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Écoute ! Il y a un éléphant dans le jardin

Ecoute ! Il y a un éléphant… # 30 janvier 2013

avec Thomas Bellorini et François Pérache (Eltho Cie) pour Pinocchio ; Françoise Lévêque (L’enfant et la photographie), rediff.
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Au programme : interview de Thomas Bellorini et François Pérache pour Pinocchio (Eltho Cie) ; puis de Françoise Lévêque, pour l’exposition L’Enfant et la photographie. A voir aussi : Les souliers rouges, de Catherine Gendre ; et l’exposition L’Art du jeu, jeu dans l’art, de Babylone à l’Occident médiéval.

Théâtre

La semaine dernière nous vous présentions ici le Pinocchio créé et mis en scène par le CREA à l’affiche de l’Opéra ces jours-ci ; et à la fin de ce mois de février sortira sur les écrans le Pinocchio d’Enzo d’Alo, un film d’animation avec les images de Lorenzo Mattoti. Mais c’est encore une autre adaptation de l’œuvre de Carlo Collodi que nous vous invitons à découvrir, aujourd’hui ou samedi, cette semaine donc, au TGP, théâtre Gérard Philipe, à Saint-Denis. Un superbe spectacle poétique, onirique et musical, mis en scène et en musique par Thomas Bellorini, et interprété par des comédiens qui donnent à la fois une profondeur et une légèreté à l’aventure de ce pantin de bois qui cherche sa place de petit garçon en tentant des expériences et en défiant l’autorité mais aussi l’amour de celui qui l’a fabriqué. Sur la scène, aux couleurs tamisées avivées par une guirlande d’ampoules électriques, des bidons, un piano, des guitares électriques, une malle, pas grand-chose de plus si ce n’est un énorme ballon rouge et, surtout, un trapèze et une balançoire suspendus assez haut : un univers de cirque forain. Entre le pianiste qui s’installe, puis celle qui a tout l’air d’une fée avec son haut col de guipure dorée, un accordéon entre les mains, et au son de leur musique tout en nostalgie joyeuse, entre ensuite celle qui s’installe avec souplesse sur le trapèze et n’en redescendra guère, puis une sorte de gavroche qui fait tourner le ballon rouge et enfin, le conteur, lunettes rondes sur le nez. Tout le monde est là, le spectacle peut commencer. Ou plutôt le conteur entame son histoire, comme Collodi l’a racontée dans son livre. Le père Cerise et son nez rouge, la dispute avec Gepetto, le morceau de bois qui se met à parler. Et tandis que le comédien François Pérache raconte, passant d’un personnage à l’autre avec juste un mouvement du visage ou d’épaule, Pinocchio, lui, tel une poupée dégingandée, danse sur son trapèze, ose un pied au sol la main accrochée au trapèze, courant sur place pour fuir la maison de Gepetto. La fée, elle aussi posée en hauteur, sur les bidons ou sur la balançoire, joue de l’accordéon ou de la guitare, chante ou converse avec Pinocchio avec une simplicité évidente. Gardant la trame de l’œuvre de Carlo Collodi, bien sûr, le spectacle ne reprend pas toutes les péripéties et aventures de Pinocchio, trop nombreuses pour un spectacle d’une heure. Mais que ce soit la fabrication du pantin, la sortie de Gepetto sous la neige pour acheter l’alphabet, sésame de l’entrée à l’école, ou bien la fuite de Pinocchio au pays des récréations, la terrible épreuve au cirque pour Pinocchio transformé en âne, ou encore ses retrouvailles avec Gepetto dans le ventre de la baleine, chaque tableau a sa tonalité et sa couleur musicale. Musique et chansons, en solo ou collectives, portent de superbes images, à commencer par celles de Brenda Clark, légère et aérienne sur le trapèze. Sans quitter son rondin de bois, elle fait de Pinocchio un enfant plein de vie, impatient de devenir un garçon pour de vrai. Comme dans un cirque familial où chacun fait tout, où tout est suggéré plutôt que démontré, où le faux devient vrai par le simple pouvoir de suggestion, le spectateur est touché par la poésie de la scène où Pinocchio glisse au fond de l’eau, suggérée par les bulles de savon et la musique du bâton de pluie, tandis qu’on s’amuse de l’incroyable énergie, et savoir-faire, avec lesquels le conteur mime toute une ménagerie chez le Directeur du cirque. Ce jeu sur le faux et le vrai est renforcé par un ingénieux travail sur l’image, sous forme de projection vidéo, qui donne à voir, entre autres, Pinocchio aux prise avec son nez qui s’allonge. Images fugaces car, et c’est une autre réussite de ce spectacle, la confrontation de Pinocchio avec les règles sociales laisse surtout la place au récit initiatique. Pinocchio, mis en scène et en musique par Thomas Bellorini, est proposé depuis samedi dernier et jusqu’à la fin de cette semaine au Théâtre Gérard Philippe à Saint-Denis, séances tout public cet après-midi et samedi après-midi, pour les enfants dès 5 ans. C’est à l’issue de l’une des séances, et tandis que l’équipe rangeait la scène, que j’ai rencontré Thomas Bellorini et François Pérache, de l’Eltho compagnie, pour évoquer ce spectacle réjouissant. C’est en début d’émission.

