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Écoute ! Il y a un éléphant dans le jardin

Emission du 20 mars 2013

Collidram 2013, émission 4 ; Eric Jiroux (Festival Les Pépites sonores)
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Le prix Collidram

En début d’émission

Pour cette quatrième émission de la saison autour du prix Collidram, le prix de littérature dramatique décerné par des collégiens, organisé par Postures, Mika, Yan, Daline et Daphné en sixième, au collège Victor Duruy à Fontenay-sous-Bois, et Chelsea, Yasmine et Fatoumata en quatrième au collège les Mousseaux à Villepinte, présentent, lisent et critiquent l’une des quatre pièces en compétition : A la périphérie , de Sedef Ecer

Chansons

C’est à 50 minutes

Les pépites sonores est un nouveau festival de chanson jeune public, du 27 mars au 7 avril, à l’initiative duSax, scène musicale à Achères, dans les Yvelines, et de Victorie music, label de chansons jeune public, mais également tourneurs de spectacles. Victorie music s’investit depuis de nombreuses années pour que les enfants puissent entendre et découvrir des artistes tels que Jacques Haurogné, Hervé Suhubiette, Robinson, Amipagaille ouSteve Waring. Aussi avons-nous souhaité saluer cette nouvelle initiative en demandant à Eric Jiroux, directeur de Victorie Music de nous la présenter.

Parutions

C’est à 45 et 75 minutes

CD

La vie de château, le troisième CD de chansons pour les enfants de Pascal Parisot sort le 26 mars chez Naîve jeunesse, et comme les précédents (Les pieds dans le plat, et Pas si bêtes), il est toujours aussi drôle, chaleureux et impertinent. Après la nourriture, après les animaux, cette fois-ci Pascal Parisot s’intéresse aux princes et aux princesses, mais son royaume à lui c’est plutôt celui de l’irrévérence. Un prétexte pour prendre à contre pied quelques imageries d’Epinal, plaider pour les enfants qui s’ennuient ou qui doivent supporter les tracasseries imaginées pour eux par les adultes, ou encore se moquer des fastidieuses leçons de piano du mercredi. Avec la vie au château pour fil conducteur, enfin, celle SON château dirigé par sa majesté N’importe quoi premier, Pascal Parisot commence, il fallait l’oser, par revisiter la Bible et l’épisode de la création du monde : c’est la genèse selon saint Pascal, rien que ça. Joyeux, musicalement toujours aussi soigné, mêlant sans vergogne clavecin, ukélélé, marimba, contrebasse et autres instruments, ce nouveau CD de Pascal Parisot, La vie de château, s’écoute d’un bout à l’autre avec plaisir et amusement. Quant aux illustrations du livret, signées Anne Laval, légères et poétiques, elles jouent avec humour sur les paroles.

