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Écoute ! Il y a un éléphant dans le jardin

Ecoute ! Il y a un éléphant… # 27 février 2013

avec Frédéric Lavigne (Forum des Images) ; Jacques Desse (Chez les libraires associés) ; Aurélie Rochman (Cie Sans Edulcorant)
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Au programme : Le Festival Tout-petits Cinéma au Forum des images, avec Frédéric Lavigne, responsable de l’action éducative au Forum des images ; l’exposition Harlin Quist et Ruy-Vidal, Chez les libraires associés, avec Jacques Desse, libraire ; Contes Zé légendes, par la Cie Sans Edulcorant, avec Aurélie Rochman, metteur en scène.

Cinéma

En début d’émission

Ecrans passifs ou écrans actifs, telle était l’une des questions que nous soulevions la semaine dernière à propos des tablettes numériques et du rapport publié par l’Académie des sciences sur les Enfants et l’écran. Mais à la lecture de ce rapport, paru en janvier, force est de reconnaître que s’il dénonce la relation passive, et plutôt négative, qu’entretiennent les enfants avec la télévision, il ne dit pas grand-chose sur le cinéma, si ce n’est pour souligner son caractère passif. On peut regretter qu’il n’insiste pas assez sur la différence énorme qu’il peut y avoir pour un enfant entre regarder, seul, un DVD ou un programme télévisuel à la maison, et assister, dans une salle de cinéma, à la projection d’un film qui lui est spécialement destiné, en partageant avec les plus grands qui l’accompagnent ses premières émotions esthétiques. Une expérience qui peut se partager très tôt, si tant est qu’elle soit particulièrement préparée ; aujourd’hui de nombreux cinémas programment ce type de séances, souvent le matin, d’ailleurs. Mais c’est ainsi, aussi, que depuis six ans, leForum des images à Paris organise chaque année le Festival Tout-Petits cinéma, pour les enfants de 18 mois à 4 ans pour découvrir le cinéma sur grand écran. Projections, ciné-concerts, ateliers, spécialement conçus pour ceux qui feront peut-être leurs premiers pas dans un cinéma. Cette année, il se déroule du 2 au 10 mars, au Forum des images, donc, à Paris, et comme à chaque fois, la programmation est riche. Aussi ce matin, nous sommes ravis d’accueillir Frédéric Lavigne, responsable de l’action éducative au Forum des images, pour nous présenter cette sixième édition du Festival Tout-petits cinéma.

Livres

Ecouter à 55 minutes

Chez les libraires associés est une librairie d’anciens, spécialisée dans les livres jeunesse. A quelques mètres du métro La Chapelle dans le 18e arrondissement, derrière une porte cochère qui ne se distingue en rien des autres portes d’immeubles de la rue Pierre l’Ermite, c’est une véritable caverne d’Ali Baba, spacieuse et chaleureuse, qui accueille les visiteurs, le plus souvent des collectionneurs ou des passionnés. Ici se côtoient livres des siècles passés et livres plus récents, mais déjà sortis du circuit de vente courant. Tout aussi passionnés sont les libraires de cette librairie pas comme les autres, qui organisent régulièrement des expositions-ventes dans la grande salle aux murs de pierre nus au sous-sol de la librairie, pour faire découvrir, entre autres, des collections complètes d’ouvrages de maisons d’édition emblématiques, comme celle en 2008, des livres jeunesse publiés par Gallimard depuis 1919 jusqu’en 1980. Aujourd’hui, et jusqu’au 16 mars, on peut y découvrir la quasi-totalité des ouvrages publiés par Harlin Quist et François Ruy Vidal, deux éditeurs incroyables qui, au cours des années 60 et 70, ont en quelque sorte révolutionné l’édition jeunesse, jusque-là plutôt sage et conventionnelle. L’un américain, le second français, ensemble ou séparément, de 1964 à 1980, ils ont associé leurs conceptions esthétiques novatrices et leurs visions pédagogiques anti autoritaires, pour proposer des livres qui tranchaient totalement avec ceux qui les avaient précédés. Ils ont déniché et réuni autour d’eux des illustrateurs qui, souvent, travaillaient plutôt pour la publicité ou la communication, et parmi les Français, on pourra noter des talents de renom ont durablement marqué le paysage éditorial : Nicole Claveloux, Henri Galeron, Alain Gauthier, Patrick Couratin, Claude Lapointe, Philippe Corentin, Guy Billout, Etienne Delessert, et tant d’autres impossibles à citer ici. Parmi les titres : Oh Ernesto de Marguerire Duras, Il était là il attendait, d’Edward Gorey ou encore Le géranium sur la fenêtre vient de mourir, mais toi maitresse tu ne t’en es pas aperçue, d’Albert Cullum.

