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Écoute ! Il y a un éléphant dans le jardin

Ecoute ! Il y a un éléphant… # 21 octobre 2015

avec Hélène Valloteau (BM Sagan, Paris) ; Véronique Boursier (Mon premier festival)
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au programme : l’exposition "Ce fameux livre", à la médiathèque Sagan à Paris, en compagnie d’Hélène Valloteau ; Mon premier festival, avec sa déléguée générale Véronique Boursier ; la première chronique littéraire de Naïna, et des infos sur les spectacles, les livres, les CD qui viennent de paraître.

Illustration

Interview de Hélène Valloteau, c’est à 20 minutes

Ce fameux livre ! 40 illustrateurs revisitent leur livre de jeunesse, c’est le titre de l’exposition à voir pendant les vacances à la médiathèque Françoise Sagan, dans le Xe arrondissement de Paris, tout près de la gare de l’Est. 40 illustrateurs jeunesse, certains confirmés, d’autres bientôt, se sont prêtés avec entrain à l’exercice : créer une image en relation à un livre qui a marqué leur enfance. Le résultat ? Une quarantaine d’illustrations originales exposées sur les murs qui font écho chacune à un album, lui présenté sous vitrine. Autant d’illustrateurs, autant de livres, autant d’images variées, dans leur univers, leur conception, leur style, leur format, leur technique et c’est un vrai plaisir de l’œil que d’aller de l’un à l’autre, et de se laisser surprendre. Certains illustrateurs ont choisi une planche du livre qu’ils réinterprètent à leur façon, plus ou moins proche de l’original, d’autres se sont inspirés de l’ensemble de l’album, tandis que d’autres encore se sont attachés aux traces qu’ont laissées le livre dans leurs souvenirs. Les trois brigands, Bonsoir Lune, Le plus grand livre du monde, Jules Verne illustré par Riou, James et la grosse pêche de Roald Dahl sont quelques uns des livres qui ont inspiré les illustrateurs qui, et ce n’est pas là le moindre intérêt de l’exposition, expliquent en quelques mots sous chaque illustration les raison de leurs choix. Difficulté de choisir pour les uns, moments de lecture restés inoubliés pour d’autres, chacun a su trouver des mots attachants pour parler du livre resté dans sa mémoire et qui, peut-être a contribué à son avenir professionnel. Ainsi, pour Joëlle Jolivet propose une « Vache orange décalée », comme elle a appelé son illustration, car pour elle l’album La vache orange est depuis longtemps associée à la grippe qui l’avait clouée au lit, mais aussi aux techniques d’impression de l’album, tandis que la superbe illustration d’Olivier Charpentier, réalisée à l’encaustique sur carton, si, si, évoque un certain 25 avril 1974 associé dans sa mémoire à la lecture de Franquin. De la force des images et des histoires dans notre mémoire… Ce projet et cette exposition ont été initiés par l’association La Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse, par le MOTIF observatoire du livre et de l’écrit en Ile-de-France, un organisme dont l’une des missions est de renforcer le lien entre les professions du livre et par la médiathèque Françoise Sagan, qui accueille dans ses murs le fonds patrimonial de livres jeunesse de l’Heure joyeuse, dans lequel sont allés puiser les illustrateurs. Hélène Valloteau, bibliothécaire responsable de ce fonds patrimonial et l’une des commissaires de l’exposition Ce fameux livre ! l’a visitée avec moi hier après-midi. Micro.

- Site de la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse
- Sitedu MOTIF
- Blog de la médiathèque Françoise Sagan
- Facebookde l’exposition

Livres

Chronique de Naïna, c’est à 45 minutes

Le cercle des jeunes lecteurs passionnés. Lucie, Lola, Hannah, Pablo, Naïna et les autres… ; ils ou elles ont 8, 9 ,10 ou 13 ans, ils ou elles aiment lire et parler de leurs lectures. Au fil des émissions, l’un ou l’autre présente un livre de son choix, un gros roman ou un plus petit, un tout nouvellement paru ou plus ancien, un livre connu ou qui ne l’est pas encore. A son gré. Quelques mots pour introduire le livre, un petit commentaire critique, la lecture d’un extrait, et hop, c’est dans la boîte. Aujourd’hui, c’est Naïna qui se lance pour la première fois, avec un roman qui l’a touchée. Le rêveur, de Pam Munoz Ryan, illustré par Peter Sis - Bayard

