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Écoute ! Il y a un éléphant dans le jardin

Ecoute ! Il y a un éléphant… # 28 novembre 2012

Axelle Desaint, Deborah Ellalouf (Tralalère) ; Arnaud Réveillon (Mino)
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Publications numériques

Cette année, comme les années précédentes, le Salon du livre de jeunesse et de la presse à Montreuil s’intéresse de près aux publications numériques, de plus en plus nombreuses, et lui consacre tout un espace pour découvrir et tester livres et applications numériques. Nous ferons de même ce matin, en posant nos projecteurs non pas sur l’application numérique qui a reçu la pépite au Salon du livre de jeunesse, Fourmi, adapté de l’album d’Olivier Douzou, nous serions bien en mal, puisque cette application n’est pas encore prête et pas encore vendue, mais plutôt sur les publications numériques toutes récentes réalisées par Tralalère, une société spécialisée depuis plus de dix ans en production de contenus muti-média éducatifs, internet, cédérom, etc. En cette fin d’année, quatre publications pour tablettes viennent de paraître, que nous avons toutes eu envie de vous faire découvrir.

Il y a d’abord un ebook, un livre numérique si on préfère, Le garçon aux grandes oreilles, adapté d’un livre-DVD paru aux éditions Des braques il y a quelques mois. Le garçon aux grandes oreilles est un conte traditionnel marocain, raconté par Hamed Bouzine, élégamment mis en images par Vincent Farges, qui a joué sur les couleurs et les transparences pour des illustrations très joyeuses. Au fil des pages et de l’histoire, que l’on peut écouter, tout en lisant, ou lire seulement, viennent s’ajouter des informations documentaires que l’on peut, ou pas, regarder : films vidéo, intervention du conteur et même découverte de l’artiste illustrateur en train de travailler, ou autres informations sur la vie quotidienne au Maroc. Du côté des applications, toutes pour Ipad, trois réalisations qui viennent s’inscrire, elles aussi, dans ce qui fonde la particularité de Tralalère, entre autres la chanson pour enfants.

Ainsi, le Musilabo invite les enfants dès quatre ans à retrouver les chansons du patrimoine, ici interprétées par Henri Dès. Mon mange disques numérique, c’est le sous-titre donné à cette application, où les enfants sont invités à tripatouille la musique, oui, oui, à partir de touches malléables comme de la pâte à modeler, pour déformer dans tous les sens la musique et ainsi mieux se l’approprier.

Caiman songe, de Anne-Sophie Gousset, met en scène un petit garçon aux prises avec un crocodile débarqué dans sa salle de bains par les canalisations. Une histoire, mais aussi un jeu puisque les enfants doivent intervenir pour permettre à l’histoire d’avancer. Un graphisme là encore très soigné, qui fait la part belle aux effets de matière et au tracé du crayon ; l’histoire est racontée de la voix chaude et profonde d’Arthur H, un vrai plus, et pas de texte écrit, ce qui permet aux enfants de se laisser par porter les images et la voix, et une interaction avec la tablette qui reste sobre. Et enfin Histoires farfelues, une sorte de machine à inventer des histoires, ou plutôt à composer des histoires en combinant des images pour composer les personnages et les décors et laisser la machine raconter leur histoire. Une sorte de livre pêle-mêle, aux illustrations savoureuses et aux récits rigolos, là encore sans texte écrit, juste le plaisir d’écouter et de rire. Rencontre avec Axelle Desaint, chef de projet à Tralalère, puis avec Deborah Ellalouf, directrice de Tralalère. C’est en début d’émission.

Chansons

Du 4 au 19 décembre, dixième édition du festival Mino, le festival de la création musicale pour le jeune public, les enfants donc, organisée par les JMF, les Jeunesses musicales de France, qui s’attachent ainsi à faire découvrir, chaque année et au cœur de la capitale, les artistes qui créent des spectacles musicaux pour les enfants. 7 spectacles dont quelques-uns sont des créations de cette année, d’autres plus anciennes. Le festival Mino, que nous vous invitons à découvrir en compagnie d’Arnaud Réveillon, chargé de productions au JMF. C’est à 60 minutes.

