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Écoute ! Il y a un éléphant dans le jardin

Emission du 18 Décembre 2013

avec Loïc (Cie Jolie Môme) ; Valérie Dassonville (Théâtre Paris-Villette) ; Elisabeth Algisi, Juliette Moreau, Guillaume Pihet (Cie Atipik)
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Spectacle, spectacle et encore spectacle. Coups de projecteurs sur des spectacles vivants jeune public à voir juste avant ou pendant les vacances.

Compagnie Jolie Môme

Interview de Loic, c’est en début d’émission

L’endroit, d’abord. En plein milieu d’une zone en rénovation urbaine, petits ou grands immeubles d’habitation tout neufs, côtoyant ce qu’il reste encore d’entrepôts ou d’anciennes usines, pas loin non plus des studios de cinéma et de télévision : la Plaine Saint Denis, donc, à la lisière de Saint-Denis et d’Aubervilliers, tout près de la toute nouvelle station terminus du métro ligne 12, Front populaire. C’est là, au milieu de ces constructions toutes neuves ou encore à venir, qui semblent avoir fait table rase de l’histoire ouvrière de ce quartier, que la Salle la Belle Etoile accueille son public dans une superbe bâtisse. Ancienne usine ou entrepôt, telle une Maison du peuple ouverte à toutes les aventures et à tous les publics, la salle de la Belle Etoile est depuis 2004 le théâtre de la compagnie Jolie Môme, une compagnie de théâtre et de chansons dont les convictions politiques et l’engagement militant, en particulier dans les luttes ouvrières, sous-tendent la plupart de leurs spectacles. On entre à la Belle étoile, comme on entrerait chez des copains ou presque, grandes tables de bois, drapeau rouge aux murs, affiches militantes, des tracts un peu partout, un bar où boire un verre ne vide pas le porte-monnaie. ; bref une atmosphère chaleureuse, et l’on devine très vite que pour tous les membres de la compagnie Jolie môme, le social, le collectif et le politique sont au cœur de leur engagement artistique. Mais si la compagnie Jolie Môme a créé de nombreux spectacles, organisé de nombreuses initiatives depuis sa création en 1983, il semble bien que Des patates et des roses, leur toute nouvelle création à l’affiche depuis le 7 décembre, est leur premier spectacle pour enfants. Dans ce spectacle haut en couleurs et en rebondissements, trois adolescents, ou plutôt adolescentes, aux expériences et aux vies très différentes, vont apprendre à gagner leur liberté, ou plutôt, au terme d’un voyage initiatique, non seulement seront devenus maîtres de leurs destins, mais auront appris à se battre contre les injustices et à vivre heureux ensemble. Tout commence à Luminapolis, une cité imaginaire où les habitants sont réduits en esclavage et vivent comme des machines, pour se poursuivre sur un bateau en haute mer, où la vie quotidienne en huis clos oblige chacun des protagonistes à négocier, à s’adapter et à faire confiance aux autres. A la fois fable politique et écologique, où l’impossible devient possible parce qu’on a décidé de se battre pour cela, Des patates et des roses est avant un spectacle joyeux, plein d’humour.et bourré de clins d’œil à la bande dessinée, aux récits de piraterie, à Metropolis, au cinéma d’animation. Des personnages truculents, aux caractères bien trempés, interprétés par des 7 comédiens qui n’hésitent pas à pousser parfois leurs personnages dans la parodie pour mieux s’en amuser, tandis que la musique et les chansons rythment le spectacle. Le message est explicite – redonner toute leur valeur aux mots de Liberté, égalité, fraternité, mais dans la bonne humeur et l’invention. Des patates et des roses, par la compagnie Jolie Môme est à l’affiche de La Belle Etoile à Saint Denis, jusqu’au 12 janvier, à voir avec les enfants dès 7 ans. Et pour découvrir ce spectacle et la compagnie Jolie Mome, nous sommes ravis d’accueillir Loic, chargé de diffusion à la compagnie Jolie Môme.

