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Écoute ! Il y a un éléphant dans le jardin

Emission du 16 avril 2014

avec Damien Villière pour La grande parade métèque ; Béatrice Vincent, pour la Cie du Chameau
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Le 24 mai prochain, La Grande parade métèque traversera 4 villes de Seine-Saint-Denis, pour affirmer les bienfaits de l’immigration. Présentation du projet par Damien Villière, qui en est l’un des initiateurs ; Béatrice Vincent, metteur en scène de la compagnie du Chameau, pour L’Homme aux loups, au Studio théâtre de Charenton ; Lionel Chenail pour une lecture

Evénement

Interview de Damien Villière et de Siam, c’est au début

La Grande parade métèque. Le nom, déjà, fait déjà rêver, titille l’imaginaire, même si, ou justement parce que le mot « métèque » a souvent des connotations négatives. Un mot qu’on emploie peu. Mais quand le mel est arrivé dans ma boîte aux lettres – « La Grande parade métèque dans le 93, c’est le 24 mai 2014 », j’ai tout de suite eu envie d’en savoir plus. Une assemblée de voisins, amis, citoyens de Seine-Saint-Denis et d’ailleurs, ont décidé de créer un grand événement joyeux et itinérant, pour partager auprès des publics les plus larges possibles, les bienfaits de l’immigration, la richesse de la diversité et la curiosité de l’Autre autrement ! Voilà une initiative plutôt réjouissante, et nécessaire, en ces temps de morosité aigüe. La parade traversera quatre villes, Pantin, Romainville, Les Lilas et le Pré Saint Gervais, le samedi après-midi 24 mai. Depuis plusieurs semaines déjà, des ateliers réunissent chaque semaine jeunes et moins jeunes pour fabriquer les chars de la parade, tandis qu’au fil des semaines également, associations, institutions, mais aussi municipalités apportent leur soutien et rejoignent le projet, comme en témoigne la page Facebook de La grande parade métèque, portée par l’association Un sur quatre, fondée pour l’occasion, en début d’année. Un événement populaire, où chacun aura sa place pour s’exprimer, mais aussi très professionnel comme en témoignent aussi bien les documents de présentation, le site internet, les visuels ou encore le petit film teaser que les timing chronométré de la parade ou le plan du lieu de de rencontres et de prises de parole en début de soirée. Il faut dire que plusieurs personnes du collectif sont des professionnels ayant l’habitude de travailler pour des événements de cette envergure et mettent leur savoir faire au service du projet. A quelques semaines du jour J, il reste encore beaucoup à faire, à préparer, à bricoler, à inventer, entre autres avec les enfants, pour préparer la Grande parade métèque du 24 mai. Aussi pour la présenter dans toutes ses dimensions, nous sommes ravis d’accueillir ce matin Damien Villière, président de l’association Un sur quatre, qui est à l’initiative du projet, et il est accompagnée de Siam, lycéenne, et grandement impliquée dans le projet, elle aussi.

Toutes les infos sur la Grande parade métèque :

Spectacle

Interview de Béatrice Vincent, c’est à 50 minutes

Sur la scène, un fauteuil, ou plutôt le trône du roi, un pupitre et un siège pour le violoncelle, et puis un grand drap blanc tendu, pour la projection des images en théâtre d’ombres. Rien de plus. Sobriété du décor, mais aussi des costumes, pour laisser toute la place aux voix des trois conteurs. Car L’homme aux loups, écrit par Anne Jonas, puise dans la tradition orale et dans ses thèmes universels, pour raconter l’histoire de ce roi, Irawen, heureux parmi les heureux, dans son royaume, jusqu’au jour où il perd femme et enfants. Fou de douleur, il s’effondre, s’enferme, se durcit. Une nuit, un loup s’introduit dans le château, ne le quitte plus et il est bientôt rejoint par une horde d’autres loups, semant la peur dans tout le royaume. Seule la vieille nourrice du roi saura trouver les mots pour rendre à Irawen son humanité. Car « un loup ne devient loup que dans le regard de l’autre », dit l’un des conteurs. Pour mettre en scène cet album d’Anne Jonas paru au Seuil jeunesse en 1999, Béatrice Vincent, directrice artistique de la compagnie du Chameau, mêle théâtre d’ombres, récit narratif, musique du violoncelle et scènes jouées comme pour mieux nourrir l’imaginaire du spectateur. La partition musicale, comme les élégantes projections de papiers découpés, aux contours simples, concourent avec force à la magie du spectacle. Ainsi, parmi les images marquantes, celle de la vaste houppelande recouvrant les épaules du roi plein de colère rentrée, une houppelande percée de trous qui, projetés en ombre, se révèlent être les yeux des loups. Le violoncelle, lui, se fait tour à tour rude, tendre, coléreux, poétique, tandis que les trois comédiens sont tour à tour récitants ou interprètes des personnages : le roi, bien sûr, son ami Elias, Boromée, celle qui a été trahie et trahira à son tour, mais aussi le messager funeste ou la fidèle nourrice. La langue est belle et porte ce conte aux allures de tragédie, suivant cet homme au fond de son désespoir, pour ensuite le faire revenir à la vie. Force des mots et force des images, pour ce spectacle de la compagnie du Chameau, L’homme aux loups, que l’on peut voir avec les enfants dès 7 ans, les après-midis de cette semaine au Studio école de Charenton, à trois du métro Charenton Ecoles. Nous y étions lundi après-midi, et c’est à la sortie du spectacle que nous avons rencontré Béatrice Vincent, directrice artistique de la compagnie, metteur en scène et comédienne dans le spectacle.

