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Écoute ! Il y a un éléphant dans le jardin

Emission du 24 octobre 2012

avec Juliette Arnaud, pour son roman ; et Juliette Crochu, pour la Fête du cinéma d’animation
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Fête du cinéma d’animation

Depuis le 20 octobre et jusqu’au 31 octobre, les passionnés du cinéma d’animation, petits ou grands, sont à la fête, puisque la onzième édition dela Fête du cinéma d’animation se déroule dans toute la France. Coordonnée par l’AFCA, l’Association française du cinéma d’animation, la Fête se déroule chaque année en octobre, avec pour point d’orgue la Journée internationale du cinéma d’animation, le 28 octobre. Projections, ateliers, rencontres, débats, expositions se déroulent dans des cinémas, centres culturels, médiathèques, écoles pour faire découvrir la richesse de ce secteur de la création, aux néophytes comme aux amateurs, avec cette année, un focus particulier sur le cinéma croate. Pour présenter cette onzième édition, rencontre avec Juliette Crochu, coordinatrice générale de la Fête. C’est en début d’émission.

Livres pour enfants

Pour son premier roman pour les enfants, et son premier roman tout court, Juliette Arnaud a vraiment réussi son coup. Arsène, paru aux éditions Casterman à la fin de l’été, est non seulement drôle, attachant, chaleureux, mais l’histoire tout autant que l’écriture et la construction du roman sont savoureuses. Georges, le héros et narrateur, qui fait son entrée en sixième, est du genre premier de la classe, petit, myope, passionné de foot, sans un seul copain mais une grande amie, tout aussi solitaire, la fille de la concierge de son immeuble parisien. A eux deux, ils font la paire, chacun dans son genre. Mais le jour où il découvre par la fenêtre, de l’autre côté de la cour, une nouvelle voisine, il est totalement fasciné et va tout faire pour rencontrer la jeune femme et attirer son attention. Prêt à tout, même à promener son chien tous les jours. Amoureux, aux petits soins pour cette jeune femme, qui est charmée par ce jeune garçon mais ne fait pas vraiment attention à lui. Elle, on le devine très vite, est à la dérive, rongée par un secret, mais quand sa vie prend une tournure inquiétante, c’est Georges et son amie Lita qui lui permettront de retrouver pied. Mais d’Arsène, la jeune femme que le garçon a surnommée ainsi, le lecteur n’en saura pas beaucoup, car tout est vu et dit à travers les yeux de Georges. C’est lui qui raconte les quatre saisons que va durer leur relation, dans une langue orale, à la fois vive et très littéraire, aux tournures et aux expressions qui retiennent l’attention, drôles et inventives. Mais, et c’est une autre subtilité du roman, viennent s’insérer aussi les pensées d’autres adultes, qui donnent leur point de vue sans être trop intrusifs : le libraire du quartier, des professeurs, et qui permettent au lecteur d’avancer dans le récit pas tout à fait au même rythme que Georges, de comprendre des choses qu’il n’a pas comprises, mais aussi d’apporter une certaine gravité. Tous les adultes, parents y compris, sont positifs dans ce roman, même si ils sont souvent solitaires et reclus dans leurs souvenirs, c’est Georges à sa façon qui les fera évoluer. Sans oublier sa grand-mère qui est son point de repère, mais qui vit loin. Et lui, bien sûr, apprend à grandir, à faire des deuils, à commencer par celui de son grand-père tant admiré, mais aussi celui d’Arsène. Aussi la fin de Arsène n’est-elle pas vraiment heureuse, et l’on pourrait dire de ce roman qu’il est à fois drôle et doux-amer, grave et léger. Par sa façon d’écrire, très visuelle, presque cinématographique, par les nombreux détails Juliette Arnaud rend tous ces personnages crédibles et attachants, les enfants comme les adultes. Jusqu’à la bande son musicale, puisque Arsène a entrepris de faire la culture musicale rock de Georges ! Arsène, est à lire dès 10-11 ans et encore plus grand. C’est le premier roman de Juliette Arnaud, déjà rompue à l’écriture pour le théâtre et le cinéma, et c’est avec grand plaisir que nous l’avons rencontrée il y a quelques jours, dans un café parisien, pour évoquer ce roman. C’est à 35 minutes du début.

