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Écoute ! Il y a un éléphant dans le jardin

Ecoute ! Il y a un éléphant… # 19 février 2014

Nina Schmidt (Observatoire des inégalités) ; Anne Clerc (romans pour ados) ; Elise Tessarech (Forum des images)
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Ils persistent et signent à dire n’importe quoi sur les livres pour enfants et à refuser qu’y soient abordés certains sujets. En particulier la question du genre. Nous persistons nous aussi, nous répondons.

« Tous à poil ! » Mais comment un livre pour enfants bon enfant, écrit avec humour et délicatesse peut-il susciter autant de discours haineux, mensongers et trompeurs. On a beau savoir que la controverse a été montée de toutes pièces pour servir des intérêts politiques, on a beau le savoir, c’est assez désespérant et désolant de voir comment les médias, dont la littérature de jeunesse n’a jamais été la tasse de thé, encouragent et répandent des inepties, et servent ainsi la soupe aux mouvements profondément rétrogrades et réactionnaires. Des inepties violentes et fausses sur l’école, sur les enseignants, sur les enfants, sur la famille, sur les stéréotypes, sur les livres alors qu’ils n’en lisent jamais. Heureusement, de nombreuses voix s’élèvent pour faire entendre un autre son de cloche, parfois avec humour, parfois avec colère, parfois avec gravité. Parmi les articles et déclarations qu’on peut lire sur le web, je voudrais vous lire ce matin la contribution publiée la semaine dernière par l’éditeur Alain Serres, responsable des éditions Rue du monde, parce que je le trouve clair, juste et parce qu’il rappelle qu’auteurs, éditeurs, enseignants, médiateurs mais aussi parents proposent ces livres aux enfants bien évidemment en toute conscience de leurs responsabilités.

A lire ici

Les livres et les filles

Entretien avec Nina Schmidt, c’est à 15 minutes

Nous présentons régulièrement dans cette émission des livres qui ne cantonnent pas les garçons ou les filles dans des rôles prédéterminés ou stéréotypés, qui le font avec subtilité et imagination, avec une attention particulière au récit, à l’écriture, à l’illustration. Des albums qui laissent toute la place à l’enfant pour imaginer, rêver, s’amuser, réfléchir. Aussi plutôt que de présenter quelques-uns de ces albums, malheureusement encore trop rares, nous voudrions rappeler que la production actuelle de livres pour enfants est surtout faite de livres qui renforcent les stéréotypes, comme l’ont montré plusieurs études. Parmi ces études, celle publiée l’année dernière sur le site de l’Observatoire des inégalités. Signée par Nina Schmidt, elle s’intitule : BD, DVD, livres pour enfants : la portion congrue des héroïnes et porte sur les produits culturels pour enfants vendus sur un grand site de vente en ligne. Constat toujours aussi amer : 38 pour cent seulement des héros de livres sont des filles, 24 pour cent dans les films et 10 pour cent dans les BD. Des héros qui, d’ailleurs, ne sont pas tout à fait nouveaux, puisque Martine, Caroline, Petit Ours Brun, Yakari ou Franklin, demeurent visiblement au top des ventes. Inférieures en nombre, souvent en retrait, les filles sont décidément moins aventurières, moins actives, moins entreprenantes que leurs collègues garçons, même si Nina Schmidit pointe que Martine fait aussi du ski ou du cheval. Mais elle n’en reste pas moins bien coiffée, souriante et attentionnée… comme une future maîtresse d’intérieur. Et quand elles ne sont pas dévalorisées, les filles sont souvent dans le trop, comme si elles devaient prouver qu’elles ont des talents particuliers et inhabituels. Même si il y en a, rares sont les livres dans lesquels le héros pourrait tout aussi bien être un garçon ou une fille, avec les mêmes capacités. Un des intérêts de cette étude, rapide à lire, facile d’accès, précise dans son approche, c’est qu’elle est réalisée non pas par des spécialistes de livres pour enfants ou de l’éducation, mais par un organisme d’information et d’analyse sur les inégalités sous toutes leurs formes, l’observatoire des inégalités, qui publie de nombreuses études et données sur leurs site, en particulier dans le champ social ou économique. L’étude BD, DVD, livres pour enfants : la portion des héroïnes, s’inscrit donc dans cette perspective, ce qui en fait une approche intéressante. Aussi ce matin, nous vous proposons d’entendre ou de réentendre l’entretien avec son auteure, Nina Schmidt, chargée de mission à l’Observatoire des inégalités, que nous avions réalisé et diffusé au début de l’été dernier.

