont pas tout à fait nouveaux, puisque Martine, Caroline, Petit Ours Brun, Yakari ou Franklin, demeurent visiblement au top des ventes. Inférieures en nombre, souvent en retrait, les filles sont décidément moins aventurières, moins actives, moins entreprenantes que leurs collègues garçons, même si Nina Schmidt pointe que Martine fait aussi du ski ou du cheval. Mais elle n’en reste pas moins bien coiffée, souriante et attentionnée… comme une future maîtresse d’intérieur. Et quand elles ne sont pas dévalorisées, les filles sont souvent dans le trop, comme si elles devaient prouver qu’elles ont des talents particuliers et inhabituels. Même si il y en a, rares sont les livres dans lesquels le héros pourrait tout aussi bien être un garçon ou une fille, avec les mêmes capacités. Un des intérêts de cette étude, rapide à lire, facile d’accès, précise dans son approche, c’est qu’elle est réalisée non pas par des spécialistes de livres pour enfants ou de l’éducation, mais par un organisme d’information et d’analyse sur les inégalités sous toutes leurs formes, l’Observatoire des inégalités, qui publie de nombreuses études et données sur leurs site, en particulier dans le champ social ou économique. L’étude BD, DVD, livres pour enfants : la portion congrue des héroïnes, s’inscrit donc dans cette perspective, ce qui en fait une approche intéressante. Aussi ce matin, nous vous proposons un entretien avec son auteure, Nina Schmidt, chargée de mission à l’Observatoire des inégalités, que je suis allée rencontrer hier.

Lecture

quelques minutes avant la fin

Lionel Chenail lit un extrait d’un roman sur le thème de l’enfance : Les poissons ne ferment pas les yeux, de Erri De Luca (Gallimard, 2013)

Livres

Quelques albums à glisser dans la valise :

Mes vacances d’été, aux éditions de l’Initiale est signé par Isabelle Simon, une plasticienne dont presque tous les albums sont réalisés à partir de petites installations en papier mâché ou en pâte à durcir qu’elle peint et photographie pour composer les pages de ses livres. Des images colorées, gaies, très dynamiques. Mes vacances d’été est une jolie galerie de portraits de la famille, des photographies prises par le père de famille sur la plage. Tante, marraine, grande sœur, mère, tonton, chacun sur sa serviette de plage, tout le monde passe sous l’objectif du père, l’un pour ses jolis doigts de pied, l’autre pour son sourire de star, maman pour son ventre sans nombril, et même David, le petit benjamin. Au fil des photos, celui-ci vient ajouter son petit grain de sel et ses commentaires sur chaque membre de la famille, avec humour et tendresse. Isabelle Simon a fait reposer chacune de ses figurines sur le sable, du vrai, et la prise de vues sous le soleil, avec ce subtil travail sur les ombres portées, apporte beaucoup de chaleur à cet album à lire dès 4 ans. Mes vacances d’été, d’Isabelle Simon, éditions de l’initiale, 12 euros.

On reste sur la plage, avec cette chronique du bord de mer : Marée haute de Bernardo Carvalho paru chez Gallimard Giboulées. Un grand album souple, sans un mot, sans parole, pour une galerie de personnages, là aussi, qui profitent de la plage à marée basse, coquillages, jeux de ballons, promenade dans les rochers, mais peu à peu la mer monte et les jeux dans l’eau et les plongeons peuvent commencer. De grandes illustrations qu’on dirait faites en gravure, et qui leur donnent un côté artisanal très chaleureux ; très peu de couleurs, bleu, rose, noir et blanc, sur les pages grège du papier, des personnages, surtout des adultes, en très gros plan sur les grandes pages, ou bien multiples et nombreux sur la plage au bord de l’eau… il se dégage de cet album une grande sensualité, la chaleur du soleil ou la fraicheur de l’eau sur la peau, et les plaisirs des jeux et des découvertes sur la plage. Marée haute de Bernado Carvalho, Gallimard Giboulées, 14,90 euros.

Les éditions Thierry Magnier ont eu la bonne et louable idée de rééditer des albums publiés par feu les éditions le Sourire qui mord ou les éditions Être, malheureusement disparues il y a trois ans, faute de finances. Bonne idée, car nombre de ces albums étaient devenus des incontournables de la littérature de jeunesse, tels que Histoire de Julie qui avait une ombre de garçon, de Christian Bruel et Anne Bozellec, publié la première fois en 1976. Alboum, lui, date de 1998, écrit par Christian Bruel également et joyeusement illustré par Nicole Claveloux. A la fois simple et très ingénieux dans sa mise en pages, Alboum est le récit d’une succession de jouets qui s’empilent les uns sur les autres, pour aller à la plage. Au fil des pages, il y a d’abord le canard tout en bas, puis le lapin, sur lequel poser le seau, pelle, râteau, puis l’ourson, puis, puis… Mais, boum, tout dégringole. On recommence ? Tout le plaisir de la lecture est dans le jeu des répétitions, comme dans une comptine, mais avec de subtils glissements d’une page à l’autre, dans le texte et dans les illustrations, qui en font une véritable petite aventure. Conçu pour les tout-petits, avec ses répétitions, sa cadence, ses sonorités chantantes, ce petit album se révèle bien plus malicieux qu’il n’y parait. Alboum, Christian Bruel et Nicole Claveloux, Thierry Magnier, 11 euros

Des animaux jouets, on retrouve également beaucoup dans l’album d’Eric Chevillard et Frédéric Rébéna. Et pour cause, c’est La ménagerie d’Agathe, un album publié par Hélium et que j’ai trouvé bien réjouissant. Eric Chevillard, dont c’est la première incursion en littérature jeunesse, passe en revue les jouets de sa fille, une bonne quinzaine de bestioles. De la girafe à l’éléphant, du canard au crocodile, pour chacun d’entre eux, il constate les écarts entre le jouet et l’animal réel, écarts de formes, de matériaux ou encore de fonction ou de taille et qui font entrevoir la bête d’une tout autre façon. Des textes courts, percutants, dont l’humour et la drôlerie, un rien pince sans rire, ne seront peut-être pas toujours perceptibles par les enfants, en tous cas les plus jeunes d’entre eux. Une liberté de ton que l’on retrouve dans les grandes planches de Frédéric Rébéna qui semble s’en être donné à cœur joie pour dresser son propre inventaire animalier. Pour chaque animal, il a multiplié les images, croquis en noir et blanc ou en couleur, minuscule dessin ou images plus grandes, avec ou sans Agathe, animal jouet ou bien réel. Certains animaux semblent l’avoir plus inspiré que d’autres, par exemple il y a juste une image pour le chameau ou pour la coccinelle ; on dirait que le texte lui est arrivé trop tard et qu’il n’a pas eu le temps de dessiner. Parfois texte et illustrations sont dissociés sur la double page, parfois non, comme si Frédéric Rébéna, à moins que ce soit le maquettiste, ne s’était imposé aucune contrainte. Le résultat donne un livre joyeux, grand format, dans lequel fureter à loisir. La ménagerie d’Agathe, de Eric Chevillard, Frédéric Rébéna, éditions Hélium, 16,90 euros

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