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Écoute ! Il y a un éléphant dans le jardin

Emission du 4 décembre 2013

avec Laurent Zorzin (Arts Factory) ; Géraud Vérité et Julien Prost (jeux vidéo)
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avec Laurent Zorzin, pour l’exposition "De belles illustrations pour la jeunesse, mais pas que" à Arts Factory ; Julien Prost et Géraud Vérité pour une sélection de jeux vidéo.

A voir

Interview de Laurent Zorzin, c’est en début d’émission

Arts Factory. Nous avions découvert cette galerie d’illustrateurs - bandes dessinées, fanzines, livres pour enfants, affiches, objets en tous genres – il y a une quinzaine d’années, alors qu’elle était installée au pied de la Butte Montmartre, à deux pas de la Halle Saint-Pierre. Un lieu foisonnant des créations diverses d’artistes, souvent encore marginaux ou underground, du milieu de la BD indépendante ou des graphzines, mais dont le talent aujourd’hui est quasi de notoriété publique, tels Blanquet, Pierre la Police, Gerner, Blexbolex, Dégé, Placid et Muzo, entre autres, et dont les œuvres se déclinent sur différents supports. Arts Factory, une véritable caverne d’Ali Baba de la création graphique. Depuis les projets se sont multipliés, édition, agence d’illustrateurs, et cetera ; la galerie a déménagé, ou plutôt elle est devenue nomade et pose régulièrement ses cimaises au 27 rue de Charonne, à la galerie Lavigne Bastille, certes plutôt spacieuse mais un peu plus sage. Depuis le 12 novembre et jusqu’au 22 décembre, l’exposition Les belles images pour la jeunesse, mais pas que présente les œuvres originales de sept illustratrices, la plupart pour l’édition jeunesse mais pas seulement. Certaines sont des habituées d’Arts Factory et aussi de l’édition jeunesse, telle Emmanuelle Houdart ou Sophie Dutertre par exemple, d’autres débutent telles Roxane Lumeret ou Marie Saarbach, dont les premiers albums ont paru cette année. On y découvre aussi des œuvres de Nathalie Choux, Anna Karlson, Lili Scratchy, sept univers de création très différents, d’autant que pour certaines d’entre elles, les œuvres exposées ne sont pas seulement celles de leurs livres pour enfants et nous font ainsi découvrir d’autres facettes de leur travail. C’est toujours passionnant de découvrir les divers univers qui habitent et inspirent les illustrateurs. Cette exposition collective, comme toutes celles proposées par Arts Factory, est organisée par Effi Mild et Laurent Zorzin. Et c’est Laurent Zorzin qui nous a accueillis il y a quelque jours pour une visite commentée de l’exposition Les belles images pour la jeunesse, mais pas que.

Livres

C’est à 40 minutes

Parmi les livres dont dont les illustrations sont exposées à Arts Factory, en voici trois :

Les livres dont les illustrations sont exposées. Chez Arts Factory :

L’argent, un texte de Marie Desplechin, sur des illustrations d’Emmanuelle Houdart, un album au très grand format, édité par Thierry Magnier. Un drôle de thème que celui de l’argent pour un récit de fiction. Une douzaine de personnages, reliés les uns aux autres par des liens familiaux ou d’amitié, et tous concernés par le mariage de la jeune Virginie, prennent tour à tour la parole pour se raconter, ou plutôt pour évoquer leurs rapports à l’argent et le choix de vie qui en découle. Cela commence par le récit d’un gros magnat de la finance, détesté de tous les siens, et l’on comprend bien vite que la morale ici sera que l’argent ne fait ni le bonheur, ni l’amour. Même si Marie Desplechin tente de s’éloigner des clichés ou de la caricature, dans des textes à l’écriture limpide et ciselée, elle ne les évite pas totalement. Des textes denses, à la typographie très serrée, pour des lecteurs avertis déjà grands. Les illustrations ont précédé les textes, parait-il : elles sont étonnantes, campant des personnages mystérieux et captivants, hommes ou femmes lestés d’objets incongrus, tous connotés par leurs références ou leurs symboliques. C’est superbe. L’argent, de Marie Desplechin et Emmanuelle Houdart, édité par Thierry Magnier, 21,90 euros. Et pour l’âge, à vrai dire, je n’en sais rien, mais certainement pas avant 13 ou 14 ans.

