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Écoute ! Il y a un éléphant dans le jardin

Ecoute ! Il y a un éléphant… # 19 décembre 2012

Le prix Collidram (ass. Postures) ; Les Rendez-vous du carnet de voyages
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Le prix Collidram

Collidram, le prix de littérature dramatique décerné par les collégiens atteint l’âge de raison ! Créé en 2006, le projet dont le slogan est : « Argumenter, lire, dire, voir le théâtre contemporain » entame sa septième édition et ne cesse de grandir. Il est organisé par l’associationPostures, dirigée par Pascale Grillandini, et propose à des collégiens de découvrir le théâtre contemporain, c’est-à-dire une littérature vivante, souvent méconnue, d’en rencontrer les auteurs et les acteurs. Découvrir le théâtre, en parler, en discuter, argumenter, défendre les pièces qu’on a aimés pour choisir parmi les quatre pièces de théâtre proposés en lecture celle qui gagnera le prix. 25 classes sont engagées dans le projet, sur toute la France, un projet qui se déroule sur plusieurs mois, accompagnées par l’équipe de Postures, avec bien sûr le ou la professeur de français, le ou la documentaliste, et, parfois, l’équipe de la bibliothèque de la ville. Et depuis sept ans, Aligre FM associée au projet pour recevoir au fil de ces mois les collégiens délégués par leur classe pour venir faire un point d’étape autour de ce micro, présenter les pièces, leurs lectures, leurs discussions. Ce matin, c’est la première ! et pour cette première, nous sommes ravis d’accueillir Karfa et Anis, Mia et Niakalé, qui sont en cinquième au collège Françoise Dolto à Paris, dans le 20e. Ils sont venus avec Marie-Laure Bulliard, leur professeur de français ; et Coline, Gabriel, Margot et Nicolas, en cinquième également, au collège Alphonse Daudet à Draveil, en Essonne. Ils sont venus avec Laurent Bernal, leur professeur de français. Toutes les infos sur le blog de Collidram.. C’est en début d’émission.

Livres

Du 16 au 18 novembre dernier s’est déroulée à Clermont-Ferrand, la treizième édition des Rendez-vous du carnet de voyage, le salon du livre consacré au livre du voyage. Des auteurs ou éditeurs jeunesse y ont participé, les étudiantes en Master à l’université Blaise Pascal à Clermont Ferrand, en cursus Création éditoriale des littératures générales et de jeunesse, aussi. Elles étaient 9, micro à la main, et on les retrouve autour de 4 interviews, 4 rencontres avec un créateur. Manon et Coline ont rencontré l’auteure Annick de Giry, autour de son livre, illustré par Christophe Merlin : Les Grandes routes,de la route de la soie à la route du thé, Seuil Jeunesse. Laura, Doriane, Adeline et Pauline sont allées à la rencontre de l’auteur Grégoire Kockjan, auteur de Destinataires non communiqués, édité à l’Atelier du poisson soluble. Gaelle , Manon et Aurore ont interviewé François Beigère, directeur de la collection Terres insolites chez Belin jeunesse, puis Jean-Yves Loude, auteur de nombreux romans, entre autres dans la collection, entre autres Tanuk le maudit et Les Poissons viennent de la forêt. C’est à 55 minutes.

Spectacles

C’est à 45 minutes.