Les livres et les filles, bis

La chronique mensuelle d’Anne Clerc, critique spécialisée sur les romans pour les adolescents. C’est à 45 minutes

La chick-lit pour ados  : une invention de certains éditeurs et en réalité, pas de critères communs et partagés. Ce qui a justifié la création de ce genre dans les années 2000 ce sont de gros succès éditoriaux qui se sont prolongés sur grand écran : Le Journal de Bridget Jones d’Helen Fielding en 97. Sex and the city en 97 qui étaient d’abord des chroniques dans la presse. Quand on cherche des critères communs à ces succès, on s’aperçoit qu’au-delà du fait que les personnages principaux soient des femmes, contemporaines, en prise avec leur époque : relations amoureuses, famille, amitiés… Les collections récentes « Bliss » chez Albin Michel Jeunesse (2009-2011) ou « Darkiss » d’Harlequin (littérature sentimentale ET fantastique) depuis 2010 n’ont pas le succès escompté. « Cœur Grenadine » (Bayard, 1997) a eu son petit succès et a bénéficié d’un relookage en règle en 2004. Bayard Jeunesse a récemment lancé « Sublime Idylle » Une invention : le seul point commun, la narration à la 1ère personne, la forme du journal intime qu’on retrouve dans les 3 titres sélectionnés La chick-lit, terme anglo-saxon qui signifie « littérature de poulettes » ne désigne pas que la littérature sentimentale mais une littérature où les filles évoquent leurs amours, leurs préoccupations. La chick-lit est un genre qui se veut « interactif » dans sa définition : interactions au sein de la famille, dans un groupe de filles, avec les garçons… Un genre qui nous vient des Anglo-Saxons et de la littérature générale avec Sex and the city puis le Journal de Bridget Jones. Certains y ont vu une littérature post-féministe, accompagnée d’une pseudo-liberté de la femme, d’autres un genre qui enferme un peu plus les femmes dans les stéréotypes. Suite à ces succès d’autres ont émergé, des collections spécifiques sont apparues. Comme toujours, certains ouvrages se plient parfaitement à la définition du genre et d’autres sont en marge, suscitent la surprise par des décalages avec les stéréotypes ou les codes attendus, que ce soit du côté de la narration ou des personnages… J’ai retenu 3 romans au cœur desquels les narratrices sont Sandra, Naomi et Ruby se livrent en toute intimité :

  • Les 25 vies de Sandra Bullot de Colas Gutman, Ecole des Loisirs, « Médium », 2012
  • Je ne sais plus pourquoi je t’aime de Gabrielle Zevin, Albin Michel Jeunesse, « Wiz », 2009 puis au Livre de Poche Jeunesse, 2012 (Trad. De l’anglais par Valérie Le Plouhinec)
  • Le Journal d’une allumeuse, Emily Lockhart, Casterman Jeunesse, 2006. Réédité en 2012 sous le titre Le Journal de Ruby Oliver : L’amour avec un grand Z. (Trad. De l’anglais par Antoine Pinchot)

Cinéma

Interview d’Elise Tessarech, c’est à 65 minutes

Emmener les tout-petits au cinéma, ce n’est a priori pas tant pour les initier précocement au septième art que pour leur faire vivre une expérience unique, celle du grand écran, du noir dans la salle, le partage des émotions avec d’autres enfants qui font eux aussi leurs premiers pas dans une salle de cinéma, rire ou pleurer ensemble, et pas toujours au même moment que les adultes qui les accompagnent. Le cinéma n’a rien à voir avec la télévision devant laquelle, on le sait d’après de nombreuses études, les enfants passent de plus en plus d’heures par jour, et de plus en plus tôt. Aussi les salles de cinéma sont elles de plus en plus nombreuses à proposer aux très jeunes enfants, dès 18 mois, des séances concoctées particulièrement à leur intention. Et pour la septième année, le Forum des images, au Forum des Halles, organise Tout petits cinéma, le festival pour les 18 mois – 4 ans. Le festival a démarré ce week end pour se dérouler jusqu’à dimanche prochain 23 février. Plus de 15 séances de films d’animation dont la particularité est qu’ils sont pour la plupart accompagnés en musique ou en chansons par des artistes sur scène, musiciens ou chanteurs. Pour présenter cette septième édition de Tout petits cinéma, Elise Tessarech, adjointe à la direction de l’Action éducative du Forum des images.

Lecture

C’est quelques minutes avant la fin

Lionel Chenail lit un extrait de Pietra viva, de Lenor de Récondo (Wiespeser)

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