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Écoute ! Il y a un éléphant dans le jardin

Emission du 11 Décembre 2013

avec Jean-Marc Fiess (ABC 5 langues) ; Pauline Lamy (ALE + ALE au Musée de poche) ; Isabelle Bertola (Le Mouffetard, théatre des arts de la marionnette)
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avec Jean-Marc Fiess, créateur de "ABC 5 langues", un livre pop-up paru chez Albin Michel jeunesse ; Pauline Lamy, directrice du Musée de poche (Paris, 11e), pour l’exposition de ALE + ALE ; Isabelle Bertola, directrice du Mouffetard, théâtre des arts de la marionnette (Paris, 5e), qui vient d’ouvrir ses portes.

Livres

Interview de Jean-Marc Fiess, c’est au début

D’emblée, à regarder le livre ABC 5 langues, on peut affirmer que son auteur Jean-Marie Fiess aime relever les défis. Ou plutôt, à l’instar des Oulipiens qui se donnent des contraintes, parfois corsées, pour écrire un roman, lui a choisi de multiplier ces contraintes, et cela donne un album joyeux, inventif, imaginatif, intrigant et beau. D’abord la contrainte de l’abécédaire, avec ses mots dans l’ordre de A à Z, et qu’il a su renouveler, alors que le genre a été maintes et maintes fois décliné. Pour chaque lettre de l’alphabet, Jean-Marie Fiess a choisi un mot ou des mots en français, bien sûr, mais aussi en anglais, espagnol, italien et allemand. Des mots qui non seulement commencent pas la même lettre, mais qui ont également le même sens, sans pour autant être des homonymes : par exemple : matin, morning, morgen, manana, matino. Il y a ainsi 66 séries de mots, si j’ai bien compté et je suis bien curieuse de savoir comment il les a trouvées. En secouant tous ses dictionnaires ? Peut-être. Bon, il y en a bien quelques-uns pour lesquels il a rusé et s’est plutôt appuyé sur les sons ou sur la phonétique, comme pour J ; d’autres où le mot est le même dans toutes les langues comme « quetzal » mais on ne va pas chipoter. Et j’imagine que pour parvenir à choisir tous ceux-là, il a fallu en trouver beaucoup plus ! Car deuxième contrainte, il fallait imaginer une scénographie avec ces mots, entre 5 et 6 mots par double page, pour un total de 13, deux lettres de l’alphabet par double page. Scénographie, et non pas simple illustration, puisque chaque double page, s’ouvre et se déploie en volume, en pop-up. A la fois sobre, astucieuse, et dans des univers tous différents, chaque composition reprend tous les mots, typographiés dans toutes les langues sur le fond blanc des pages de papier mat de ce livre au petit format. Très peu de couleurs, des pliages élaborés, des jeux sur les volumes, les lignes, les courbes et les ombres, sur la représentation plus ou moins figurative des mots, qui rassemblés ainsi, racontent une histoire à inventer par chacun. Tout cela aiguise l’imaginaire et incite à regarder partout, à tourner le livre dans tous les sens pour y dénicher tous les détails. Ainsi sur la première page, les mots « aventure », « ancre », « bateau » et « bouée » ont donné assez facilement, si je peux dire, ce grand bateau blanc. Mais l’astuce trouvée pour « double » et « douzaine » est assez bluffante, celle pour le rat, le reptile, le rouge et le rectangle, la lettre R donc, est amusante, celle de l’opticien est astucieuse, et j’ai beaucoup aimé la double page sur le N et le M qui joue avec beaucoup d’élégance sur les oppositions noir et blanc. ABC 5 langues, édité par Albin Michel jeunesse, est donc un superbe album réalisé par Jean-Marc Fiess, dont c’est le premier album en volume, mais pas son premier livre. Car Jean-Marc Fiess est surtout photographe et réalisateur, et il a déjà publié plusieurs albums de photos, entre autres pour les enfants, aux éditions Thierry Magnier, en particulier son fameux Livre de fesses, pour les jeunes enfants. Aussi sommes-nous ravis de l’accueillir ce matin.