Le songe d’une nuit d’été, de William Shakespeare, librement et intelligemment adapté par Wadji Lahami, est devenu UN songe d’une nuit d’été, mis en scène par Antoine Herbez, et joué actuellement au théâtre Saint Martin, dans le cadre de la programmation de l’Ecla Théatre. Savoureux spectacle qui allie la comédie de Shakespeare au semi-opéra de Henry Purcell, Fairy Queens, dont le livret est une adaptation de la pièce de Shakespeare. La pièce comme l’opéra ont été adaptés. Ecourté, avec moins de chanteurs et de musiciens, pour le second ; une intrigue simplifiée et resserrée pour le premier, ce qui en fait un spectacle où se mêlent théâtre, musique, lyrique et danse… Un songe, donc, à voir par les adultes et les enfants, dès 9 ans. Côté intrigue, de grandes coupes dans le texte de Shakespeare, des épisodes écartés, pour se concentrer sur les quatre amoureux que sont Hermia, Lysandre, Helena et Démétrius, perdus dans une forêt enchantée où règnent Obéron et Titania, roi et reine des fées, sans oublier Puck le lutin étourdi. On y gagne en compréhension et on s’y retrouve bien mieux dans les disputes, quiproquos, poursuites, et donc dans les chassés-croisés et les errances amoureuses des uns et des autres. Côté musique : avec les fées de la forêt, ce sont les deux chanteurs lyriques dans les rôles d’Obéron et Titiana, et les musiciens - violon, luth, violoncelle - qui interprètent le Fairy Queens, comme pour mieux souligner l’univers surnaturel de la pièce. Il y a Graine de moutarde, Toile d’araignée, Fleur de Pois, Papillon, tous avec de superbes costumes forestiers aux couleurs d’automne, tandis que le noir et le gris composent les couleurs du spectacle, tant pour les costumes que pour le décor, de hauts panneaux à la coupe sobre, mobiles, qui glissent et transforment l’espace, dessinent la forêt où se perdent et se cherchent les amants, une forêt mouvante, presque vivante. Sans oublier la magie qui achève de faire de ce spectacle un univers merveilleux, jusqu’aux scènes de bagarre entre les deux filles, puis les deux garçons, qui durent juste assez longtemps pour que les jeunes spectateurs puissent prendre le temps de les apprécier. D’Antoine Herbez, qui est l’actuel directeur de l’Ecla théâtre, on avait déjà apprécié sa mise en scène de La Flute enchantée l’année dernière, et son nouveau spectacle théâtral et musical est tout aussi réussi, joyeux et raffiné, superbement interprété par la dizaine de comédiens, chanteurs ou musiciens. Un songe d’une nuit d’été est à voir en famille à partir de 9 ans, pas avant c’est inutile, ils s’ennuient poliment,. C’est au théâtre Saint Martin, à porte Saint Martin sur les grands boulevards, encore jusqu’au 5 janvier, l’après-midi à 14 heures ou 14 heures 30.

Nous venons d’écouter Thomas Fersen, sur une composition de Vincent Courtois, qui chante la Chanson d’Ernest et Célestine, laquelle vient conclure le film d’animation Ernest et Célestine, de Benjamin Renner, sur un scénario de Daniel Pennac. Le film est sorti mercredi dernier, c’est une petite merveille. On y retrouve l’univers de Gabrielle Vincent, la créatrice et illustratrice des multiples albums des aventures de l’ours et de la petite souris, craquants, charmants, attachants, dans les livres comme dans le film. Le graphisme du film a su parfaitement trouver sa cohérence, entre des images qu’on croirait sorties du pinceau de Gabrielle Vincent et celles qui ont été imaginées pour le scénario de Daniel Pennac, lui aussi assez inventif pour composer un film d’une heure 30, qui échappe aux poncifs bien-pensants, même si la fin rend tout le monde gentil. La scène de poursuite avec les policiers, véritables hirondelles avec leurs capes, est magistrale dans sa composition. Et on rajoutera que la bande musicale, signée Vincent Courtois, est elle aussi une merveille. On annonce le film comme un futur classique, et c’est certainement vrai. Un film à voir avec les enfants dès 4 ans, mais la semaine dernière, à un horaire où les enfants sont encore à l’école, s’il y avait bien quelques enfants avec l’un de leurs parents, il y avait également un trio d’adultes qui avaient bien dépassé la soixantaine, et un autre trio, aussi un garçon et deux filles, qui n’avaient pas encore atteint la vingtaine. Ernest et Célestine, deux idoles intergénérationnelles !

Applications numériques

C’est à 50 minutes.

Pour les petits : Chansons de Noël est un CD de chez Enfance et musique, paru en 2011 qui regroupe les chansons traditionnelles de Noël, les ritournelles, interprétées par Agnès Chaumié, Isabelle Caillard et des voix d’enfants Depuis quelques semaines, c’est aussi une application toute simple, qui reprend toutes les chansons du CD, une douzaine, mises en images par Sylvia Dupuis, à peine animées, avec surtout, la possibilité de suivre les paroles. Pas grand-chose de plus, mais le plaisir d’écouter et de chantonner les chansons de Noël. Actuellement 2,69 euros au lieu de 3,59 euros, sur l’App-Store.