Applications numériques

Lorsqu’un illustrateur se lance dans la réalisation d’une application, cela donne souvent quelque chose de non seulement intéressant graphiquement, mais également inventif et créatif, non pas pour reproduire peu ou prou un livre à l’identique, mais pour explorer les possibilités qu’offre le numérique. On a déjà pu le constater avec Hervé Tullet et son jeu, paru il y a un moment déjà, avec Ma poire et Dans un rêve , de Stéphane Kiehl ou plus récemment avec Bleu de toi de Dominique Maes qui le présentait à ce micro il y a quelques semaines. L’illustrateur américain Christophe Niemann vient de faire paraître lui aussi une application fort réussie, Petting Zoo, en anglais, mais ça n’a pas d’importance puisqu’il n’y a ni texte à lire, ni histoire à écouter. Christophe Niemann est connu, entre autres, pour ses nombreuses illustrations dans la presse et en particulier des couvertures du magazine américain le New Yorker. Il a également écrit et illustré quelques albums pour enfants, traduits en français chez Gallimard et plus récemment à l’Ecole des loisirs. C’est ainsi que cette année, nous avons pu découvrir Comme ça !, un album dans lequel un petit garçon s’imagine comment fonctionnent les engins, grâce à un animal caché à l’intérieur, devant une petite fille épatée, mais plus réaliste. Un humour bon enfant, un dessin coloré tout en rondeur… Son application, Petting Zoo, une sorte de livre interactif, ne raconte pas une histoire pour autant, mais se rapprocherait plutôt d’un imagier, dans lequel défilent, un par un, sans un mot, une vingtaine d’animaux. 21 animaux exactement, tracés d’un énergique crayon noir sur le fond à peine coloré de l’écran. Pas de décor, pas de couleurs, mais sous nos doigts, selon qu’on tire vers le haut, le bas, droite ou à gauche, chaque animal, très élastique, se contorsionne, s’étire, s’anime, se transforme… avec humour .Christoph Niemann possède un sacré coup de crayon, aussi c’est drôle, bien vu, cocasse mais également très poétique, d’autant que la musique, dans le style fanfare, tuba et guitare, et surtout tous les bruitages suivent de très près toutes les élucubrations des animaux. Lapin qui sort du chapeau, basset qui fait des nœuds, cerfs aux improbables bois qui deviennent antennes, poisson qui se fait avaler par un plus gros, éléphant dans sa baignoire… les animaux se succèdent au rythme qu’on choisit, dans un enchaînement à chaque fois très subtil. Les animations ne se ressemblent pas, et on reste longtemps à jouer avec chaque animal pour le plaisir de ses mimiques. Comme ce crocodile dont on fait s’entrechoquer les dents pointues en musique comme on jouerait sur un xylophone, ou la coccinelle qui court, haletante, sur une pomme, une jolie pomme photographiée, que l’on fait tourner. Quand ça tourne trop vite, elle monte sur sa planche à roulettes, mais il lui arrive aussi de glisser, de dégringoler avant de remonter sur la pomme et courir de plus belle. C’est vraiment drôle… et joli. Petting Zoo, de Christophe Niemann, une application pour iPad ou iPhone, parue début février, 1,79 euros, pour tous à partir de 4 ans.

Pour les plus grands, pour les enfants de 8 / 9 ans, et dans un tout autre genre, Gladys Krett est un livre numérique, signé Marie Alster et Steve R, avec une musique d’accompagnement très cinématographique puisqu’il s’agit en fait, d’un petit récit policier. D’ailleurs, le sommaire, très réussi, se présente comme un labyrinthe dans lequel il faut déplacer le personnage principal, Gladys pour accéder aux chapitres. Le ton est donné ! Une enquête à l’ancienne, gamine débrouillarde qui sait se faire entendre des policiers chargés de l’enquête sur un vieux bonhomme, un scientifique mystérieusement disparu. L’enquête avance grâce à l’intuition de la petite Gladys, détective dans l’âme, tandis que le commissaire, plutôt bougon, fait grise mine. Un schéma classique du polar pour enfants, et la découverte du mystère est à la hauteur de l’énigme, somme toute décevante. Le texte, à lire en continu, de chapitre en chapitre plus ou moins brefs, est parfois, mais pas si souvent, interrompu par des images qui peuvent être animées ou interactives. On regrettera qu’elles soient surtout illustratives, et ne participent pas vraiment de l’enquête ni ne réservent quelques indices pour permettre au lecteur de mener la sienne propre. Mais la mise en pages et la présentation, graphique ou sonore, sont, quant à elles, raffinées et très plaisantes. Elles jouent sur un côté rétro avec le crépitement de la machine à écrire et la sonnerie du téléphone en bakalite, les vieux papiers, la tasse de café noir ou les étiquettes des dossiers, qui apportent un charme suranné tout à fait réussi. Les illustrations mêlent harmonieusement dessins et photographies, et les teintes fondues, plutôt sépia, ajoutent à l’aspect polar à l’ancienne. Dommage alors que l’histoire, même si elle est bien écrite, soit assez superficielle, sans véritable suspense, ni que le lecteur ne soit plus sollicité. Reste que pour les enfants de 8 ans, on trouve encore peu d’application livre, mais plutôt des jeux, et celle-ci pourra les intéresser et, peut-être, les lancer dans la lecture. On espère juste que le prochain épisode des aventures de Gladys soit un peu plus fouillé. Enquête en solo pour Gladys Krett, ou plus simplement Gladys Krett, une aventure policière écrite par Marie Alster, illustré par Steve R, développée par Electric Studio, éditée par Morey éditions, pour iPad, 5,49 euros, pour les enfants à partir de 8 ans

