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Écoute ! Il y a un éléphant dans le jardin

Ecoute ! Il y a un éléphant… # 24 avril 2013

avec Valérie Cussaguet (Les fourmis rouges) ; Cédric Chaffard (libraire, pour les prix Sorcières)
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Au programme : Les Fourmis rouges, la toute nouvelle maison d’édition créée par Valérie Cussaguet, fait paraître ses trois premiers albums : rencontre avec une éditrice passionnée d’images. Les prix Sorcières, décernés chaque année par l’Association des librairies spécialisées jeunesse, ont été remis en avril : le palmarès est présenté par Cédric Chaffard, libraire à Lyon. Sans oublier la chronique d’Edgar Chaumond et la lecture de Lionel Chenail.

L’édition jeunesse

C’est au début

Les fourmis rouges, quel nom intriguant pour une maison d’édition. Car il en va du choix d’un nom pour une maison d’édition, comme – presque – du choix d’un prénom pour un enfant : cela n’a rien d’anodin. On est souvent déçu de la sobriété de certains éditeurs qui se contentent d’apposer leurs propres patronymes. D’autres noms, au contraire, excitent la curiosité, suscitent déjà tout un imaginaire et donnent d’emblée envie d’ouvrir les livres, qu’on espère à la hauteur de son attente. Avec les trois premiers albums de la toute nouvelle maison d’édition Les fourmis rouges, lancée par Valérie Cussaguet, on n’est pas déçus ! Des livres qui séduisent autant par leurs choix graphiques que par leurs histoires, un rien piquantes, et par la qualité de leur écriture ; des livres qui amusent, émeuvent ou font frissonner ; des livres qui s’adressent aux enfants, bien sûr, mais aussi aux adultes qui les liront avec eux. Ainsi, tous les instantanés du quotidien, joyeux ou plus dramatiques évoqués dans Il était mille fois, écrit par Ludovic Flamant et illustré par Perrine Perret, résonneront chez les enfants comme chez les adultes. Peut-être pas de la même façon, bien sûr, mais tout aussi forte. «  Il était mille fois… Un petit garçon qui avait avalé une bille, un lapin qui perdait ses poils, une fille qui élevait des escargots dans sa boîte aux lettres…. », les images de Delphine Perret, malicieuses, font surgir les souvenirs et d’autres images. La nuit dans mon lit, de Julien Roux, met en scène avec humour les terreurs nocturnes, qui se plient avec brio aux contraintes graphiques que s’est imposé l’auteur en jouant avec le noir et des triangles de couleur. Quant à Ephémère de Frédéric Marais, tout en raffinement et légèreté, dans l’illustration comme dans son écriture, il aborde la question toute philosophique de la brièveté de la vie avec beaucoup d’humour, à travers le récit de vie d’un éphémère. Avec de superbes illustrations à hauteur d’insectes, principalement dominées par le noir, un vert vif et un violet profond. Superbe. On retrouve dans tous ces albums un même soin apporté à l’objet, à la qualité du papier et de l‘impression, au choix de la typographie, du format et de la mise en pages ; une même attention à mettre en valeur au mieux l’univers de chacun des créateurs. On retrouve l’exigence de la démarche éditoriale de Valérie Cussaguet que nous lui connaissions déjà aux éditions Thierry Magnier où elle a été responsable des livres d’images pendant plus de 13 ans. Avec ces trois albums, Les fourmis rouges font une belle entrée dans le monde de l’édition jeunesse, et même de l’édition en général puisque paraît au tout début du mois de mai un livre illustré signé François Morel et Martin Jarrie, plutôt pour les adultes. Aussi, ce matin, je vous invite à découvrir les éditions les Fourmis rouges avec Valérie Cussaguet, que je suis allée rencontrer il y a quelques jours.

Les librairies jeunesse

C’est à 60 minutes

Depuis vingt-six ans, l’association des librairies spécialisées jeunesse, qui rassemble une bonne cinquantaine de librairies en France, et en collaboration avec l’Association de bibliothécaires de France, décerne chaque année les prix Sorcières. Les prix Sorcières, c’est d’abord la mise en lumière de 30 livres, dans différents genres, qui ont retenu toute l’attention des libraires et bibliothécaires au cours de l’année précédente, pour en primer finalement 6. Comme pour tous les prix littéraires, il s’agit pour le jury d’arriver à s’accorder sur les critères de sélection, mais surtout de lire les dizaines et centaines d’ouvrages qui paraissent chaque année, pour parvenir à faire son choix. Les prix Sorcières 2013 ont été décernés le 12 avril dernier lors de la Fête du livre de jeunesse de Villeurbanne, et comme chaque année dans cette émission, nous vous proposons d’en découvrir le palmarès, avec Cédric Chaffard, libraire de la librairie A tire d’aile à Lyon, et coordinateur de la commission du prix Sorcières.