Théâtre Paris Villette

Interview de Valérie Dassonville, c’est à 45 minutes

Pour inaugurer sa réouverture au public sous sa nouvelle direction, le Théâtre Paris Villette ne fait pas dans la demi-mesure. Du 13 décembre au 5 janvier, pendant trois semaines donc, pas moins de 13 spectacles différents avec une trentaine de représentations, qui ont tous pour points communs de s’adresser à un large public, de l’enfance jusqu’aux adultes, mais surtout d’être tous d’une grande exigence artistique et littéraire. Certains d’entre eux ont déjà pas mal tourné, tel La mano, par la compagnie Tro Héol, étonnant spectacle de théâtre d’objets qui explore le genre du fantastique ; d’autres sont plus récents, comme Tout contre Léo, adaptation du roman de Christophe Honoré par Thomas Gornet, voire tout juste créés, tel le Peter Pan de Christian Duchange de la compagnie de l’Artifice, qui a déjà adapté pour la scène, lui aussi, plusieurs œuvres de littérature pour la jeunesse, classiques ou plus contemporaines. Contes chinois, le spectacle inaugural de ce programme de réouverture le week end dernier, était lui aussi une adaptation de livres pour enfants, des albums cette fois-ci, ceux de l’auteur illustrateur Chen Jiang Hong, Le prince tigre et Le cheval magique. A la manière d’une grand livre ouvert, avec projection vidéo des illustrations originales, et des illustrations réalisées en direct sur de grands rouleaux de papier par Chen Jiang hong lui-même et projetées en très grand format sur la scène, au fil du récit conté par la voix chaude d’Estelle Meyer, porté par les compositions originales de Thomas Landbo et Rémi Berger, elles aussi interprétées en direct, le spectacle Contes chinois, mis en scène par François Orsini, est d’une incroyable poésie et délicatesse. C’est à l’issue de la représentation, avec encore des images plein la tête, que j’ai rencontré Valérie Dassonville qui depuis cet été co dirige le Théâtre Paris Villette avec Adrien de Van. Ensemble, nous avons évoqué les envies qui les portent pour cette nouvelle aventure.

Parmi les spectacles programmés, je vous recommande tout particulièrement Bonjour et Où sont les mamans, de Claude Ponti, mise en scène par Léna Bréban, du 24 au 29 décembre, où l’on retrouve toute la facétie et la truculence de l’auteur dans le jeu des comédiens, un spectacle à voir à partir de 4 ans. Et bien sûr, le spectacle de Vincent Malone ce vendredi soir, mais vous l’avez entendu, si vous n’avez pas encore réservé, c’est certainement trop tard.

Compagnie Atipik

Interview d’Elisabeth Algisi, Juliette Moreau, Guillaume Pihet, c’est à 65 minutes

Si on jouait au Petit Chaperon rouge ? qui ferait le loup ? Qui ferait la grand-mère ? La grand-mère se fera t’elle dévorer par le loup ? D’ailleurs le loup n’est pas aussi féroce qu’il en a l’air ? Et, c’est pour de vrai ou c’est pour de faux ? Sur la trame du petit Chaperon rouge, mille fois raconté mais aux échos toujours renouvelés, la Compagnie Atipik s’est inspirée de l’album de Benoit Jacques, La nuit du visiteur, qui en donnait déjà une version toute personnelle, pour revisiter le conte à son tour. Ici, la grand-mère tient le rôle principal, bien décidée à ne pas le céder, quitte à user des grands moyens. Comme souvent dans les jeux d’enfants, les frontières avec la réalité se brouillent, les rôles s’inversent, les disputes surgissent et peu d’objets suffisent pour leur donner vie, 2 chaussures rouges, une drôle de paire de lunettes, ou même un pistolet, faux bien sûr. Mais il y a surtout ce joli travail sur les ombres projetées, les espaces, les objets, ainsi que l’ambiance polar accentuée par les lumières et la bande sonore. Sur scène, ils sont trois, pour interpréter le loup, la grand-mère, la petite fille, s’amuser malicieusement avec les codes du conte, tels ce « Tire la bobinette la chevillette cherra », connu des enfants mais si peu compréhensible, mais surtout pour jouer avec l’ambivalence de chacun de ces personnages. A la fois drôle et déconcertant, La nuit du visiteur incite les spectateurs dès 5 ans à laisser vagabonder leur imaginaire. La nuit du visiteur est l’un des deux spectacles proposés par la compagnie Atipik au Mouffetard le théâtre des arts de la marionnette, celui-ci jusqu’à vendredi. Le second, lui aussi adapté d’un album jeunesse, de Ann et Paul Rand, Je sais plein de choses, est joué toute la semaine prochaine, du 22 au 29 décembre. Lundi dernier, c’est avec grand plaisir que j’ai assisté à la représentation de La nuit du visiteur, et j’en ai profité pour rencontrer les trois interprètes, Elisabeth Algisi, qui est aussi la responsable de la compagnie Atipik ; Juliette Moreau, également metteur en scène du spectacle et Guillaume Pihet, également musicien. Et c’est d’abord Elisabeth Algisi qui présente La nuit du visiteur.