A voir

Interview d’Isabelle Bertola, c’est à 45 minutes

Cela fait longtemps que nous suivons de près le théâtre de la marionnette à Paris, qui depuis plus de vingt ans explore les arts de la marionnette sous toutes ses formes, accompagne des créateurs et des compagnies contemporaines très variées, imagine constamment de nouvelles façons de promouvoir la marionnette et le théâtre d’objets, pour les enfants comme pour les adultes. Mais cela faisait aussi plus de vingt ans que le Théâtre de la marionnette à Paris était nomade, et se posait régulièrement pour quelques jours ou quelques semaines dans des théâtres partenaires, des lieux divers et parfois étonnants, à Paris ou proche banlieue, pour y présenter des spectacles ou des installations, ou encore assurer des formations. Mais le Théâtre de la marionnette à Paris a enfin pu poser ses valises, la ville de Paris lui ayant proposé cette année de reprendre le Théâtre Mouffetard, dans le 5e arrondissement de Paris. Et c’est au début du mois de novembre, après quelques mois de travaux et d’aménagement que toute l’équipe a investi ce nouveau lieu, rebaptisé dorénavant Le Mouffetard, théâtre des arts de la marionnette, rue Mouffetard, donc. Une visite s’imposait, d’autant que le Mouffetard, théâtre des arts de la marionnette n’est pas seulement un lieu de diffusion de spectacles, mais aussi un lieu de ressources, de formation et d’accompagnements de projets autour de l’art marionnettique. Je suis donc allée à la rencontre d’Isabelle Bertola, qui m’a accueillie auprès des grandes marionnettes hyper réalistes de Bérangère Vantusso, de la compagnie Trois Six Trente, assises ou en suspension, dans les divers espaces de ce petit théâtre niché au cœur du cinquième arrondissement.

A voir, encore

Interview de Pauline Lamy, c’est à 60 minutes

Des deux illustrateurs italiens ALE et ALE, je ne connaissais seulement les illustrations qu’ils ont réalisées pour le livre CD de Tom Poisson, L’homme qui rêvait d’être une girafe, sorti au Chant du monde, et dont nous venons d’entendre un extrait. De superbes illustrations, dont l’univers à la fois surrané et surréaliste, avec ses collages, ses couleurs fondues, ses personnages à tête de choux, de fleur ou d’animal posées sur des photos de silhouettes d’hommes ou de femmes, répond parfaitement à celui de Tom poisson. ALE et ALE, qui vivent à Paris, ont beaucoup publié en Italie où ils sont déjà bien connus, et ils travaillent aussi pour la presse française. Du côté livres pour enfants, ils débutent en France, puisqu’ils ont, pour l’instant ! illustré deux albums chez Actes Sud junior, Paris 2050, de Davide Cali paru l’année dernière, et tout récemment Insectes superstars d’Antonio Fischetti et Sol Camacho Schlenker. Depuis le 5 décembre jusque début février, le Musée de poche, 2 rue Auguste Barbier dans le 11e arrondissement, propose de découvrir ces jeunes illustrateurs avec une exposition intitulée Jeux de hasard, qui regroupe une quarantaine d’illustrations originales et inédites des deux artistes, à admirer sur les murs et dans la vitrine de cette ancienne petite boutique très accueillante. Dans ce lieu consacré à l’illustration ou la création pour la jeunesse, avec des expositions renouvelées régulièrement depuis son ouverture en septembre 2012, Pauline Lamy accueille non seulement les adultes passionnés d’illustration, mais aussi les enfants, petits ou un peu plus grands, pour des ateliers plastiques ou des séances de contes, autour des œuvres accrochées. Un lieu donc en perpétuelle effervescence, dont nous apprécions particulièrement les choix artistiques. Petit focus ce matin avec Pauline Lamy, qui m’a ouvert les portes du Musée du poche hier matin pour me faire découvrir le travail des deux illustrateurs ALé et Alé, que j’ai d’abord Ale + Ale, comme c’est écrit sur les livres, j’en suis désolée, mais bon… j’avais pour excuse de ne pas encore avoir appris qu’ils étaient italiens !

Lecture

C’est 5 minutes avant la fin

Lionel Chenail lit un extrait de : Just kids, de Patti Smith (Folio)

Parutions : livres, applications

C’est à 40 minutes

Vous venez d’entendre le tout début des Cygnes sauvages, une version déjantée et décalée du conte d’Andersen, racontée par Cécile de France et Jordana, accompagnés par toute une bande de loustics comédiens et chanteurs, 17 en tout, un livre CD édité par la Maison du son et Ballon, deux maisons belges. Chansons, bruitages, et surtout beaucoup d’humour, un rien burlesques et absurde, rythment cette histoire, véritable spectacle sonore, et trépidant tel un film d’animation. D’ailleurs La maison du son, dont c’est le huitième titre pour les enfants, est une maison de production spécialisée dans la publicité, les décors sonores pour la radio ou la télé, ou encore pour le cinéma et le théâtre. Dans l’album, réalisé par les éditions Ballon, les illustrations façon BD de Mark Borgions ne sont pas en reste, en croquant des personnages pleins de fantaisie. Les cygnes sauvages, un livre CD, réalisé par Charlie Dupont, produit par la Maison du son et par les éditions Ballons, 19,95 euros, à partir de 6.ans