Exposition

Jusqu’au 17 février, l’exposition L’enfant et la photographie, présentée à la Galerie des bibliothèques 22 rue Malher dans le 4e arrondissement, propose à la fois un parcours historique mais aussi thématique sur la photographie dans le livre pour enfants. Puisant dans les Puisant dans les collections de livres de la Bibliothèque de l’Heure joyeuse, mais pas seulement, Françoise Lévêque, responsable du fonds historique de la bibliothèque l’Heure joyeuse et commissaire de l’exposition avec la collaboration d’Hélène Valotteau, également conservateur à la Bibliothèque l’Heure Joyeuse, a rassemblé plus de 250 documents, livres pour enfants, et photographies, du 19e siècle jusqu’à la fin du 20e. Variété des formes, des supports, des genres, pour une exposition passionnante qui raconte à la fois l’histoire de la photo, l’histoire de la représentation de l’enfant mais aussi celle des publications qui lui étaient destinées. Le 26 décembre dernier, nous vous proposions une longue visite commentée par sa commissaire Françoise Lévêque. Mais parce que l’exposition se termine bientôt et qu’elle mérite toute votre attention, nous vous proposons ce matin d’écouter ou de réécouter quelques extraits de cette visite. Toute les infos pratiques sur Paris Bibliothèques. C’est à 45 minutes.

Lecture

Lionel Chenail lit un extrait d’un roman de littérature générale sur le thème de l’enfance : Mon père est femme de ménage, de Saphia Azzedine.