Et encore

Boum de fin d’année pour et avec les enfants, dimanche 29 décembre à la Gaité lyrique, à 15 heures, avec Radio Minus par Gangpol et Mit. On se déguise, on fait des masques, on s’enregistre au micro, on joue avec les instruments, sous la houlette des musiciens de Gangpol et Mit, et comme à leur habitude, ce sera à la fois déjanté, loufoque et très sérieux. Pour les enfants à partir de 5 ans, entrée à 5 euros.

Inspiré d’un conte traditionnel portugais, Les deux bossus et la Lune, écrit et mis en scène par Richard Demarcy, est un spectacle jubilatoire, à voir encore jusqu’à dimanche au Grand Parquet, dans le 18e arrondissement. Deux amis, presque deux frères partagent le même malheur, avoir une bosse dans le dos. Mais la rencontre fortuite de l’un d’entre eux avec le Sorcier de la forêt lui permet d’en être débarrassé. Est-ce que second bossu va avoir la même chance ? Pas si sûr… Ancré dans la tradition du théâtre populaire, avec ses personnages de benêts, ou plutôt de simples qui ne le sont pas tant que ça, le spectacle joue avec virtuosité des codes du genre. Solennel, le grand sorcier de la forêt apporte son contrepoint à la naïveté joviale des deux amis, dont les mimiques, la gestuelle et les réparties participent grandement à la gaieté du spectacle, jusque dans leurs façons de se déplacer, telles des pas de deux. On ajoutera que la bande sonore, chansons ou musique portugaises, ainsi que les lumières soulignent avec subtilité la bonhomie de ce conte. Les deux bossus et la lune, de Richard Demarcy, avec Alain Aithnard, Nicolas le Bossé, Antonio da Silva, au Grand Parquet dans le 18e arrondissement. Cet après-midi, samedi et dimanche prochains, les trois dernières de ce spectacle à voir à partir de 5 ans.

Autre spectacle inspiré par les contes, cette fois-ci les contes traditionnels de Perrault ou de Grimm, Froid dans le dos, mise en scène par Antoine de la Morinerie et Bachir Saïfi, à voir à l’IVT, International Visual Théâtre, dans le 9e arrondissement. Venus du fond des âges, les contes de notre enfance continuent toujours avec la même force de faire écho à nos peurs et angoisses, et les figures de l’ogre et de l’ogresse du Petit Poucet, celle de Barbe bleue continuent de hanter notre imaginaire. Telle semble être l’un des fils conducteurs de ce spectacle, dans lequel un petit garçon d’aujourd’hui, rejeté par une belle-mère acariâtre et un père bien faible, va se perdre dans la forêt, affronter ses peurs pour certainement en ressortir grandi. Comme pour tous les spectacles joués à l’IVT, Froid dans le dos est interprété en langue des signes française et en français, Les deux langues se mêlent, circulent, la langue des signes étant portée par deux des comédiens, la troisième comédienne parlant français, mais sans pour autant traduire ce qui se dit en langue des signes. Au spectateur de deviner, de faire les liens, de se laisser porter par le jeu des trois comédiens. Suivant de près les motifs qui composent les contes tout en allant puiser dans d’autres versions proches de celles de Perrault, l’adaptation et la mise en scène qu’en ont faites Antoine de la Morinerie et Bachir Saïfi restent fidèles à la trame d’origine, certainement un peu trop d’ailleurs. La scénographie, sobre, avec ses quelques caisses et panneaux de bois, permet de faire évoluer avec simplicité et inventivité les espaces au fil du récit, tandis que les trois comédiens passent avec aisance d’un rôle à l’autre tout au long du spectacle. Froid dans le dos, un spectacle bilingue langue des signes française et français, c’est jusqu’à dimanche à l’IVT, cité Chaptal dans le 9e arrondissement. A voir à partir de 7 ans. Horaires et tarifs sur le site.

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