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Écoute ! Il y a un éléphant dans le jardin

Ecoute ! Il y a un éléphant… # 18 mars 2015

avec Ana Maria Machado (auteure) et Ana Torres (traductrice) ; Isabelle Pehourticq (éditrice)
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Rencontre avec Ana Maria Machado, l’une des plus grands auteurs brésiliens pour la jeunesse accompagnée d’Ana Torres, traductrice de son roman "Bisa Bea, Bisa bel" ; puis avec Isabelle Pehourticq (éditrice chez Actes Sud junior), pour "Quand je dessine, je peux dépasser" ; Emmanuelle Soler présente un spectacle qui l’a enchantée.

Livres

Interview d’Ana Maria Machado et Anne Torres, c’est au début

Les premiers récits pour enfants d’Ana Maria Machado ont paru au Brésil au tout début des années 70. Depuis, elle a publié, dans son pays, plus d’une centaine de livres pour enfants, très jeunes ou plus âgés, et aussi pour adultes, qui sont connus, très connus à travers tout le pays, et bien au-delà en Amérique latine, et traduits dans plus de 25 pays. Son œuvre a été couronnée de nombreux prix et plus particulièrement en 2000 par le très prestigieux prix Hans Christian Andersen, un prix décerné par IBBY, L’union internationale pour les livres de jeunesse. Pourtant, peu, très peu de ses livres ont été traduits en français, 3, 4 ou 5, à commencer par Une grande petite fille, paru chez Hatier en 1984, mais hélas épuisé depuis longtemps. Nouvelle, conte, album, roman, Ana Maria Machado explore les différents genres de la littérature enfantine, et c’est ainsi que les éditions Vents d’ailleurs ont traduit et publié en 2002 Rêve noir d’un lapin blanc, et Quelle fête !, deux albums qui, chacun à sa façon, sont des éloges de la différence, du métissage culturel et de l’ouverture vers l’autre, à travers des histoires simples et joyeuses. Et c’est tout, pas d’autres livres, jusqu’à l’année dernière, où les éditions Chandeigne, spécialisées entre autres en littérature lusophone, ont eu l’heureuse initiative de traduire et de publier, en mars 2014, Bisa Béa, Bisa Bel. Dans Bisa Béa, Bisa Bel, un court roman pour les jeunes lecteurs, chaleureux et vif, une petite fille découvre une photo de son arrière-grand-mère quand elle était enfant, Bisa Béa, qui va devenir réelle, vivre à l’intérieur d’elle en quelque sorte. Elles ne se quittent plus donc, ce sont de longues conversations entre celle qui a vécu au siècle précédent et la petite fille d’aujourd’hui, des découvertes, des incompréhensions ou des étonnements, sur les changements de façons de vivre au fil des générations. Jusqu’à provoquer aussi des refus ou des colères. Mêlant légèreté et gravité, anecdotes et réflexions sur l’histoire récente du Brésil, Ana Maria Machado aborde avec finesse, humour et à hauteur d’enfant, les questions de transmission, d’identité et d’engagement, dans un va et vient entre passé et présent, et même futur. Trois livres d’Ana Maria Machado, seulement, sont donc traduits en français, et c’est bien peu. Méconnaissance, désintérêt des éditeurs français ? C’est vrai que d’une façon générale les livres pour enfants d’Amérique latine sont peu traduits ici, et ceux qui viennent du Brésil se comptent presque sur les doigts des deux mains. Journaliste, écrivain, enseignante en littérature de jeunesse, militante infatigable pour le développement de la lecture et des livres pour enfants au Brésil, Ana Maria Machado, au-delà d’écrire pour les enfants et pour les adultes, n’a eu de cesse depuis longtemps de s’engager, de façon active et intense pour soutenir toutes les initiatives de promotion des livres pour les enfants.. Aujourd’hui, elle est reconnue nationalement et internationalement comme une des grandes actrices de la littérature jeunesse du Brésil. Cette année, le Salon du livre de Paris qui ouvre ses portes demain, met le Brésil et sa littérature à l’honneur, en invitant de nombreux auteurs brésiliens, parmi lesquels Ana Maria Machado. Et nous sommes ravis qu’elle ait pu profiter de son séjour à Paris pour venir ce matin à Aligre FM, accompagnée d’Ana Torres, traductrice de Bisa Béa, Bisa Bel.
- Bisa Béa, Bisa Bel - Ana Maria Machado - Chandeigne, 2014 - 12 euros - A partir de 9 ans

