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Écoute ! Il y a un éléphant dans le jardin

Emission du 3 juillet 2013

Maria Ridelberg-Lemoine (Institut suédois) ; Matthieu Le Nestour et Alexandre Martin (Gimick)
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Sens dessus dessous une exposition d’illustrateurs suédois à l’Institut suédois à Paris, avec Maria Ridelberg-Lemoine (directrice adjointe) ; Explose les comptines, un CD de chansons par le groupe Gimick = Matthieu Le Nestour et Alexandre Martin

Illustration

En début d’émission

Sens dessus dessous, l’exposition proposée actuellement parl’lnstitut suédois à Paris rassemble les illustrations originales de 8 illustratrices suédoises, dont on commence à découvrir les albums en France. Au centre de l’exposition, les images d’Eva Lindström, et tout autour sur les murs des deux salles, les images des livres de sept illustratrices de la nouvelle génération, bien plus jeunes donc, mais qui s’inscrivent dans la lignée de celles et ceux qui les ont précédés. Si l’illustration jeunesse occupe une grande partie de leur travail, nombre d’entre elles se consacrent également à d’autres genres comme la bande dessinée, le film d’animation et l’illustration pour adultes. Certains de leurs ouvrages ont été traduits en d’autres langues, dont le français. Visite en compagnie de Maria Ridelberg-Lemoine, directrice adjointe de l’Institut suédois à Paris.

Chansons

C’est à 45 minutes

Explose les comptines, par Gimick (Naïve jeunesse), revisite les comptines traditionnelles, paroles et musiques, de fond en comble, avec humour et invention. Des arrangements soignés, une plume alerte pour ce CD paru fin 2012, à écouter en famille sur les routes des vacances.

Rencontre avec les deux chanteurs et musiciens de Gimick, Matthieu Le Nestour et Alexandre Martin, interviewés par Gilles Avisse.

Lecture

5 minutes avant la fin

Lionel Chenail lit un extrait d’un roman sur le thème de l’enfance : Les poissons ne ferment pas les yeux, de Erri De Luca (Gallimard, 2013)

Livres pour enfants

Présentés à 30 minutes

Poursuivant la publication des livres de Joanna Hellgren, les éditions Cambourakis ont publié en mai dernier l’un de ses nombreux albums pour enfants, Le Châle de grand-mère, mais le premier traduit, avec un texte signé Asa Lind, traduit du suédois par Aude Pasquier, un superbe album pour enfants. Ce qu’aiment faire la jeune narratrice cet album et sa cousine Bilam, sa complice depuis toujours, c’est réfléchir. Ensemble et en paix, les deux petites filles aiment et ont besoin de réfléchir, pour pouvoir mettre des mots et des images sur leurs sentiments, leurs appréhensions, leurs questions qui amènent d’autres questions. Mais pas facile de trouver un endroit tranquille dans la maison où se retrouve toute la famille parce que grand-mère est sortie de l’hôpital. Ca s’agite partout, ça se bouscule, impossible d’entendre la moindre petite pensée. Mais quand elles ferment à clef la porte de la salle de bains, ouf, enfin tranquilles, les parents rappliquent aussitôt et les somment de se tenir à carreau. Seule grand-mère, fragile dans son fauteuil, semble comprendre les deux petites filles qui se sont réfugiées sous son châle, comme une tente qui les protègerait. Là elles peuvent enfin laisser venir les mots et les images, imaginer que grand-mère va peut-être arrêter de respirer mais aussi en parler en toute simplicité avec elle. Ecrit très exactement à hauteur d’enfant, et d’une grande finesse psychologique, le récit de Asa Lind suit au plus près les deux petites filles au fil de leur pensées et leurs échanges, de leurs courses dans la maison pour échapper aux adultes et trouver la tranquillité, de leurs regards posés sur eux, de leur grande complicité qui leur fait partager le même imaginaire sans qu’il soit toujours nécessaire de parler. Mais si le texte d’Asa Lind sonne aussi juste, c’est également parce qu’à travers son phrasé, ses ruptures de rythmes, ses dialogues laissés en suspens, elle a indéniablement su rendre la pensée enfantine en action. Les illustrations de Joanna Hellgren, très colorées, à la craie grasse ou aux crayons de couleurs, ne sont pas en reste. D’apparence naïve, voire enfantine, autant dans le tracé que dans le jeu sur l’absence de perspective, les images font preuve d’une grande maîtrise pour faire écho à ce que sont en train de vivre les deux petites filles, dans la maison ou sous le châle, dans la réalité ou dans leur imaginaire. Et j’ai un faible particulier pour cette page où le lecteur surplombe depuis certainement le plafond, les deux petites filles assises dans la baignoire, réfléchissant et discutant, les jambes allongées devant elles, les bras posés sur les bords de la baignoire. Le châle de grand-mère, Asa Lind et Joanna Hellgren, traduit du suédois par Aude Pasquier, éditions Cambourakis, 13,50 euros, à partir de 5 ans

