Aligre FM - Paris 93.1

Radio libre, indépendante et non-commerciale depuis 1981.

En ce moment à l’antenne :
14h - 22h
Décrochage antenne : programme musical

Accueil du site / Programmes / Les émissions / Écoute ! Il y a un éléphant dans le jardin / Ecoute ! Il y a un éléphant… # 14 novembre 2012

Écoute ! Il y a un éléphant dans le jardin

Ecoute ! Il y a un éléphant… # 14 novembre 2012

Cécile Roumiguière et Carole Chaix (pour "Une princesse au palais") ; Valérie Millet (le Salon des éditeurs indépendants) ; Estelle Savasta (pour "La Traversée")
Courriel Facebook Myspace Google Yahoo! Plus...

Théâtre

Parmi les spectacles programmés dans le cadre du Festival théâtral du Val d’oise, que nous vous présentions la semaine dernière sur cette antenne, Traversée, le spectacle d’Estelle Savasta sera joué ce vendredi à Saint-Ouen l’Aumône, au centre culturel à 21 heures, et le vendredi soir suivant, le 23 novembre à l’espace Marcel Pagnol de Villiers le Bel. Séances tout public le soir, séances scolaires, la journée. Estelle Savasta était venue l’année dernière nous présenter son spectacle, au moment de sa création à l’IVT, l’international Visual Théâtre à Paris. Nous vous proposons de réécouter des extraits de cet entretien. C’est à 45 minutes.

Salon du livre

Pour la dixième année, les éditeurs indépendants font salon. Cela se passe ce week-end, à l’Espace des Blancs manteaux, rue Vielle du Temple dans le 4e. Rassemblés par l’association L’autre livre, 150 éditeurs indépendants, généralistes, spécialisés ou jeunesse, présentent pendant trois jours les ouvrages de leurs fonds qu’on n’a peu l’occasion de voir en librairie. Le salon des éditeurs indépendants, ce sont aussi des rencontres, des débats, des lectures. Rencontre avec Valérie Millet, vice-présidente de l’association L’autre livre, et directrice des éditions du Sonneur. C’est à 65 minutes.

Vous pourrez découvrir l’un des derniers ouvrages publiés par les éditions Chandeigne : Le fantôme de Canterville d’Oscar Wilde, mis en images par Oski. Un récit fantastique, mais surtout plein d’humour. Le fantôme de Canterville a beau user de toutes les recettes dont il a secret, il n’inspire pas la moindre frayeur aux nouveaux habitants du manoir qu’il occupe. C’est lui qui finira par avoir peur, jusqu’à en devenir pathétique. Le fantôme de Canterville a fait l’objet de nombreuses éditions et on le trouve en collection de poche pour la jeunesse. Mais ici, dans ce bel ouvrage cartonné, à la facture élégante, les illustrations caustiques de l’illustrateur argentin Oski rendent le texte encore plus savoureux. Réalisés au trait noir, jouant sur le burlesque et la démesure, tout en restant d’une grande finesse, elles servent au mieux le texte d’Oscar Wilde. Ses illustrations avaient été publiées en 1976 dans son édition d’origine. Plus de 35 ans plus tard, c’est un grand plaisir que de les découvrir en France, dans une mise en pages originale fort réussie. Traduit de l’anglais par Bernard Tisser, Chandeigne, 15 €, à partir de 12 ans