Livres

Interview d’Isabelle Pehourticq, c’est à 40 minutes

Comment, après les attentats de janvier, parler aux enfants ? comment leur expliquer et surtout comment ne pas se taire ? Est-ce que les mots peuvent suffire ? Comment expliquer aux enfants l’importance de pouvoir s’exprimer librement ? Pour tenter d’y répondre, certainement aussi pour ne pas rester silencieux, quatre éditeurs se sont regroupés pour publier ensemble un livre qui parait aujourd’hui Quand je dessine, je peux dépasser. 50 mots mis en images par 50 illustrateurs, 50 mots qui appartiennent au vocabulaire du dessin et de la création, comme composer, crayonner, refaire, déformer, esquisser, dépasser, raconter, s’appliquer et cetera. 50 mots qui, regroupés ainsi, font percevoir ce qu’est l’engagement du dessinateur quand il crée une image. Pour chacun de ces mots, une image réalisée en noir et blanc par un illustrateur, chacun avec ses techniques dans son style, drôle, tendre, ironique, réaliste, onirique, distancé, énigmatique mais qui laisse toute la place à l’enfant pour qu’il s’empare à son tour de ses crayons pour colorier, prolonger l’image, la transformer. Ainsi pour le mot Refaire, Benjamin Chaud a rempli la chambre d’une petite fille de dessins de chats mille fois recommencés ; tandis que pour que pour le mot se moquer, Régis Lejonc s’est installé dans une grotte préhistorique. De quoi susciter l’imagination des enfants, mais aussi, peut-être des échanges avec les adultes sur la liberté d’expression. Tous les bénéfices des ventes du livre, qui coute 12,90 euros, seront reversés à Charlie Hebdo, d’autant que les illustrateurs ont participé gracieusement au projet. Une belle initiative, joliment réalisé,e par les éditeurs du groupe jeunesse d’Actes Sud, c’est-à-dire les éditions Actes Sud junior, Hélium, Rouergue et Thierry Magnier, qui font paraitre ensemble Quand je dessine je peux dépasser.. Aussi ce matin, avons-nous souhaité vous le faire découvrir plus en détail avec l’un des éditeurs, plutôt une éditrice, Isabelle Péhourticq, qui est responsable éditoriale chez Actes Sud junior.
- Quand je dessine je peux dépasser - Actes Sud junior, Hélium, Rouergue, Thierry Magnier, 12,90€

Spectacle

Chronique d’Emmanuelle Soler, c’est à 60 minutes

Comme chaque mois, Emmanuelle présente un spectacle pour enfants qui l’a particulièrement touchée ou enthousiasmée. Aujourd’hui : La vie de Smisse, de Damien Bouvet. Théâtre et objets

On peut voir le spectacle à Nanterre, Maison Daniel Féry, mercredi prochain à 15 heures. A partir de 3 ans.

Spectacle diffusé par l’agence Sine qua non

Livres

C’est à 70 minutes

Parmi les livres qui ont le plus de succès auprès des tout-petits, un an, deux ans, trois ans, qui les font rire et demander qu’on recommence encore et encore la lecture, mais qui font se marrer tout autant les plus grands et aussi les parents, il y a les albums d’Alain le Saux, en particulier la série des Papa. Des albums sans réclamés par les tout-petits qui savent les dénicher en deux temps trois mouvements dans une pile de livres et ne les lâchent plus une fois qu’ils les ont dans les mains. Albums cartonnés parus d’abord chez Hatier dans les années 90, puis en format réduit et sous coffret à l’école des loisirs, la série des Papa est totalement jubilatoire. Papa pique, Papa se rase, Papa nage, Papa dort… Au fil des doubles pages, le propos est simple, descriptif presque laconique dans ses mises en situation de la vie quotidienne, d’un père somme toute banal. Des aplats de couleurs vives très tranchées, jaune citron, rouge intense, bleu roi, cernés d’un trait noir épais pour croquer des portraits du père en gros plan plus vrais que nature, avec son nez démesuré. Et toujours, en contrepoint dans un coin de la page, le fiston tout petit, le nez pointé vers son père, tour à tour admiratif, interrogatif, contemplatif, face à ce père tant admiré et adulé, quoi qu’il fasse, qu’il se rase ou qu’il ronfle la bouche ouverte. Simplicité apparente du propos, mais tout l’humour ironique ET tendre est dans les regards, les rapports de proportion, les attitudes. Le père vu du point de vue de l’enfant. Et on rit à chaque page. Enfants et adultes. 4 coffrets de 4 livres, 16 albums de la série des Papa, mais on pourrait bien sûr citer de nombreux autres titres d’Alain le Saux auquel nous voulions ce matin rendre ce petit hommage, car il est décédé en début de semaine. Un grand auteur illustrateur de livres pour enfants, dont les premiers albums ont paru aux éditions Rivages, aux débuts des années 80, créés avec son frère Philippe Corentin. Il aimait prendre les expressions au pied de la lettre, jouer avec pour en faire des livres drolatiques, comme Papa m’a dit que son amie Yvette était vraiment chouette, Le prof m’a dit que je devais absolument repasser mes devoirs, et d’autres encore, que les enfants comprennent et savourent au quart de tour.. Si vous ne les connaissez pas, filez à la bibliothèque du coin pour les découvrir, mais vous risquez fort de trouver des enfants plongés à plusieurs dans leur lecture en train de rigoler ensemble. Tout l’art d’Alain le Saux.

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