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Écoute ! Il y a un éléphant dans le jardin

Emission du 22 octobre

Véronique Boursier (Mon premier festival) ; Laurent Gutmann (Le Petit Poucet)
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Cinéma

Interview de Véronique Boursier, c’est au début

Edition anniversaire de Mon premier festival puisque ce festival de cinéma jeune public que nous aimons suivre dans cette émission, souffle ses dix bougies. Il commence aujourd’hui dans 11 cinémas d’art et d’essai de Paris. Comme tous les ans, ce festival initié par la Ville de Paris et organisé par l’association Enfances au cinéma, se déroule pendant les vacances de la Toussaint, donc du 22 au 28 octobre, avec pas moins de 100 films programmés, avec 200 séances de projections et animations pour les enfants dès 2 ans. Des sélections thématiques, des reprises, des inédits, des avant-premières, des ciné concerts, des rencontres, un prix du jury, des ciné contes, ciné débats ou même ciné danses et autres ateliers, le festival propose de multiples façons de découvrir le cinéma qui rendent ces séances vraiment exceptionnelles. Et on ajoutera qu’il y a tarif unique à 4 euros. Pour ce dixième anniversaire, un invité prestigieux, Michel Ocelot, mais également des surprises spéciales dixième anniversaire, que va certainement nous dévoiler Véronique Boursier, coordinatrice de Mon premier festival, déléguée générale de Enfance au cinéma.

Site de Mon premier festival

Théâtre

Interview de Laurent Gutmann, c’est à 30 minutes

On ne choisit pas ses parents ; mais qu’ils soient simples bûcherons ou qu’ils soient ogres, les plus aimants ne sont pas forcément ceux que l’on croit. Si dans le Petit Poucet de Charles Perrault, c’est la mort dans l’âme et poussés par la famine que les parents abandonnent leurs enfants dans la forêt, ce n’est pas tout à fait le cas dans l’adaptation, dans la réécriture contemporaine qu’en a faite pour la scène Laurent Gutmann. Des parents immatures, aussi pauvres financièrement que culturellement ; incapables d’attention à leur enfant unique qu’ils crient aimer mais ne voient pas grandir, qu’ils n’écoutent même pas, seulement préoccupés d’eux-mêmes, et dont les seuls centres d’intérêt tournent autour du basket et de leurs parts de pizza. Alors Petit Poucet, impassible, a choisi de se taire, a vieilli sans grandir, à la fois adulte et enfant – et c’est donc Jean-Luc Orofino, un adulte de très petite taille, costume cravate, qui l’interprète sur scène. Mais du monde, Petit Poucet ne connaît rien encore, et quand il est abandonné dans la forêt par ses parents, il va connaître les terreurs et l’angoisses de tout enfant, la peur de l’abandon, la peur de la dévoration. Comme dans tout conte, il sortira grandi de ce parcours initiatique, après avoir passé une nuit terrible chez l’ogre et l’ogresse, un couple de parents à l’opposé des siens, amoureux, gais et aimants, mais dont il devra tuer leur fille unique pour se sauver lui-même. Il lui aura donc fallu être abandonné par ses parents pour pouvoir enfin trouver sa véritable place auprès d’eux et prendre la parole, même si ceux-ci sont surtout, et avant tout, intéressés par le pactole qu’il rapporte. Le Petit Poucet, ou du bienfait des balades dans l’éducation des enfants, la pièce écrite et mise en scène par Laurent Gutmann est à la fois féroce et jubilatoire, terrifiante et savoureuse. Par le texte, aux dialogues enlevés et vifs, par la mise en scène, ouverte sur l’imaginaire, comme par le jeu des acteurs. Qu’ils interprètent les parents ou bien le couple d’ogres, Jade Collinet et David Gouhier, se glissent dans la peau de leurs personnages avec délectation et font souvent rire. Chez les parents, tout se passe autour de la table, une simple table de bois sur le côté de l’avant scène, où les parents se goinfrent de pizza en y mordant à pleines dents. Chez l’ogre aussi, il y la table du repas de l’ogre, à laquelle viennent s’ajouter les deux petits lits où aura lieu l’échange des couronnes. Tandis que la vaste forêt, elle, sous forme d’images vidéo projetées sur de grand et hauts voilages, s’enfonce toujours plus loin vers l’arrière du plateau, offrant tout l’espace à l’imaginaire, mais aussi à la peur et aux angoisses, une forêt qu’on imagine peuplée d’ombres et de loups. Mais comme pour rappeler qu’il s’agit avant tout d’une histoire et établir la distance nécessaire avec tout ce qu’elle raconte, dès les premiers mots de la pièce, le père et la mère se présentent au public. Alors petits et grands peuvent frissonner en toute quiétude. Le petit poucet, ou du bienfait des balades en forêt dans l’éducation des enfants, a été créée début 2012 et n’a cessé de tourner depuis. On peut voir la pièce jusqu’à dimanche au Théâtre Paris Villette puis dans plusieurs grandes villes en France. C’est un spectacle à partager avec les enfants dès 9 ans, que nous vous invitons à découvrir ce matin avec son auteur et metteur en scène, Laurent Gutmann