Parutions : applications, livres

C’est à 70 minutes

Nous évoquions l’auteur illustrateur Christian Voltz il y a quelque temps, mais n’avions pas eu le temps de vous présenter la parution de l’application numérique pour tablette Le monde de Christian Voltz réalisé par lui-même et le développeur de Joue avec, édité par Joue avec. Une jolie application originale et inventive qui invite à explorer l’univers de création de Christian Voltz, ou plutôt à manipuler et bidouiller à sa façon pour créer. Reprenant ses objets et ses personnages faits de bric et de broc, de boulons, ficelles, écrous et fils de fer, l’appli propose un choix d’activités, comme Ze fabric, un petit monde à fabriquer avec une centaines d’objets sortis des tiroirs de son établi, des personnages à créer, des jeux rigolos d’insectes à attraper, de courses de voitures à encourager de la voix via le micro, d’objets à compter, trier, ranger sans trainer, tandis que deux petits personnages servent de fil conducteur, surtout un bonhomme d’ailleurs, yeux tout ronds et longs nez en patate. De sa voix grave, il encourage le lecteur à entrer dans le jeu, dans les jeux. Il faut juste passer le début, où on ne comprend pas vraiment, vraiment où on est et ce qu’il faut faire. Aucune consigne écrite, mais toutes sont dites oralement, de façon un peu rude, par ce bonhomme, tandis que la bande musicale, très présente, parfois un peu trop, mêle mélodie instrumentale, bruitages légers et même voix d’enfants, comme si on se trouvait dans un café ou autre lieux de rencontres. Cela donne une atmosphère toute particulière à cette application, à la fois poétique et décalée. Les jeux et les manipulations, au premier abord assez ordinaires, ne le sont en fait pas du tout. Car si il faut compter, trier, faire la course, attraper les insectes, les jeux réservent chacun des surprises. Surtout, les enfants s’amusent avec tous ces objets de récupération de l’atelier de Christian Voltz pour composer leurs propres images et personnages. Cela donne des idées pour aller les fabriquer pour de vrai, avec ce qui tombe sous la main dans la maison, mais ça donne envie aussi d’aller plonger dans les albums de Christian Voltz pour suivre les aventures de tous ces personnages qu’il a inventés de cette façon. Voilà une jolie façon d’explorer l’univers d’un illustrateur. L’application n’est pas encore tout à fait terminée, elle va s’enrichir lors de prochaines mises à jour, mais il y a déjà de quoi faire !

  • Le monde de Christian Voltz, une application pour l’Ipad, réalisée par Joue avec, 4,99 euros, à partir de 4 ans.

Cela fait très longtemps que Bruno Gibert illustre des livres pour les enfants, bientôt 30 ans, mais beaucoup moins longtemps qu’il en écrit aussi le texte et les histoires. Et chacun de ses livres qu’il signe interroge à sa façon la langue, le langage, celui des mots et des images, très souvent avec humour et toujours avec l’intention évidente d’inciter les enfants à jouer à leur tour. Avec Tous canards qui vient de paraitre aux éditions des Fourmis rouges, il propose un album complètement jubilatoire, qui s’amuse avec les codes des histoires traditionnelles pour mieux les déjouer, s’en affranchit tout en les respectant. Un album à la fois classique et pas du tout classique. Tout un art ! Je m’explique. Tous canards reprend les thèmes des contes si populaires auprès des tout-petits, dans lesquels les jeunes héros s’aventurent pour la première fois hors de leur univers familier, quittent la douceur et le confort maternels pour faire leurs premières expériences à la rencontre de l’altérité, de la différence et de l’immensité du monde. Ici, les trois canetons ne sont pas du tout encouragés par leur mère, craintive et peu intéressée par ce qui se déroule de l’autre côté de la mare. Ah quoi bon ? Alors elle n’en a rien dit à ses petits. Lorsque ceux-ci s’en vont parcourir le monde, ils ne savent pas que celui-ci est peuplé d’animaux différents. Aussi tous ceux qu’ils rencontrent sur le chemin, ils les prennent pour des canards, certes un peu particuliers, celui avec un intéressant béret rouge, celui à la peau sans plumes, celui avec des pattes déplumées ou un chapeau sur la tête. Et une fois rentrés auprès de leur mère, celle-ci se gardera bien de les détromper. Car l’ignorance est gage de bonheur, pense-t’elle. Quelle drôle de morale, en forme de pied de nez, et que les jeunes lecteurs sauront bien évidemment retourner à leur façon. Tout aussi savoureux, le texte, raffiné dans les moindres détails, ses sonorités, son choix des mots, ses allitérations discrètes, ses tournures qui font mettre un adjectif avant plutôt qu’après, tels ces « trois bruyants bébés », toutes ces tournures que les petits enfants aiment réentendre et répéter sans cesse, même quand ils ne les comprennent pas tout à fait, comme ce « formidablement immense », « la vastitude du monde » ou ce « Il reprirent leur chemin, insouciants et joyeux à l’idée que la terre était peuplée de semblables bien aimables ». Quelle jolie façon de faire entendre aux enfants les finesses poétiques de la langue capables de rendre au mieux les sentiments de ces trois canetons. Quant aux illustrations, elles sont tout aussi réjouissantes, bourrées de détails, d’allusions, de clins d’œil qui invitent à y revenir plusieurs fois, comme pour le texte. Des animaux aux formes et aux couleurs improbables, des canetons jaunes à l’allure incroyable avec leurs becs et yeux noirs, et leurs petites bottines, et qui peuvent aussi devenir rouges de colère. Mais surtout cette étonnante technique d’illustration, sous forme de petits points de couleurs alignés serrés, qui composent toutes les images, aux cadrages différents à chaque page. Technique qui rappelle les boites de jeux pour enfants où on pose des pointes de plastiques colorés sur des grilles pour dessiner, mais j’ai surtout pensé, et je ne sais pas pourquoi, à ces jeux vidéo, quand n’existait pas encore la 3D, et que les images étaient faites de pixels alignés qui n’empêchent pourtant pas d’imaginer et de voir les situations évoquées. Un jeu dans le jeu ? Peut-être.