Festival

Interview de Véronique Boursier, c’est à 60 minutes

Comme chaque année depuis 11 ans, pendant les vacances d’automne, Mon premier festival, le festival de cinéma jeune public de la Ville de Paris, produit par l’association Enfances au cinéma, invite les enfants et les adultes qui les accompagnent à des rendez-vous cinéphiles dans des salles obscures de la capitale. Du 21 au 27 octobre, depuis aujourd’hui jusqu’à mardi prochaine, une douzaine de cinéma art et essai, mais aussi le Forum des images et la Gaité lyriques proposent une programmation extrêmement foisonnantes, pour les petits, voire les tout-petits et les grands = films en avant-première ou films du patrimoine, films d’animation ou en prise réelle, fictions ou documentaires ou même ciné concerts, avec de nombreuses animations qui permettent de découvrir le cinéma de multiples façons, sérieuse ou plus ludique, sans oublier les prix décernés, les invités d’honneur et sa marraine Marjane Satrapi. On signalera que le prix des places est toujours à 4 euros ! L’un des fils thématiques du festival cette année s’intéresse à notre façon d’habiter le monde, on peut aussi citer le focus sur le cinéma tchèque. Comme chaque fois, le programme est très riche, plus d’une centaine de films, en témoigne l’épaisseur de la brochure que vous avez peut-être déjà dans les mains, puisqu’il bénéficie d’une communication importante. N’empêche, dans cette émission nous aimons Mon premier festival et ses nombreuses propositions, à découvrir ce matin avec sa déléguée générale, Véronique Boursier, déjà à pied d’œuvre au Forum des images d’où elle nous appelle.

- Site de Mon premier festival

Livres

Présentation de nouveautés, c’est à 48 minutes

On commence avec une histoire d’éléphant. Mon chagrin éléphant de Cécile Roumiguière et Madalena Matoso, aux éditions Thierry Magnier. Si l’éléphant tient souvent le beau rôle dans les albums pour enfants, Babar, Elmer, Pomelo, par exemple, symboles de force, de longévité, de patience, de savoir, et cetera, et cetera, c’est rare, bien plus rare que l’éléphant soit associé au chagrin ou au deuil. C’est pourtant ce que fait Cécile Roumiguière, avec beaucoup de finesse et de tact, dans cet album qui, aussi, ne manque pas d’humour. Depuis la mort de sa Mamiette, sa grand-mère, le petit narrateur est toujours accompagné de son chagrin éléphant. L’éléphant a surgi sans prévenir, comme ça, à ses côtés sur le siège arrière de la voiture, au retour du cimetière, et lui a demandé tout de go de lui chanter Une souris verte. Une souris verte, qui courait dans l’herbe, je l’attrape par la queue… Et de continuer, continuer de chanter pour lui, dans sa tête, quand les parents se sont énervés. A sa question muette, il lui a répondu « Je suis ton chagrin éléphant ». Depuis ce jour, l’éléphant ne quitte plus le petit garçon. Dans son lit, à l’école, en classe ou dans la cour, il prend beaucoup de place. Comment faire pour se débarrasser d’un chagrin éléphant ? Comment faire pour se débarrasser d’un ami encombrant ? Ou plutôt comment faire pour le convoquer seulement quand on en a envie pour partager avec lui les souvenirs de sa Mamiette ? Bien sûr le petit garçon saura trouver la solution. Voilà une jolie façon de parler de chagrin énorme, insupportable, incontrôlable. En faisant de l’éléphant un personnage tantôt complice, doué de paroles, un rien taquin et capable de faire des clins d’oeil, tantôt envahissant au point de prendre toute la place dans le lit, Cécile Roumiguière évoque avec justesse les hauts et les bas du travail de deuil, d’un petit garçon qui ne manque ni d’énergie ni de volonté pour trouver son chemin. Oreilles et pommettes rouges, trompe et ongles roses sur un corps bleu roi, l’éléphant de Madalena Matoso ne manque pas de peps ! Des aplats de couleurs vives, un dessin faussement naïf, un étonnant travail sur les perspectives et les profondeurs de champ, des compositions très graphiques… ces illustrations joyeuses et inventives intensifient le dynamisme de cet album. Mon chagrin éléphant, texte de Cécile Roumiguière, illustrations de Madalena Matoso, éditions Thierry Magnier, 13,90 euros, à partir de 4 ans.