Voir un extrait du spectacle

Livres

Chronique de Lucie, c’est à 70 minutes

Nouvelle chronique dans cette émission, chronique littéraire, avec Lola et Lucie, respectivement 11 et 8 ans. Deux passionnées qui présenteront chacune tour à tour ou ensemble un livre qu’elles ont aimé, ou pas, au fil de leurs lectures et de leurs envies en suivant les semaines. Des gros romans ou des plus petits, des tout nouvellement parus ou des plus anciens, des connus ou d’autres qui le sont moins. A leur gré. Quelques mots pour présenter le livre, un petit commentaire et la lecture d’un extrait pour faire entendre les mots de l’auteur. Aujourd’hui, on écoute Lucie ; pour sa première chronique, elle présente un roman qui l’a beaucoup fait rire : Le chevalier qui cherchait ses chaussettes, de Christian Oster (L’école des loisirs, Mouche, 2007)

Informations

Le spectacle, c’est à 60 minutes ; Les livres, c’est à 75 minutes

Les contes traditionnels n’en finissent pas d’inspirer les créateurs contemporains, on l’a évoqué tout à l’heure avec Laurent Gutmann, mais c’est également le cas avec l’étonnante et troublante Ilka Schönbein, marionnettiste, comédienne qui joue en ce moment Sinon je te mange, au Mouffetard, théâtre des arts de la marionnette, jusqu’à dimanche prochain. Un spectacle pour corps et marionnettes, spectacle musical également, inspiré par Le Loup et les sept chevreaux, un des contes des frères Grimm, le loup qui trompe les chevreaux en glissant sa patte blanche qu’il trempée dans la farine , et les mange sauf le tout-petit. Lecture multiple de ce conte cruel, et du spectacle, comme pour rappeler que le loup a mille et une manières de se déguiser pour mieux se cacher jusque dans notre propre maison, et qu’il sait se faire mielleux pour mieux nous amadouer. Fascinante Ilke Schonbein qui anime avec tout son corps et son visage, des figures, des objets et des masques pour faire apparaitre des êtres multiples : Une vieille femme et une chèvre se font face, leurs corps ne font qu’un. La chèvre a autrefois survécu au loup, la vieille femme a d’autres maux. Elle raconte leurs histoires, les entremêle, passe du passé au présent en un tour de passe passe ; et le loup, toujours présent. Sans oublier P’tit loup, qui tient la boutique de fromages de chèvre et qui a laissé filer une carrière de musicien de rock. Interprété par Alexandra Lupidi, chanteuse et musicienne touche-à-tout, qui accompagne avec grande complicité et humour Ilka Schonbein dans nombre de ses spectacles. Tout au long du spectacle, musique klzemer et chansons yiddish, comptines et chanson enfantines, à entendre à divers degrés comme ce terrible « Ils étaient trois petits enfants qui s’en allaient glaner aux champs », la légende de Saint Nicolas. Des pieds à la tête, sans oublier la langue qu’elle tire volontiers vers le public, Ilke Schonbein ne fait qu’une avec ses personnages, avec humour, tendresse, férocité. Et émeut terriblement. Spectacle pour adultes assurément. Pour enfants ? je ne sais pas, tant l’allégorie sur l’Holocauste traverse tout le spectacle, mais dans la salle dimanche dernier, les enfants qui, bien sûr ne font pas cette lecture-là du spectacle, étaient tout ouïe. Sinon je te mange, de Ilke Schönbein, au Mouffetard, théâtre des arts de la marionnette jusque dimanche prochain.