  • Tous canards, de Bruno Gibert, paru le mois dernier aux éditions des Fourmis rouges, 13,80 €, il est formidable, à lire à partir de 3 ans.

Depuis leurs premières aventures parues en 2009 aux éditions Didier jeunesse, Bulle et Bob sont devenus de véritables héros de la petite enfance, pour lesquels la conteuse et chanteuse Natalie Tual et l’arrangeur et instrumentiste Gilles Belouin créent des petites histoires pleines de fraicheur, faites des menus des détails de la vie des tout-petits : la préparation d’un gâteau, l’attente de Noël, la rentrée à l’école. En ce début de mois d’avril, vient de paraître chez Didier jeunesse le cinquième livre CD de la série, Bob et Bulle au jardin, illustré comme les autres titres par Ilya Green. On sème, on coupe, on gratte, on arrache, on arrose… les fleurs, les herbes, les légumes ou le ver de terre. Il s’en passe des choses dans ce jardin et les deux petits enfants ont fort à faire ! Le récit très dialogué, ponctué de nombreuses chansons, est comme à chaque fois vif et rythmé, et la voix claire de Nathalie Tual fait merveille aussi bien pour raconter ou interpréter les dialogues entre les deux enfants que pour chanter ses compositions musicales. Quant aux illustrations d’Ilya Green, aux couleurs acidulées et pétillantes, elles concourent aussi à la gaieté de la collection.

  • Bulle et Bob au jardin, de Natalie Tual, Gilles Belouin, Ilya Green, livre CD édité par Didier jeunesse, 17,70 €, à partir de 3 ans.

Informations

Profitez des vacances pour les derniers jours de l’exposition Albums, bande dessinée et immigration, au Musée de l’histoire de l’immigration, à la porte Dorée. Commencée le 16 octobre dernier, elle se termine le 27 avril, la semaine prochaine donc. Cette expo propose de découvrir l’immigration racontée à travers le 9e art, de 1913 à 2013, avec plus de 200 pièces, documents originaux, planches de bande dessinée, esquisses et croquis préparatoires, films d’animation, interviews d’auteurs,. Une exposition très documentée, très riche, au cours de laquelle ont été organisés de nombreux ateliers tout public ou pour enfants. Cette semaine encore, un atelier d’illustration pour les 8-12 ans, avec l’illustratrice Aurélia Aurita. Cet après-midi, de 15 à 17 heures, et samedi prochain, également de 15 à 17 heures. L’atelier d’Aurélia Aurita commence par une question : Pourquoi classer les gens par leur couleur de peau ? Avez-vous déjà été victime ou témoin de racisme ? À l’issue de ces discussions, Aurélia proposera aux jeunes participants de réaliser une bande dessinée d’une page pour leur permettre de s’exprimer librement sur ce sujet. Aurélia Aurita est auteure et illustratrice de bandes dessinées depuis plus de 10 ans. Basé sur son histoire personnelle, son ouvrage Je ne verrai pas Okinawa, édité aux Impressions nouvelles, et présenté dans l’exposition Albums, traite des difficultés administratives et sociales que rencontrent les personnes désirant vivre à l’étranger, dans ce cas au Japon. Je ne sais pas si il reste de la place pour l’atelier, qui est gratuit, mais vous trouverez le téléphone et le lien pour s’inscrire sur le site du musée.

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