Informations : spectacle, exposition

Présentation à 40 minutes

Les Souliers rouges, de Catherine Gendre : Karen, une petite fille habile de ses mains, confectionne elle-même ses chaussures, une étonnante paire de souliers rouges en tissu, riches de nombreuses symboliques. Sa mère meurt, Karen est alors recueillie par une dame riche, généreuse mais pleine de principes éducatifs. La petite fille doit apprendre les bonnes manières, et abandonner derrière elle la petite fille qu’elle était. Dans l’immense maison où elle vit désormais, Karen, d’abord ravie et pleine de bonnes volonté, s’ennuie rapidement, tiraillée entre son envie de se soumettre et le désir d’être elle-même. Pour mettre en scène ce conte initiatique, Les souliers rouges, Catherine Gendre, de la compagnie Soleil sous la pluie, s’est emparée avec beaucoup de doigté, de finesse et de poésie, du conte d’Andersen, Les souliers rouges, donc, pour donner sa vision de ce conte d’apprentissage, un conte sur les nécessaires choix à faire, entre soumission et désobéissance pour pouvoir trouver sa propre voie et donner sens à sa vie. Sur la scène, au décor extrêmement sobre mais suggestif, elles sont deux, Karen, la petite fille et puis la conteuse qui est aussi la vieille dame, et deviendra également la petite fille, les voix et la narration glissant de l’une à l’autre, comme pour mieux souligner les questionnements et les tâtonnements de Karen, les facettes qui s’affrontent en elle. Mêlant récit, dialogues et danse, ce conte théâtral sait ménager les ellipses et les silences comme pour mieux inviter le jeune spectateur à faire siennes les questions et les débuts de réponse que cherche la petite fille. Celle-ci explore la maison, lit tous les livres, imagine un futur libéré de toute entrave, « je serai trapéziste, exploratrice, contorsionniste », et les nombreuses boites à chaussures blanches qu’elle ouvre sont comme autant de boites à merveilles, à souvenirs ou à secrets qui ouvrent sur le futur. Mais pour enfin accéder à ce qu’elle désire être, il lui faudra encore subir une nouvelle épreuve, tel un rite d’initiation. La composition chorégraphique, légère et expressive, la couleur blanche des costumes que vient trancher le rouge, les objets faits d’osier hautement symboliques, les musiques qui soulignent la tonalité de chaque tableau achèvent de faire des Souliers rouges un spectacle onirique et délicat. Les souliers rouges, interprété par Christine Braconnier et Maud Myers, mis en scène par Catherine Gendre, de la compagnie Soleil sous la pluie, est à voir à partir de 7 ans, en représentation au Centre d’animation Curial, rue de Cambrai dans le 19e arrondissement, aujourd’hui à 15h30, mercredi 6 février à 10 heures et 15h30, ainsi que mardi 5 février à 18h30.

L’exposition Art du jeu, jeu dans l’art, de Babylone à l’Occident médiéval, au musée du Cluny, le musée du Moyen Age, dans le 5e arrondissement de Paris, jusqu’au 4 mars, propose une sorte de parcours historique parmi les jeux de plateau tout au long de quelques millénaires. Sous vitrine, environ 250 pièces donnent à voir l’importance que tenaient les jeux de hasard et de stratégie dans la vie quotidienne de l’Antiquité au Moyen Age. Jeu du serpent, jeux de dames, échecs, tarots, mais également des représentations de scènes de jeux sur des pièces archéologiques ou sur des manuscrits. Une exposition passionnante, car les jeux sont très souvent superbes, de véritables chefs-d’œuvre réalisés par des artistes, mais aussi parce qu’elle suit un parcours chronologique et thématique qui donne à voir l’évolution de ces jeux. Dés et osselets sont très nombreux, souvent liés à des pratiques divinatoires tout autant qu’à celles des jeux de parcours. Réalisés en os, en ivoire, ivoire de morse, en bois, en verre, en pierre, entre autres, ces jeux et leur variété témoignent de leur importance et de la valeur qu’on leur a attribuée. Le jeu d’échecs dit de Saint Louis, en cristal de roche et quartz fumé, est absolument somptueux. Réalisé au 15e siècle, il fait partie des collections royales conservées au Louvre, et l’on dit que Louis 18 l’avait donné à son valet de chambre car il y manquait une des deux reines. D’autres jeux d’échecs sont aussi étonnants, comme ceux composés de pièces de 10 ou 15 cm de haut, finement sculptées dans l’ivoire de morse pour représenter des scènes qu’on pourrait croire croquées sur le vif. L’exposition présente aussi les premiers jeux de cartes, qui ont fait leur apparition à la fin du Moyen Age, et bien d’autres jeux qui ne sont plus joués aujourd’hui, comme le « jeu des 58 trous », appelé aussi le jeu du chien et du chacal, et certains d’entre eux sont d’une finesse incroyable. Et vu que l’exposition n’est pas très longue à voir, ce qui est une bonne chose, il vous restera peut-être un peu de temps, pour aller jeter un long coup d’œil à la Dame à la licorne, quelques salles plus loin.

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