Dans Ours et gouttes, paru chez Didier jeunesse à la fin de l’été, l’auteur Elsa Valentin et l’illustratrice Ilya Green mettent en scène et en jeu l’imaginaire des tout-petits de façon particulièrement réjouissante. Jouer à la famille ours et se déguiser en goutte, lire des fleurs pour raconter des histoires, patouiller dans la gadoue ou encore se faire poursuivre par un lion avec tous ses enfants ours dans la « motolokive »… il suffit de presque rien pour se lancer dans des aventures qui prennent fin aussi vite qu’elles ont commencé. Comme tous les jeunes enfants, l’héroïne de cet album a une imagination débordante, prête à galoper à partir de trois fois rien. Les parents, jamais loin, sont même prêts à jouer, mais pas trop longtemps. Pas grave ! Avec tous ses ours peluches, grande sœur ours a déjà fort à faire, entre les chutes dans les flaques, les courses en landau, le fil à linge pour faire sécher toute la petite famille avant d’aller chausser ses « rollers à patins ». Presque 8 ans après Bou et les trois ours – déjà une histoire d’ours -, leur premier album en commun déjà publié chez Didier jeunesse, Elsa Valentin et Ilya Green campent délicieusement, entre réalisme et poésie, le monde de la petite enfance : les déguisements, les jeux avec l’eau, la patouille, le vocabulaire approximatif…, avec un zeste de fantaisie qui fait toute la saveur de l’album. Le texte simple et rythmé, se prête aisément à la lecture à voix haute, avec des situations particulièrement bien vues. Les illustrations légères, leurs motifs colorés, l’attention faite aux détails, jusqu’à la bouille de la petite fille dans son costume d’ours, surtout quand elle fait la tête, composent avec le texte un album tout à fait réussi. Ours et gouttes, texte d’Elsa Valentin, illustrations d’Ilya Green, édité par Didier jeunesse, 12,90 euros. A partir de 3 ans.