En fait, il en est des applications numériques comme pour les livres illustrés. Les illustrateurs sont aujourd’hui nombreux à savoir réaliser de belles images, fortes, expressives, poétiques, même si le puéril, l’anecdotique voire la mièvrerie sont aussi légion dans l’édition, qu’elle soit numérique ou sur papier. La difficulté est plutôt du côté du texte, où les histoires pèchent souvent par manque d’audace, de parti-pris, d’inventivité, et où les clichés abondent. Il plane très souvent comme une petite morale, une leçon de sagesse ou de vie, sur le bien et le mal, les bons et les méchants, la ruse et la bêtise, l’intelligence et la sottise. Bien sûr, ce n’est pas toujours aussi caricatural, mais un peu plus d’ambivalence et d’ambiguïté dans les personnages et les choix qu’ils doivent effectuer seraient souvent les bienvenues. Tout ça pour vous parler d’une autre application numérique, La princesse aux petits prouts, qui, comme la précédente, m’a laissée quelque peu dubitative, malgré les nombreuses louanges entraperçues dans la presse. Louanges tout à fait méritées pour l’illustration de Claire Gaudriot, qui d’ailleurs s’apparente beaucoup à celle de l’édition actuelle, à base de dessin, peintures, collages de vignettes découpées dans les catalogues Manufrance, sur fond de papier quadrillé comme dans un cahier. On voit même les pliures du papier, les croquis minuscules au crayon, les bouts de scotch. Un joli équilibre entre vintage et modernité. Louanges tout aussi méritées pour l’interactivité, toujours à bon escient, inventive, poétique. Ainsi ce très élégant poudrier des princesses qui reprend, mais de façon très jolie, le classique jeu du dessin sur l’écran. Ou bien ces tableaux portraits qui tombent du plafond, les bougies sur lesquelles il faut souffler pour les éteindre et ainsi plonger la salle dans le noir, ou encore le cœur du prince qui suit son fil jusqu’à la princesse en penchant la tablette, etc. Sans oublier une navigation très raffinée. Dommage alors que l’histoire, signée Leila Brient, ne fasse pas le poids. Ou plutôt, qu’à vouloir défier les clichés, elle tende, bien au contraire, à les renforcer. Un roi et une reine veulent marier leur prince de fils, toutes les princesses du royaume, plus nunuches les unes que les autres accourent au château. Mais la reine veut trouver parmi elles LA vraie princesse, aux manières raffinées, qui saura, ultime épreuve concoctée par la reine, manger un gratin de chou fleurs et brocolis sans péter à qui mieux mieux. En tapotant sur l’écran, on peut faire s’échapper des pets sonores et visuels de chacune d’entre elles, tandis que le texte, tout en circonvolutions évoque, ouvrez les guillemets, « les indélicatesses que la nature et le terrifiant gratin leur ordonnaient d’accomplir ». Pourquoi tant de manières ? Bien sûr, une princesse inattendue, aux mauvaises manières, justement, selon la reine, viendra bousculer tout ça et séduire le prince… et passera avec succès l’épreuve du gratin en émettant des prouts, ouvrez les guillemets, « exquis ». Ca ne se termine pas un mariage, mais presque, puisque prince et princesse partent voyager ensemble. Certes, on sent bien que les auteures ont voulu s’affranchir des clichés sur les histoires de princesses en proposant un autre modèle d’héroïne. Mais il n’en reste pas moins que celle-ci accepte de se soumettre aux épreuves, et ainsi de valider les critères imposés par la reine. Et cela se termine par un mariage, ou tout comme. Reine et princesses sont d’une telle niaiserie que l’image de la femme en prend vraiment pour son grade. Quant à l’intérêt de l’épreuve elle-même, le concours de pets, celui-ci est tellement incongru dans cet univers de jolies formules, de musique au clavecin et de robes à falbalas qu’on ne comprend pas vraiment ce qu’il vient faire là. Mais bon, peut-être suis-je trop sévère et que vous aurez un autre avis sur cette application qui a rencontré un beau succès critique depuis sa sortie, il y a quelques semaines. La princesse aux petits prouts, de Leila Brient et Claire Gaudriot, lue par Nadine Béchade, aux éditions Audois et Alleuil, pour iPad et Android, 4,49 euros, à partir de 5 ans.

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