Spectacles

Andiamo ! c’est le titre du spectacle circassien proposé par la Compagnie Moralles à l’espace Cirque du théâtre Firmin Gémier à Antony, jusquà dimanche. Enfin plus précisément, non pas la compagnie Moralles mais la Famille Moralles, de la grand-mère au gamin de 5 ans, pas moins d’une quinzaine de personnes qui accueillent le public sous le chapiteau, comme d’ailleurs, elles salueront chacun des spectateurs, un à un, à la sortie. 15, frère, sœur, beau-frère et belle-sœur, et enfants réunis autour d’une grande tablée, victuailles de fin de repas sur la table, tandis que le public entre et s’installe sur les bancs tout autour de la scène. De temps en temps, l’un ou l’autre enfant s’avance pour exécuter un numéro. Quand tous les spectateurs sont installés, le spectacle peut commencer. Quoique. C’est là une des grandes forces du spectacle Andiamo, ce joyeux bazar qui semble dominer, chacun s’affairant, l’un à jongler, l’autre à quelques acrobaties, sans que l’on sache vraiment si le spectacle a vraiment commencé. Puis peu à peu les numéros s’organisent, les personnalités s’affirment, et la bonne humeur, la jovialité portent chacun de ces numéros, certains classiques, d’autres plus inventifs. Comme dans toute famille, ça se chamaille, ça se réconcilie, ça s’amuse, ça se jalouse. Il y a le grand échalas, pas si naïf ni si dadais qu’il en a l’air ; il y a le bon vivant, accordéon sur le ventre, toujours disposé à pousser la chansonnette et à sortir une blague ou un jeu de mots à deux balles ; il y a les mères prêtes à défendre becs et ongles leur progéniture, en l’occurrence, deux jeunes filles qui rivalisent de sourires et de prouesses au cerceau, ou bien encore le grand ado qui doit faire ses preuves. Un spectacle joyeux aussi par la place donnée à la musique, jouée en live – accordéon, guitare, guitare électrique, guitare basse, trompette, percussion – et à la chanson, traditionnelle ou plus contemporaine, jazzy ou rock, tango ou fanfare de l’est, avec humour et poésie, interprétées par toute la famille, mais plus particulièrement par Sylvie Delaire, qui se révèle une sacrée chanteuse ! Aux numéros de voltige, d’acrobatie, de magie, de jonglage, succèdent d’autres numéros moins spectaculaires mais très jolis. Ainsi, si il n’y a pas d’animaux, des vrais, comme dans les cirques traditionnels, ils sont pourtant là sur la scène, mais à leur façon. Par exemple, avec ce très joli numéro où Bastien Berrocal Mestre transforme une grande boite faite d’une toile blanche en une otarie avec ballon rouge sur le nez, en pliant et repliant cette toile comme un immense origami. Ou encore cette scène pleine d’humour où toute la famille, dents en avant, fait une véritable démonstration de kung-fu qui évoquent, bien évidemment, un numéro de fauves. Un grand bravo. Andiamo, par la famille Morallès, dans une mise en scène de Serge Dangleterre, a commencé le 12 octobre, et les représentations se terminent ce dimanche. Aujourd’hui à 15 heures, jeudi et vendredi à 20 heures et dimanche à 16 heures, à l’espace Cirque duthéâtre Firmin Gémier à Antony. Toutes les infos sur le site du théâtre Firmin Gémier. Et même si ce n’est pas un spectacle destiné particulièrement aux enfants, on peut le voir avec des enfants à partir de 5 ans.

La Comédie Tour Eiffel est un tout petit théâtre niché au cœur du 15e arrondissement, rue Desaix, un élégant petit théâtre qui peut accueillir une cinquantaine de spectateurs, les petits assis devant, et les adultes derrière. Petite goutte d’eau deviendra grande est un spectacle conçu pour les petits dès 3 ou 4 ans, même si le théâtre le propose pour des enfants encore plus jeunes. Sur la petite scène, du sable, des bruits de mer, des pâtés de sable et Laure Majnoni, la comédienne, assise un livre d’images à la main, attend que tous les enfants soient installés. Le voyage de la goutte d’eau peut commencer. Avec poésie et de jolies images visuelles, la petite goutte d’eau raconte avec simplicité comment la goutte d’eau de mer devient nuage, pluie, neige, rivière, torrent ou fleuves, pour redevenir goutte d’eau de mer. Si le propos didactique est toujours en arrière-plan, le spectacle veut surtout mettre tous les sens en éveil, sentir les gouttes d’eau sur la main, respirer l’odeur de la pluie, oui, oui, sentir l’odeur de la pluie, mais aussi tomber les flocons de neige. Un théâtre d’ombres, pour suivre le poisson qui descend la rivière, des marionnettes pour croiser le castor ou les méduses, de jolis jeux de lumière, mais aussi des chansons et des comptines que les enfants connaissent. Avec légèreté, Laure Majnoni chante, danse, joue et raconte, invitant régulièrement les enfants à intervenir, juste ce qu’il faut pour maintenir leur attention. Sans oublier la goutte d’eau qui se métamorphose tout au long du spectacle. Un spectacle fin et poétique. Petite goutte d’eau deviendra grande, mise en scène de Sophie Hoyer, interprétée par Laure Majnoni, à la Comédie Tour Eiffel, rue Desaix dans le 15e arrondissement, tous les samedis à 16 heures, à partir de 4 ans. Le spectacle dure 35 minutes. Un prix spécial est réservé aux auditeurs d’Aligre FM. Il vous suffira de dire que vous venez de dire que vous venez de la part d’Aligre FM pour avoir un tarif réduit de 30%.