Sur un procédé archi usé, un petit incident qui déclenche un enchainement de catastrophes, voici un album pourtant particulièrement réjouissant, Oups, de Quentin Gréban aux éditions Mijade. Une petite fille joue avec son chien, lui lance sa balle, le chien s’élance et sa laisse se prend dans la roue d’un landau, lequel landau est retenu de toutes ses forces par la mère du bébé qui se coince les pieds dans la roue avant du vélo du facteur, la ficelle d’un cerf-volant est prise dans la roue arrière du vélo, et s’enchevêtre dans l’échelle du peintre, et cetera, et cetera. Du landau au vélo, du vélo à la baignoire, de la baignoire à l’éléphant, puis de la voiture de pompiers à la baleine croquant la maison, les catastrophes s’enchaînent, de plus en plus délirantes et improbables, avant un paisible retour au calme. Mais toute cette accumulation de catastrophes a-t-elle vraiment eu lieu ? Au lecteur de décider, même si certains indices laissent penser que oui. Car avec son astucieuse idée d’avoir placé la petite fille en bas de la page à droite, en laissant apparaitre juste un bout de la roue du landau , qui se continue en fait de l’autre côté de la page, l’auteur illustrateur Quentin Gréban crée un hors champ où tout devient possible. Que réserve encore cet enchainement de catastrophes, qui défile au premier plan sur les pages blanches et sans décor ? Pas un mot pour raconter cette histoire randonnée, pas de texte,il n’y en a pas besoin, et le trait de crayon de Quentin Greban, relevé à l’aquarelle, impulse un sacré mouvement à tout ce joyeux bazar et de drôles de mimiques à ses personnages. Oups, de Quentin Greban, Mijade, à partir de 3 ans, 11,50 euros

Les filles, encore les filles

C’est à 35 minutes

Jusqu’à quand le masculin va-t-il continuer de l’emporter sur le féminin dans les manuels scolaires ? Question que se sont posées et nous posent les élèves de la quatrième 4 du Collège Les Bruneaux à Firminy (dans la Loire), qui ont participé au concours organisé dans le cadre de la Semaine de la presse et des médias, en mars dernier. Cette année, le CLEMI, le centre de liaison d’enseignement et des médias d’information avait choisir pour thème : les stéréotypes sexistes. Le concours était organisé par Causette et Les Nouvelles NEWS, avec le soutien du ministère des Droits des femmes, concours où les participants étaient invités à écrire un texte journalistique pour interroger et déconstruire les stéréotypes sexistes. 50 classes de collège ou de lycée ont répondu à la proposition et parmi tous les textes, celui des élèves du Collège de Firminy a été retenu pour être publié dans Causette et sur le site de Les NouvellesNEws. A retrouver ici

Leur constat confirme les résultats de plusieurs études qui ont déjà été menées sur les représentations sexuées dans les manuels scolaires. Entre autres, le Centre Albertine Auclert, le centre de ressources francilien sur l’égalité hommes-femmes, a publié en novembre dernier une étude intitulée Égalité femmes-hommes dans les manuels de mathématiques, une équation irrésolue ? Les représentations sexuées dans les manuels de mathématiques de Terminale dans laquelle on confirme que les femmes sont largement sous-représentées dans les manuels de mathématiques, soit 1 femme pour 5 hommes.

Les clichés sexistes dans les livres pour enfants, on les évoque souvent dans cette émission, souvent d’ailleurs pour vous proposer des albums qui, au contraire, tentent de les écarter, avec plus ou moins de bonheur. Plusieurs associations ont travaillé sur la question, à les débusquer, à les analyser, à les soumettre à la critique, et comme l’ont fait ces collégiens, c’est tout à fait intéressant, et même important d’interroger ces livres avec les enfants, car les préjugés résistent aussi, ou plutôt déjà, chez les enfants.

Un article à lire et sur lequel nous reviendrons ici bientôt, avec son auteure, c’est celui publié à la fin du mois de mai, sur le site de l’Observatoire des inégalités. L’article intitulé BD, DVD, livres pour enfants : la portion congrue des héroïnes, est écrit par Nina Schmidt qui a dressé et analysé l’inventaire des héros des livres et des DVD Jeunesse que propose l’un des principaux vendeurs de produits culturels en ligne.

Enfin hier, le site Les Nouvelles News annonçait sur leur site le lancement de la toute première étude internationale sur la représentation des femmes et des filles dans les films pour enfants. Elle sera dirigée par le Geena Davis Institute on Gender in Media, avec le soutien de la Fondation Rockfeller. Sous l’égide de Stacy Smith, professeure en communication et journalisme à l’Université de Californie du Sud, elle scrutera à la loupe la représentation des personnages féminins et les stéréotypes de genre dans les films familiaux dans dix pays… Résultats de l’enquête fin 2014.

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