Nikolaus Heidelbach est un auteur-illustrateur allemand étonnant et surprenant, dont l’univers aux tonalités surréalistes embarque dans un monde imaginaires aux multiples fenêtres. Viennent de paraître aux éditions des Grandes personnes deux albums, Que font les petites filles aujourd’hui, et Que font les petits garçons aujourd’hui, qui s’inscrivent dans la continuité de Au théâtre des filles et Que font les petits garçons parus respectivement en 1993 au Sourire qui mord et en 2000 au Seuil jeunesse, et depuis longtemps épuisés. Même présentation, sous forme d’abécédaire, pour 26 portraits tableaux de filles et 26 de garçons, loin des clichés ou des stéréotypes habituels. Des enfants qui cherchent chacun à leur façon leur identité, entreprennent, tentent de vivre leur rêve ou selon leur fantaisie, osent ou n’osent pas, s’interrogent et ne se montrent pas forcément sous leur meilleur jour, telle Hedwige qui attend et espère que quelqu’un va tomber dans son livre piège, ou Tiphaine qui offre à sa sœur terrorisée d’effroi, un tour de manège gratuit. Au contraire des petites vignettes qui ornent les lettrines campant des garçons en diablotins, et les filles en angelots, les enfants ne sont pas toujours ce que l’on croit qu’ils sont. Ils sont traversés de pulsions, de désirs et de curiosité, tout autant que de craintes ou d’hésitations. Et c’est sans détour que Heidelbach aborde la mort ou la sexualité, deux tabous dans la littérature jeunesse. Monstres, bestioles petites ou grandes peuplent l’imaginaire de ces enfants-là. Chaque illustrations, jouant à la fois sur le décalage, l’étrangeté, le mystère, la symbolique, les ellipses ou les non dits, est soulignée d’une légende dont l’ironie ou la causticité, souvent délicieuses, ouvre à de nouvelles interprétations. Les tonalités vert d’eau et brunes, les arabesques et les motifs des papiers peint différents à chaque page, les jeux sur les lignes et les courbes qui composent les scénographies, tous ces éléments caractéritsiques des livres de Nikolaus Heidelbach, participent grandement à ‘leur intérêt. Que font les petites filles aujourd’hui ? Que font les petits garçons aujourd’hui ?, deux albums de Nikolaus Heidelbach, traduits de l’allemand par Marc Porée, édité par les Grandes personnes, 13,50 euros chacun. A partir de 5 ans

Comptines et berceuses tsiganes vient de paraitre aux éditions Didier jeunesse, livre CD qui vient compléter cette superbe collection Comptines du monde consacrée aux chansons et formulettes de la petite enfance du monde entier. Nathalie Soussana en a assuré le collectage et les vingt-quatre chansons sont interprétées, entre autres, par des artistes tels Johnny Montreuil, Bielka et Souliko, ou on citera encore le violoniste Bruno Girard du groupe Bratsch. Musiques de films, chansons traditionnelles, improvisations s’entremêlent, la plupart en romani, langue officielle des roms, mélangé à la langue du pays d’où elles sont originaires, Roumanie, Hongrie, Russie, Turquie. Mais peu de berceuses ou comptines, car comme l’explique Nathalie Soussana, ce répertoire spécifique n’existe pas vraiment chez les tziganes. Mais des chansons tradtionnelles qui racontent l’histoire d’un peuple, souvent tragiques mais pleines d’espoir et de rêves, et que les enfants s’approprient facilement. Comme pour la plupart des CD de cette collection, Jean Christophe Hoarau a assuré la direction des musiciens et la réalisation musicale. Dans le livre, aux couleurs chatoyantes de Nathalie Novi, toutes les paroles sont reproduites dans leur langue d’origine et traduites en français, et comme toujours en fin d’ouvrage, es commentaires, par Nathalie Soussana, qui expliquent l’origine et l’histoire de la chanson. Comptines et berceuse tsiganes, de Nathalie Soussana et Jean Christophe Hoarau, illustré par Nathalie Novi, 23,50 euros, livre CD pour les tout petits et leurs ainés. On écoute Ah mori chej, par Johnny Montreuil, une berceuse hongroise écrite et mise en musique par Josef Balogh pour sa petite fille.

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