Film

Le jour des corneilles, c’est d’abord un roman de l’auteur québécois Jean-François Beauchemin, paru en 2004, aux éditions Les Allusifs, aujourd’hui épuisé. Comme vont d’ailleurs être bientôt malheureusement indisponibles tous les ouvrages des Allusifs, puisque nous avons appris, avec beaucoup de tristesse, que la maison, au catalogue si riche et si intéressant, avait déclaré faillite au début du mois. Le jour des corneilles, c’est aujourd’hui un film d’animation, réalisé par Jean-Christophe Dessaint, sur un scénario d’Amandine Taffin, adapté donc du roman de Jean-François Beauchemin, qui ne l’a pas écrit pour les enfants. Ce n’est d’ailleurs pas un roman pour enfants, même si l’enfance, et plus précisément l’impossible amour d’un enfant pour son père en est le sujet principal. Un père cruel, qui s’est retiré du monde avec son fils en plein cœur de la forêt et qui l’élève en toute sauvagerie. Du roman, Amandine Taffin a fait un superbe récit pour les enfants, ou plutôt un conte, entre fantastique et réalisme. Le père du Fils Courge, c’est le nom du petit garçon, est un colosse au rire terrible, grand chasseur et amateur de chair fraîche. Tous deux vivent dans une forêt habitée par les esprits, à têtes animales, avec lesquels l’enfant entretient des relations proches. Sa mère ? elle est morte à sa naissance, et son père lui a toujours répété que le monde s’arrêtait à la lisière de la forêt. Pourtant, un jour le Fils Courge va s’aventurer plus loin, jusqu’au village, où il va découvrir et apprendre le monde des humains et, au-delà, le secret qui entoure sa naissance et l’exil de son père dans la forêt, lui que chacun au village tient pour un ogre. L’enfant sauvage découvre la vie civilisée et il en sera transformé. Beaucoup de poésie dans ce film d’animation, dans les images d’abord qui laissent toute la place à la nature, aux couleurs et aux odeurs des saisons qui passent avec neige, pluie, chaleur. Si la vie est rude dans la forêt, elle est également riche de sensations fortes. Et le subtil équilibre entre magie et réalisme, la découverte d’un monde différent par le Fils Courge, la relation qu’il noue avec la petite fille du docteur, mais surtout ses efforts sans relâche pour sortir son père de sa carapace qui le rend méchant et cruel, tout cela fait de ce film un superbe conte initiatique. Quant aux corneilles, normalement oiseaux de mauvaise augure, elles se révèlent au contraire de fidèles alliées dans les épreuves que traverse le petit garçon. Le Jour des corneilles un film d’animation de Jean-Christophe Dessaint, sort aujourd’hui en salle, à voir à partir de 6 ans.

Nouveautés CD

Barnabé et la fusée, lu et chanté par Arthur H, un texte de Yann Walcker, un livre-CDillustré par Vincent Mathy, une chanson originale de Arthur H, chez Gallimard jeunesse Musique, collection Le tube des tout-petits, 9,90 €, pour les petits dès 3 ans Histoire de Babar le petit éléphant, de Jean de Brunhoff, livre accompagné d’un CD avec la musique de Francis Poulenc, interprété au piano par Shani Diluka, et le texte lu par Natalie Dessay, publié par Didier jeunesse, 23,50 €, pour les enfants dès 4 ans. ABCD Zut, le nouveau CD du groupe Zut, qui décline en chansons les 26 lettres de l’alphabet, avec beaucoup d’inventivité. Naïve, à partir de 5 ans

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