L’exposition vente Harlin Quist et François Ruy-Vidal, ou l’explosion du livre jeunesse 1964-2003, proposée par la librairie Chez les libraires associés, en association avec la librairie Noiret, rassemble 400 livres, dessins originaux ou documents que les libraires ont patiemment collectés durant 10 ans. Une fabuleuse collection, donc, mais éphémère puisque réunie pour quelques semaines avant qu’une grande partie de ces livres s’en aille chez les clients qui les ont achetés. Une collection à découvrir chez Les libraires associés, et pour vous en donner un aperçu, je suis allée rencontrer Jacques Desse, libraire chez Les Libraires associés. Un superbe catalogue présente aventure éditoriale et l’exhaustivité des ouvrages, par ordre chronologique, avec, pour chacun des livres, une notice informative détaillée. Une vraie bible.

Spectacle

Ecouter à 65 minutes

Sillonner les routes de France pour écouter et engranger les contes et légendes qui se racontaient le soir à la veillée avant que leur mémoire ne disparaisse, c’est ce qu’ont fait nombre de collecteurs au 19e et 20e siècles. Plongeant dans ce patrimoine, Aurélie Rochman, de la compagnie Sans Edulcorant, sélectionnait quelques-unes de ces légendes pour les transmettre à son tour aux enfants d’aujourd’hui, et créait fin 2009, Contes zé légendes, une série de quatre spectacles, interprétés par 4 comédiens différents qui racontent ces contes tour à tour gais, pittoresques, drôles ou un peu plus graves. Parmi ces comédiens, Lionel Chenail, que vous entendez quasi chaque semaine dans cette émission, et c’est bien sûr lui que j’étais allée voir, écouter et interpréter des légendes d’origine francilienne, alpine, charentaise ou parisienne ; le spectacle s’intitule Contes zé légendes aux chandelles. Et quand Lionel m’a appris, la semaine dernière, qu’il reprenait et jouait Contes zé légendes aux chandelles, pour la durée des vacances, à l’Atelier Théâtre de Montmartre, dans le 18e arrondissement , tous les jours à 16h30 sauf le lundi, j’ai bien évidemment voulu l’annoncer ici. Et plutôt que de faire l’éloge de l’interprétation de Lionel, ce serait trop facile, je vous propose d’écouter ou réécouter l’entretien que m’avait accordé l’auteure et metteur en scène Aurélie Rochman, à l’issue de l’une des représentations, lors de la création du spectacle.

Parutions

Ecouter à 45 minutes

Application numérique

Le Marchand de sable, Peur dans le noir, édité par Hocusbookus, est une histoire à écouter et regarder avant d’aller dormir, à se faire lire par un plus grand, ou bien écouter la lecture faite par l’un des deux auteurs du récit. L’histoire ? Un petit garçon qui a peur de s’endormir, mais l’apparition du marchand de sable va l’entrainer dans une aventure nocturne au cœur de la forêt, c’est-à-dire au pays des rêves. Une histoire certes un peu convenue, et parfois un peu désuète dans son vocabulaire, mais l’intérêt de cette application est ailleurs. Dans son ambiance et son univers, esthétique et sonore. Côté bande son, il y a la musique, une création de Zikali, musique légère et multiinstrumentiste à laquelle viennent se mêler les sons de la nature, la faune nocturne, grillons, hiboux, oiseaux, grenouilles ou même le jappement d’un chien au loin, de façon tout à fait harmonieuse. Côté images, c’est un véritable petit théâtre d’ombres, chinoises, avec ces silhouettes noires, comme découpées avec beaucoup de virtuosité dans du papier, qui se détachent sur les décors quasi en trois dimensions. Ces décors ou ces scènes semblent avoir été eux aussi réalisés en papier de soie, ou sur des papiers aquarellés, avec des effets de transparence très réussis. L’effet théâtre d’ombres est renforcé par le découpage de cette histoire en une dizaine de tableaux sur lesquels, à chaque fois, tombe le rideau avant de passer à la scène suivante. Une tonalité par tableau – bleu, rose, brun ou vert - et surtout un très joli travail sur la lumière, lumières des étoiles, de la lune, lumières de la nuit ou des lucioles, de multiples sources lumineuses qui nimbent ces scènes d’une atmosphère onirique. Pas beaucoup de scènes animées, juste quelque éléments, et en ça, on reste proche d’un livre, avec le texte qui s’affiche en bas de l’écran. Il y a de superbes défilements de paysage, en particulier celui qui fait sortir le petit garçon de la forêt pour atteindre les champs fermiers, évoquant alors un film d’animation. Du grand art. Peu d’interactivité sollicitée, mais toujours à propos puisqu’il faut interagir pour que l’histoire, avance mais aussi pour ajouter une note poétique ou humoristique. Frotter pour ouvrir le cadenas du livre sur le premier écran, toucher la lune puis le marchand de sable pour répandre son sable, pencher la tablette pour faire tomber les étoiles, chuchoter « chchchchuttt », pour faire taire les grenouilles dans l’étang. Rien n’est indiqué, alors pour savoir ce qu’il faut faire, il faut bien écouter l’histoire et repérer ses indices discrets. C’est simple mais ça participe du plaisir d’écouter et de regarder l’histoire. Le marchand de sable, peur du noir est la première publication numérique pour les enfants de Hocusbookus, un studio d’édition digitale pour la jeunesse qui se trouve à Annecy. Manon Aidan et Yanick Gourville en sont les auteurs, les images sont de Cyril Jedor, le développement est réalisé par Onde M et Yanick Gourville lit le texte. L’application est disponible sur l’AppStore pour 3,59 euros, pour enfants à partir de 4 ans.