La chronique d’Edgar

C’est à 50 minutes

Edgard Chaumond, journaliste stagiaire à Aligre FM, a tendu son micro aux enfants pour parler de leurs passions. Lucas, 10 ans, et Adèle, 12 ans, évoquent une passion partagée : Kolanta !!

Lecture

C’est à 75 minutes

Lionel Chenail lit un extrait d’un roman de littérature générale sur le thème de l’enfance : Les tendres plaintes, Yoko Ogawa (Actes Sud, 2010)

Manifestations

C’est à 40 minutes

Après Une chenille dans le cœur de Stéphane Jaubertie, mis en scène par Bruno Lajara, et Costa le rouge écrit par Sylvain Levey, mis en scène par Julien Bouffier, Même les chevaliers tombent dans l’oubli est la troisième pièce de théâtre jeune public qui répond à une commande de 6 structures culturelles de Seine-Saint-Denis, avec le soutien du Conseil général, cette fois à Gustave Akakpo pour son écriture, et à Matthieu Roy, directeur de la compagnie du Veilleur, pour sa mise en scène et sa diffusion. Depuis 2008, par ce compagnonnage et cet accompagnement, ces théâtres affirment leur engagement pour un travail spécifique vers le jeune public. Le Théâtre des Bergeries de Noisy-le-Sec, l’Espace Jacques Prévert d’Aulnay sous Bois, le Forum culturel du Blanc Mesnil, l’Espace 1789 de Saint Ouen, l’espace Simenon de Rosny-sous-Bois, la ville de Pantin et le Département de la Seine-Saint-Denis sont à l’initiative de ce projet, une commande d’écriture et de mise en scène. Et bien sûr elles accueillent tour à tour, depuis la fin mars jusque fin mai, la pièce Même les chevaliers tombent dans l’oubli, qui tourne aussi dans d’autres théâtres du département. Qu’est-ce que l’identité ? Est-ce notre peau, la couleur de notre peau, notre enveloppe charnelle qui nous définit, parfois à notre corps défendant ? Tel est le fil conducteur de cette pièce, mettant en scène des jeunes adolescents, à cet âge de l’entre-deux où il leur semble que leur peau craque de partout, et qu’il est temps de quitter l’enfance, quitter sa carapace pour avancer vers l’âge adulte. Le fameux complexe du homard décrit par Françoise Dolto. Mais ici, ce n’est pas l’aspect psychologique de la pré-adolescence qui a intéressé Gustave Akakpo, mais tout ce que la couleur de la peau, noire ou blanche, implique dans le regard des autres mais aussi dans le sien propre, sur son identité culturelle. La question de l’altérité et de l’intégration, qui se pose à tant d’enfants, en Seine-Saint-Denis comme ailleurs. Ainsi, parce qu’il a la peau noire, le jeune Mamadou est invité par l’enseignante, croyant bien faire, à parler de la culturel du pays d’où il vient, alors qu’il est né en France et ne connaît que son quartier. « La maîtresse, elle raconte n’importe quoi ! Je suis comme vous : je n’ai pas de culture. Je viens d’ici », insiste-t’il. George, elle, aurait su quoi répondre à l’enseignante. Car si elle a la peau blanche, elle rêve qu’elle est noire, se sait noire. D’ailleurs, elle a un secret : elle a deux peaux, celle de la maison, une peau blanche, et celle pour le dehors, une peau noire. Et tous ses camarades croient qu’elle est née en Afrique, dont elle semble tout connaître, jusqu’à ses légendes, comme celle du dragon saint georges. Mais peut-on se choisir une autre famille que la sienne, une autre culture ? George perd ses deux peaux, disparaît peu à peu aux yeux de tous. Aux yeux de sa mère, d’abord, mais qui n’a jamais vraiment fait attention à elle ; de ses amis aussi, mais c’est grâce à eux, et d’une manière étonnante, qu’elle va reconstruire sa nouvelle identité. Une identité faite de tous, parce que c’est ainsi qu’on peut grandir, ici comme ailleurs.. Par son écriture imagée, poétique, contemporaine, où les mots et les sonorités ricochent, Gustave Akakpo insuffle rythme et énergie auxquels fait écho la mise en scène de Matthieu Roy, en particulier avec ce très intéressant et réussi travail sur les comédiens et la scénographie. Ainsi George est jouée tour à tour par une Béninoise et une Française. Le groupe d’enfants, lui, est ingénieusement représenté en images vidéo noir et blanc, 5 ou 6 ados, projetées en très grand format sur un mur d’écran mobiles, telles des ombres protectrices… ou pas. Véritable chœur d’enfants chez qui les mots, les phrases glissent de l’un à l’autre, sur cadence de rap, son rôle est de première importance. Quant à l’ingénieux dispositif d’écrans, avec ses différents effets spéciaux, il participe avec efficacité de l’ambiance, entre réalisme et fantastique, qui traverse toute la pièce, Même les chevaliers tombent dans l’oubli laquelle s’adresse avec intelligence et inventivité, aux enfants comme aux adultes. Nous avions espéré la venue de Gustave Akakpo et Matthieu Roy mercredi dernier ici même. Nous les avons attendus. Hélas, de mauvais concours de circonstances ont empêché et l’un et l’autre de pouvoir être avec nous. Dommage ! La pièce, par la compagnie du Veilleur, est actuellement en tournée, depuis fin mars, en Seine-Saint-Denis. Les prochaines dates sont les suivantes : Demain et vendredi à Pantin : Jeudi 25 avril à 14h30 et 19h30, vendredi 26 avril à 14h30 : Théâtre au fil de l’eau ; puis du 13 au 17 mai au théâtre de l’Echangeur, à Bagnolet ; Les 21 et 22 mai au théâtre Simenon, à Rosny sous Bois ; et les 24 et 25 mai à l’Espace 1789 de Saint-Ouen