La sieste du taureau est un album de Gérard Alle, illustré par Marianne Larvo, édité par Locus Solus, une jeune maison d’édition. Bon, pas tout à fait un livre de saison, puisqu’il se déroule en plein été, sous le soleil écrasant de l’Andalousie, mais qu’importe. C’est l’heure de la sieste, tout le monde au village s’est assoupi, les uns dans leurs maison, les autres dans une meule de foin. Mais le taureau, qui lui aussi voudrai bien faire la sieste, est sérieusement agacé par les mouches qui l’en empêchent. Et bientôt le voici qui déboule au village et fonce dans la maison de la vieille Dolores. Tout le monde saute sur ses pieds, tout le monde accourt, tout le monde s’affole, comment tout cela va-t-il finir ? Dans cet album plein de malice, les illustrations sont aussi savoureuses que le texte. Le texte, très bien écrit, se fait tour à tour alangui ou très rapide, pour dire la sieste des uns, l’agitation des autres, avec la typographie qui s’en mêle aussi. Maintenant le suspense avec humour jusqu’au bout, l’auteur prend même le lecteur à parti comme pour mieux l’entrainer dans cette course folle. Les illustrations, au pastel, aux feutres ou encore d’autres techniques que je n’ai pas reconnues sont elles aussi pleines d’humour. Faussement naïves avec un dessin d’apparence parfois très enfantine, elles sont au contraire très élaborées, autant dans leur mise en scène qui change à chaque page, que dans leur composition et leur jeu sur la perspective. Ainsi cette double page qui montre toutes les vieilles qui dorment dans leurs maisons respectives, comme vues du dessus, mais dont on aurait retiré les murs. Ou encore celle où la queue du taureau énervé par les mouches se démultiplie. Les personnages crayonnés ont des têtes incroyables. Les couleurs – rouges, jaunes, bleues – sont peu nombreuses mais très intenses. Voilà un album drôlement bien réussi. La sieste du taureau, de Gérard Alle et Marianne Larvo, édité par Locus Solus, 11,90 euros,à partir de 4 ans.

Pour les possesseurs de tablettes ou smartphone Apple et amateurs de musique manouche, voici une application musicale plutôt réjouissante, Darvin music band, pour les très jeunes enfants. Il ne s’y passe pas grand-chose, il n’y a pas grand-chose à faire, mais son graphisme très coloré, au dessin cerné d’un trait noir, à la gouache ou aux encres de couleurs, la musique, bien sûr, les petites animations très discrètes et la jovialité des personnages suffisent largement. Sur la place du petit village débarque un chat bleu, guitare rouge sous le bras et le voici qui commence à jouer de la musique. Sans rien que ne soit indiqué pour nous guider, on doit chercher sur l’image qui s’aggrandit sur l’écran, les autres musiciens, parmi toutes les bestioles qui batifolent. Sous le chapiteau du cirque, sous la terre ou dans le ciel, on tapote sur l’écran pour faire apparaitre l’ours et sa contrebasse, le lapin pianiste, et les autres musiciens. Pas facile de les dénicher d’autant qu’on ne sait pas combien il faut en trouver, et que pas un mot n’est dit. Quelque indications écrites, mais à peine. Mais quand les musiciens sont tous là, l’orchestre se déchaine pour un bœuf d’enfer. Dans l’un des terriers sous terre, se cache un petit clavier sur lequel l’enfant pourra s’entrainer à reprendre la mélodie pour suivre l’orchestre. Et en bonus, une deuxième création musicale à écouter, juste pour le plaisir. L’idée et illustrations sont signées Alice de Miramon, la musique manouche de Bernard Papy, l’application est produite par Attractive Média. Darvin music band, une application pour Apple, à partir de 3 ou 4 ans, 1,79 euros

Programmation musicale

  • Piqué par une guêpe, par Julien Baer, extrait de Minanimo, illustré par Philippe Katherine, Actes Sud junior, 2013
  • La cachette dans le bois, par Henri Godon, extrait de Chansons pour toutes sortes d’enfants, Victorie Music, 2013
  • La poésie, par Steve Waring, extrait de La sorcière, Victorie music, 2013
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