CD audio

Musiques de cinéma pour petites oreilles, un CD à paraître chez Naïve le 13 mars prochain. Comme dans les autres titres de la collection, ce CD réalisé par Jean-François Alexandre, invite les enfants à découvrir des courants musicaux et leurs artistes emblématiques, ici les musiques de films donc. Une douzaine d’extraits de musiques de films du cinéma hollywoodien, présentés par un oncle d’Amérique compositeur de musique de films qui rend visite à sa nièce en France. Une jolie façon d’expliquer le rôle que joue la musique au cinéma, la façon dont travaillent le compositeur et le réalisateur, etc. Parmi les musiques : La guerre des étoiles, ll était une fois dans l’Ouest, Mission impossible, la Panthère rose, etc., Les présentations, explications, anecdotes sont assez fouillées sans être didactiques. C’est le 11e titre de la collection Musiques pour petites oreilles, éditées par Naïve, à citer entre autres, Musiques de ballet, Comédies musicales, Musique Baroque, Musique de cirque, etc.

Livre d’images

On reste dans le cinéma, mais cette fois avec un livre d’images. Non pas un album sur le cinéma ou sur un film, mais un album qui semble nourri d’images de cinéma. Pas étonnant quand on sait qu’il est écrit par Guillaume Guéraud, un auteur très cinéphile, mais on le découvre aussi dans les images de l’illustratrice, Hélène Georges. Safari dans le lavabo, paru aux éditions du Rouergue. Cinéma, avec des références à Godzilla, King Kong ou autres créatures inspirées de films hollywoodiens ou asiatiques qui se glissent dans les images. Cinéma, avec les incroyables plans, gros plans, plongées ou contre plongées des illustrations tandis que le texte, tel une bande son, défile dessous. Cinéma encore, avec celui que se fait dans sa tête le petit héros de cet album qui, lorsqu’il se brosse les dents le soir et voit l’eau mousseuse disparaître dans le lavabo, imagine une invasion complètement rocambolesque dans les égouts de la ville, qui commence par celle d’un anaconda et d’un crocodile, comme dans cette légende urbaine qui a fait le tour de la terre. Mais quand le crocodile a tenté d’avaler un ouvrier, celui-ci s’est battu comme un gladiateur. Dans le ventre du crocodile, on a même retrouvé le squelette du chat de la voisine. Suit tout un tas d’autres animaux, ornithorynques, serpent, girafes, mandrills qui jouent au frisbee, antilopes, rhinocéros, chauve-souris et des dizaines d’autres venus de la savane, de la jungle et même de la taïga, nourris chaque soir par le jeune brosseur de dents. Son imagination fonctionne à fond et bientôt, les animaux ne se contentent plus des égouts et envahissent la ville… mais tout cela semble se dérouler seulement la nuit. Le texte bref est assez évocateur pour faire surgir aussi ces créatures de l’imagination du lecteur, comme il a su aussi inspirer celle d’Hélène Georges. Car les illustrations sont magnifiques. Entre la première, un panoramique en surplomb d’une ville aux hauts gratte-ciels serrés, de nuit, et la dernière, le même panoramique de la ville, mais cette fois envahie par des centaines d’animaux extraordinaires, chaque double page offre des images d’une incroyable densité et précision. Plans resserrés ou plus éloignés, scène chahutées, où se bousculent les animaux, jouant des proportions et des échelles, ou même de la perspective. Des compositions graphiques étonnantes, portées par des couleurs qui ne le sont pas moins. Des teintes assourdies puisque tout se passe de nuit, mais chaque double page décline sa palette de couleurs vives, avec des frottements de couleurs improbables où dominent le rose tyrien, le prune, le vert sapin. Antilopes bleues, girafes aux taches vertes, chauve-souris bleues et oranges, la nuit tous les animaux ne sont pas gris. Quant à la couverture, très graphique avec toutes ses tuyauteries qui se croisent et se chevauchent, elle est superbe. Safari dans le lavabo, texte de Guillaume Guéraud, illustrations de Hélène Georges, éditions du Rouergue, 16 euros à partir de 4 ans.

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