Voyage au centre de la terre est une jolie application, ou plutôt une jolie appli-livre, réalisée par la toute jeune maison d’éditions interactives, L’apprimerie. Les apprimeurs, comme ils se nomment, sont trois, Thomas Bertrand, Karine Duperret et Julie Guilleminot, qui semblent tout autant passionnés par le livre dans sa forme traditionnelle que par les possibilités offertes par le numérique. Ainsi peut-on lire sur leur site : « Le renouveau triomphal des livres animés de ces dernières années, les livres d’artistes, les typoèmes montrent l’enthousiasme et le dynamisme des auteurs comme des éditeurs à faire sortir le livre de ses gonds et à imaginer sans cesse de nouvelles expériences de lecture et d’interactions entre le fond et la forme. L’Apprimerie a pour ambition de s’inscrire dans cette tradition. Les supports mobiles viennent à leur tour élargir l’horizon de la création et de la pratique éditoriale. C’est à ces nouvelles façons d’écrire, de raconter, et donc de lire des histoires, que L’Apprimerie souhaite se consacrer. »

Beau programme que vient confirmer Voyage au centre de la Terre, premier titre de la première collection, Nautilus.

Voyage au centre de la Terre, un roman de Jules Verne, bien sûr, et même si ici il a été quelque peu raccourci et donc adapté, c’est d’abord un formidable roman de science-fiction écrit en 1864. Ayant découvert un manuscrit runique ancien, un savant, son neveu et leur guide entreprennent un voyage vers le centre de la Terre en y entrant par un volcan islandais éteint, le Sneffels. Comme à l’habitude de Jules Verne, le roman est un habile mélange de données scientifiques, d’extrapolations osées et d’aventure. La cryptologie, la paléontologie et la géologie, sciences en vogue à l’époque, servent de cadre au roman qui compte dans sa version originale pas moins de 300 pages.
L’application pour iPad, c’est d’abord un texte soigneusement typographié, illustré en noir et blanc avec de jolis cabochons en tête de chapitre qui s’inscrivent dans la tradition de l’illustration en gravure du XIXe siècle, et une mise en pages aérée qui facilite la lecture. Au fil du récit, quelques mots difficiles sont imprimés en gras, signe qu’on peut cliquer pour avoir quelques précisions ou explications. Et puis, au fil des pages, certaines, pas toutes, voici que le texte s’anime, toujours à propos et façon très maline, Ainsi un violent coup de poing de l’oncle provoque réellement un coup de poing sonore, en grosses lettres, et qui vient faire trembler le texte ; la valise qui glisse sur les marches de l’escalier, constitué par des blocs de mots ; laquelle valise il va falloir accompagner de ville en ville en penchant la tablette. Ou encore le texte qui disparait sous le givre, et qu’il faut donc effacer pour pouvoir continuer la lecture ; le texte qui s’enroule à l’infini, ad libitum, qui disparait dans le noir, qui gonfle et dégonfle comme les nageoires de la baleine, explose au contact des monstres marins, etc. A chaque fois, des animations, jamais envahissantes, font écho au récit avec beaucoup de subtilité et d’élégance, des jeux typographiques en fait, dont certains sont assez bluffants, comme la disparition de toutes les lettres « o » quand l’eau vient à manquer. Voilà un bel hommage à quelques écrivains précurseurs ! Et pour se repérer dans sa lecture, une roue de navigation que l’on fait tourner pour retrouver sa page. Voilà un très bel accompagnement à la lecture, une vraie immersion dans le texte pour l’enfant lecteur qui n’est pas incité à tapoter partout sur l’écran pour faire bouger des images, mais au contraire, avance dans sa lecture, porté par des inventions visuelles qui font vivre le texte. Et on ajoutera que la musique créée par Emmanuel Séguin, qui intervient en début de récit ou de chapitres, est elle aussi, fort réussie.

Plusieurs critiques ont déploré que le texte original de Jules Verne ait été abrégé. Moi, je trouve que c’est plutôt une bonne chose, ce serait vraiment pas facile de lire 300 pages de Jules Verne sur tablette, et les quelque 68 pages de l’application seront une bonne entrée en littérature. Non, moi je regrette juste que ne soit pas indiqué dans les crédits quels sont les auteurs qui ont adapté le texte, les auteurs de l’application ou d’autres, ni d’ailleurs que c’est une adaptation, ni quels sont les auteurs des illustrations. J’ai cru comprendre que ce sont des collages d’illustrations d’époque, mais rien n’est indiqué. Bon, mais ce sont des broutilles, face à la qualité de cette application. Voyage au centre de la terre, adapté de Jules Verne, une application pour Ipad par Karine Duperret, Julie Guilleminot et Thomas Bertrand, édité par l’Apprimerie, 3,59 euros, sur l’Appstore, à lire à partir de 10 ans.

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