Spectacle : Zohar ou la carte mémoire

Chronique, c’est cinq minutes avant la fin

Un théâtre où le public, et particulièrement le public enfants, est drôlement bien accueilli dans la salle, c’est leThéâtre Paris Villette dans le 19e arrondissement. Il faut dire que Chantal Albo, en charge de l’accueil du public depuis plus de vingt ans sait y faire. Non seulement elle a la voix, la présence, l’humour pour mettre les spectateurs en condition, leur rappeler les règles de base, bruit, téléphone, et cetera, mais elle sait à chaque fois renouveler avec inventivité ces consignes en fonction du spectacle. Elle a l’art de savoir inviter le spectateur à oublier le reste pour ouvrir grand yeux et oreilles. Et c’était bien sûr encore le cas lorsque je suis venu voir jeudi dernier la nouvelle création de Laurent Gutmann, Zohar ou la carte mémoire, une pièce pour les enfants dès 7 ans, et à l’affiche du théâtre jusqu’au 1er novembre. De Laurent Gutmann, nous avions aimé la féroce et jubilatoire réinterprétation du conte du Petit Poucet, qu’il était venu présenter à ce micro il y a tout juste un an. Pour son nouveau spectacle pour enfants, Laurent Gutmann n’est pas parti d’un texte existant, mais plutôt d’une thématique qu’il explore, celle de la mémoire et de l’oubli, et au-delà celle de la transmission. Comme dans sa précédente pièce, il y est question, d’abord et avant tout, des relations entre les parents et les enfants, ce qui se dit, se tait ou se cache, et de l’obligation, ou pas, de faire avec. Le père de l’héroïne, Zohar, meurt et la jeune ado n’a de cesse que de convoquer son souvenir, car l’oublier ce serait le faire disparaitre complètement. C’est que lui rappelle son père, dont le fantôme lui apparait régulièrement. Quant à sa mère, elle, elle veut refaire sa vie avec un autre homme et elle pousse sa fille à oublier, parce que rester toujours dans le souvenir empêche de vivre le présent. Se souvenir, c’est savoir d’où l’on vient, mas il faut savoir trier pour ne pas s’encombrer et avancer. Sujet sérieux, grave, important, mais que Laurent Gutmann traite, comme il sait faire, avec humour et légèreté, tels le nouveau prétendant de la mère, représentant en produits de nettoyage, habillé de blanc, et qui vit dans une maison vide et blanche, ou encore la carte mémoire, qui contient tout le passé, qu’on peut toucher, sentir, écouter. Des symboliques fortes, qui font appel aux contes et aux mythes, tels le fantôme du père, la source de l’oubli dans laquelle la mère de Zohar l’oblige à plonger. Comme dans son Petit Poucet, la scénographie est inventive, avec sa maison familiale telle une boite remplie à ras bord posée sur scène, le jeu sur le dedans et le dehors, sur les espaces, avec les lumières et juste ce qu’il faut d’effets numériques. Tiraillée entre son père et sa mère, entre fidélité et trahison, l’adolescente doit surtout apprendre à tracer sa propre route, sa propre histoire. Ce à quoi font formidablement écho la construction de la pièce et ses choix narratifs : c’est Zohar qui raconte, en s’adressant au public et en l’invitant à retourner, avec elle, sur son histoire. Dans la salle remplie d’enfants de 7, 8, 10 ans, chacun est tout ouïe, réagit, rit, répond. Se souvenir, oublier ? Zohar cèdera t’elle enfin à sa mère. Je ne vous dirai pas la fin, qui m’a d’ailleurs laissée un peu sceptique, mais ce n’est qu’un détail. Zohar ou la carte mémoire, de Laurent Gutmann, impeccablement interprétée par les trois comédiens, est un spectacle intelligent et drôle. Zohar ou la carte mémoire, écrit et mis en scène par Laurent Gutmann, au théâtre Paris Villette, à la porte de Pantin, jusqu’au 1er novembre, mercredi, jeudi, vendredi, dimanche, soit en après midi soit en début de soirée. A voir à partir de 7/8 ans et pour bien plus grands, bien sûr.
- Site duThéâtre Paris Villette

Programmation musicale

- Les secrets des éléphants, par la Cie Alume Ciel - Les chansons d’Alume Ciel (Victor Mélodie, 2015)
- Une nuit dans la maison, raconté par Gilles Bizouerne - Au lit (Ouï dire, 2015)
- Winter Wonderland, par Louis Armstrong - Jazz sous la lune (Didier jeunesse, 2015)
- Un jour sans, par Sophie Forte - Je déménage (Victorie Music, 2015)
- Des collages, par Catherine Fontaine et Marie - Quand les couleurs s’en mêlent (2015)
- La mémé et la mouche, par Thomas Hellman et Emilie Clepper - La mémé et la mouche (La montagne secrète, 2015)

Les annonces de spectacles

- Au lit !, par Gilles Bizouerne, à la bibliothèque André Malraux à Gennevilliers, vendredi 23 octobre, 10h30, dans le cadre de Rumeurs urbaines
- Abuglubu, par Abel, au Zèbre de Belleville, jeudi 22 et 29 octobre, ) 17 heures
- Je déménage, par Sophie Forte, au théâtre Essaion, mercredi 18 heures, jusqu’au 25 novembre
- Chiens de tous poils, ciné-concert de Joseph d’Anvers, Les Trois Baudets, du 27 au 31 octobre, 11 h et 15 h.

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