A laMaison des métallos, dans le 11e arrondissement, reprise du Petit Chaperon rouge de Joël Pommerat, jusqu’au 5 mai. Superbe spectacle, tant pour le texte que pour la mise en scène. C’est le premier spectacle jeune public conçu par Pommerat qui, depuis, en a réalisé plusieurs autres. Etonnante réflexion sur la filiation, la transmission féminine et maternelle, dans une scénographie à la fois sobre et très suggestive. Si vous pouvez, allez-y ! aujourd’hui > 14h30, les jeudis 25 avril et 2 mai > 14h30 et 20h, les vendredis 26 avril et 3 mai > 20h, les samedis 27 avril et 4 mai> 19h, les dimanches 28 avril et 5 mai > 16h

Depuis lundi dernier et jusqu’au 5 mai, le Festival du jeu de la ville de Saint-Ouen a pris ses quartiers à la Nef Lucien Belloni, à l’île de Vannes. Comme chaque année, ce grand complexe sportif s’est transformé en un immense terrain de jeux, dans une scénographie grandiose qui crée un climat, une ambiance à la fois chaleureuse, magique, à chaque fois sur un thème différent. Après le voyage et les milles une nuits les deux années passées, c’est le thème plus abstrait de la forme, du volume et du mouvement qu’a retenu l’équipe du Service enfance de la ville, qui organise ce Festival du jeu depuis plus de 24 ans. Des artistes plasticiens ont décliné ce thème, entre autres à travers l’art cinétique, pour planter le décor, tandis que les animateurs ont soigneusement sélectionné les jeux : jeux de construction, jeux d’encastrement, jeux d’équilibre, jeux de circuit-parcours, jeux d’optique, jeux de perspectives, jeux dans l’espace, qui seront répartis dans six espaces. Pendant deux semaines, avec les écoles cette semaine, avec les centres de loisirs la semaine prochain, avec le tout public le week end du 4 et 5 mai, les quarante animateurs accueillent, mais surtout accompagnent les enfants pour leur faire découvrir un maximum de jeux, anciens ou tout récents, leur expliquer les règles, les aider à avancer. Les enfants circulent comme ils veulent, jouent seul ou à plusieurs, entre enfants ou avec des adultes. Depuis longtemps, 24 ans donc, le jeu est un axe fort de la politique éducative défendue par la ville de Saint-Ouen qui propose de nombreux rendez-vous autour du jeu tout au long de l’année, dont le Festival du jeu représente bien évidemment l’événement phare, à ne pas manquer. D’autant que l’entrée est gratuite pour l’accueil tout public, les samedi et dimanche 4 et 5 mai. Toutes les infos pratiques sur le site de la ville de Saint-Ouen.

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