Livres d’images

On entre dans l’album Une princesse au Palais, de Cécile Roumiguière et Carole Chaix, publié chez Thierry Magnier, comme on entrerait dans cette brasserie, ce café du Palais : pour s’y installer pour un long moment, se laisser porter par les sons, les bruits, les odeurs, les mouvements incessants, les conversations furtives, observer les allées et venues des habitués, admirer les tableaux, les statues, l’ange suspendu au plafond ou le piano, qui habitent le lieu, intercepter les regards qui se croisent, saisir des mots doux qui s’échangent, mais surtout pour la regarder elle, la princesse, cette petite fille aux lunettes rouges : elle passe sa journée du mercredi au café du Palais, comme souvent le mercredi, à attendre sa grand-mère qui travaille juste au-dessus et à s’amuser du monde qui s’agite autour d’elle. Mais ce mercredi n’est pas comme les autres car son ventre est dur et noué, elle sent qu’il s’y passe quelque chose de particulier. Au fil des heures qui s’affichent sur les pendules, elle laisse l’ennui la gagner, regarde, écoute, dessine, se questionne, attentive à ce qui se passe en elle, sans comprendre. Chacun ou presque a un mot ou un regard gentil pour elle, le patron, la dame aux gants, les amoureux. Il y a surtout et principalement, les deux lapins : Poke, son doudou, et Peek, le lapin statue, qui tels deux anges gardiens, veillent sur elle, s’inquiètent pour elle, mais aussi pour eux. Car c’est sûr, ils l’ont bien compris aussi, aujourd’hui est un jour important, elle est en train de quitter l’enfance, et bientôt certainement elle abandonnera son doudou. C’est Tatie Jacquie, toujours pressée entre son coiffeur et son comptable, qui le lui a expliqué : « Tu grandis ma princesse, ne t’inquiète pas, c’est juste que tu deviens femme » avant de lui offrir un exemplaire de L’Ecume des jours, sorti de son sac. Boris Vian, la musique, le jazz, le piano qui lance ses notes tout seul, les statues qui font des clins d’œil ou esquissent quelques gestes, les amoureux qui chuchotent, mais aussi Lewis Carroll et le lapin blancs, montre gousset sous le bras, les chateaux de cartes ou l’escalier qui descend, descend… Dans le texte de Cécile Roumiguière comme dans les images de Carole Chaix, les références sont là, multiples, inventives, facétieuses tout autant que poétiques, discrètes et subtiles, pour évoquer cette petite Alice, qui d’ailleurs, n’est pas prénommée. C’est Elle. Si elle est au centre de cette histoire, bien sûr, jamais elle ne prend la parole. Le récit à la troisième personne, à l’écriture légère, qui s’accélère et ralentit, s’arrête parfois, semble à la fois l’observer, la regarder, mais aussi dire ce qui l’inquiète et contempler avec elle le monde qui s’agite autour d’elle. Tandis qu’en aparté, et tout au long de l’album, les deux lapins, eux, ne cessent de discuter. Et de la même façon, sur les grandes pages de l’album, les illustrations foisonnantes mêlent crayons feutres, stylo, couleurs et noir et blanc, collages, esquisse, crayonnés, gros plans ou plans élargis, superpositions, arabesques et détails savoureux ou intrigants, dans des mises en pages variées et étonnantes, multipliant les scènes comme dans un carnet de croquis dessinés sur le vif ou, au contraire, dressant des portraits pleine page. Chaque nouvelle lecture fait découvrir de nouveaux détails, de nouveaux clins d’œil ou échos au texte. Une princesse au Palais, de Cécile Roumiguière et Carole Chaix est un superbe album, à lire dès 8 ans, que nous invitons à découvrir plus avant avec elles, puisqu’elle nous font le plaisir d’être là toutes les deux. C’est en début d’émission.

Nouveautés

Elles sont étudiantes en Master à l’université Blaise Pascal à Clermont-Ferrand, et suivent le cursus Création éditoriale des littératures générales et de jeunesse (CELGJ). C’est dans ce cadre qu’il leur a été proposé de réaliser une émission de radio sur la littérature de jeunesse, non pas dans le but de devenir journalistes mais pour appréhender d’une autre façon leur futur métier dans l’édition. Cette émission sera réalisée dans les prochaines semaines sur cette antenne. En attendant, ces étudiantes nous proposent leurs premières chroniques sur des albums qui viennent de paraître. On commence aujourd’hui, et ce sera à suivre la semaine prochaine. C’est à 40 minutes. Elles présentent :

1,2,3, l’effroi, Albert Lemant, L’atelier du poisson soluble.

Madame le lapin blanc, Gilles Bachelet, Seuil Jeunesse

| Plan du site | À propos | Mentions légales | Haut de page