Livres

Dernières chronique réalisée par les étudiantes en Master à l’université Blaise Pascal à Clermont-Ferrand, qui suivent le cursus Création éditoriale des littératures générales et de jeunesse (CELGJ).

Elles présentent l’édition Collector de Les Derniers géants, François Place, Casterman, parue à l’occasion des 40 ans de cet album paru la première fois en 1992. C’est à 50 minutes.

Les Petites personnes de Catherine Leblanc et illustré par Gwendal le Bec, paru aux éditions P’tit Glénat. Pas vraiment une histoire, plutôt une sorte de portrait de l’enfance, sur les petites personnes comme les appelle l’auteure qui décline, en une suite poétique, des vérités sur ce que c’est de grandir, de découvrir le monde. A lire plutôt comme un long poèmes, ces phrases qui appellent à des tas de souvenirs, d’images. "Les petites personnes sont gourmandes. Elles peuvent manger beaucoup de plus gateaux que les grandes personnes." "Les petites personnes peuvent explorer la terre entière, la mer et ses profondeurs, le ciel et ses lumières." "Les petites personnes parlent aux animaux et elles écoutent leurs réponses." Et cetera Sur les grands pages de l’album, Gwendal Le Bec a osé à grands coups de pinceaux peindre des enfants aux couleurs vives et improbables, cheveux violets ou jaunes, visages rouges plutôt que roses, chien violet. De grands aplats de couleurs cernés d’un épais traits noirs tracés au pinceau. Peu de couleurs – bleu, rose, violet, jaune, vert – comme sorties du tube, et ça claque. Les images sont joyeuses, pétillantes de vie, souvent en gros plans. Aucun décor ou à peine, place aux enfants et à leurs jeux. Les petites personnes sont des personnes comme les autres, il ne faut pas l’oublier. Les Petites personnes, de Catherine Leblanc et Gwendal Le Bec, Glénat collection vitamine, à partir de 5 ans.

Après les couleurs pétantes, place au noir et blanc, ou plutôt au sépia, avec l’étonnant album de Chris Van Allsburgh, édité à l’école des loisirs. Chris Van Allsburg, c’’est l’auteur de Jumanji, du Jardin d’Abdul Gasazi, hélas aujourd’hui épuisé, ou bien encore de Boréal Express et quelques autres, à chaque fois des histoires fantastiques que les images en noir et blanc amplifient. Son dernier album, La Reine du Niagara, raconte une histoire vraie, celle d’une femme américaine qui, en 1901, alors qu’elle avait déjà 63 ans, embarqua dans un tonneau pour descendre les chutes du Niagara. Elle était la première femme, ou plutôt le premier humain à oser un tel exploit, personne encore avant elle n’avait osé affronter les chutes du Niagara. Elle n’ était en rien sportive ni adepte des exploits inédits, mais elle espérait, par ce moyen, devenir célèbre et gagner assez d’argent pour vivre une retraite paisible. Mais il faut croire que les exploits des vieux n’intéressent personne, et même si elle alla de foire en foire raconter ses exploits, ceux-ci ne passèrent pas à la postérité. C’’est avec beaucoup d’attachement pour son personnage, tout en se gardant de toute admiration ou même de compassion, que Chris Van Allsburgh raconte l’histoire incroyable de cette femme qui, pendant vingt ans, ne cessa de courir le monde après sa descente du Niagara qu’il décrit avec beaucoup de précision. Ses illlustrations, aux formats variés, de la vignette à la pleine page ,couleur sépia tel un reportage photographique à l’argentique, sont elles aussi d’une force incroyable, Comme à l’accoutumée, son étonnant travail sur la lumière qui accentue l’impression d’irréel, ses plongées, contre plongées et jeux sur la perspectives avec les chutes du Niagara, la place donnée aux lignes, rayures, verticales ou horizontales, qui viennent s’opposer aux motifs floraux, les mouvements donnés aux corps un rien figés, mais aux visages très expressifs, tout cela concourt à faire de La Reine du Niagara un album qui reste longtemps en mémoire, autant pour le récit d’une vie hors du commun, à la fois glorieuse et triste, pour ce beau portrait de femme volontaire mais aussi pour ses illustrations. La Reine du Niagara, Chris Van Allsburgh, L’école des loisirs, 13,70 €, à partir de 7 ans.

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