On pense à toi Cheval, de Roxane Lumeret. C’est son premier album jeunesse, dont elle est l’auteure et l’illustratrice, même si elle illustre déjà beaucoup, entre autres pour des revues, des couvertures de livres ou des comics. Le moins qu’on puisse dire, c’est que son album n’est pas banal, autant par son histoire que par son illustration, qui l’une comme l’autre s’inspirent pourtant des albums classiques pour enfants. L’histoire joue avec malice des codes des contes pour enfants, à la fois très classique dans sa construction, dans son écriture, dans sa temporalité, mais aussi dans sa mise en pages bien sage et régulière : image sur les deux tiers de la page, et dessous, le texte à la typographie cursive à la façon Babar. Mais sous cet apparent classicisme, tout est en perpétuel mouvement ou renversement. Certes, il y a bien une princesse, Columba Dubijou, qui perd sa fortune dès la première page à cause d’un renversement politique. Mais ce n’est pas elle le personnage principal, c’est son cheval, Cheval cascadeur, connu pour ses numéros époustouflants, mais coup du mauvais sort aussi, il en rate un et tombe en dépression. Comment la princesse va-t-elle pouvoir le soigner ? Les prétendants à la guérison défilent au château, mais c’est grâce à un concours de beauté acrobatique pour animaux, auquel participent des animaux plus improbables les uns que les autres, dont une certaine Biche étoile, que tout finira heureusement. Les illustrations de cette histoire loufoque sous ses allures traditionnelles, ne sont pas en reste : Au premier regard, elles peuvent rappeler les images des illustrateurs d’Europe de l’est des albums du père Castor d’avant guerre, dans leurs composition, leurs motifs fleuris ou leurs couleurs, et dégager ainsi un certain charme désuet. Mais là encore, derrière la fausse naïveté du dessin, les multiples éléments, formes, dessins, masses colorées qui semblent juxtaposés composent une image en subtil équilibre, pleine de détails savoureux, et d’une étonnante originalité dans son travail sur la couleur et sa technique pour l’étaler.< On pense à toi cheval, de Roxane Lumeret, Albin Michel, 14,50 euros, à partir de 4 ans

Tout aussi étonnant, Le jeu de l’oie de Marie Saarbach, aux éditions Autrement. La promenade joueuse et rêveuse de deux enfants, une fille et un garçon, dans la campagne, en 33 étapes, 33 images, qui sont autant de moments de découvertes, d’arrêts sur images, de jeux partagés, de questionnements et qu’on peut, ou pas, lire comme un chemin de vie. En fait, il n’y a aucun texte, seulement de très brèves légendes numérotées : 1 la maison, 2 le départ, 3 la ruine, 4 la frontière, etc., qui orientent ou pas le regard, incitent à l’interprétation, à imaginer l’aventure de ces deux enfants que l’on suit au fil des grandes pages qui se déroulent en une longue bande à regarder recto verso. La densité et la profondeur des couleurs, avec ses multitudes de nuances tout en harmonie, pour représenter la végétation luxuriante ou la rugosité des rochers, les tracés précis et sinueux du stylo feutre pour donner forme aux éléments, aux feuillages, aux herbes ou aux pierres, tout cela compose des images d’autant plus surprenantes quand on sait qu’elles sont entièrement réalisées au crayon feutre. Il s’en dégage une très grande poésie. Le jeu de l’oie, de Marie Saarbach, Autrement jeunesse, 24,50 euros, pour tous les âges.

Jeux vidéo

C’est à 50 minutes

Géraud Vérité et Julien Prost, tous les deux bibliothécaires à la Ville de Paris, présentent leur sélection de jeux vidéo :

  • Type:Rider / 2013, développé par Ex-Nihilo, pour Arte
  • The Last of Us / 2013, développé par Naughty : voir
  • Robot Unicorn Attack 2 / 2013, développé par Adult Swim Games : voir
  • Humble Bundle (attention en anglais) : voir

et aussi : BiTS le magazine des cultures geeks sur Arte

Parutions

Tout beau tout neuf, c’est l’une des 12 chansons qui composent le dernier CD de Henri Dès, Casse pieds, paru il y a un mois sous deux formes : le CD, édité par Victorie Music, et le livre CD édité par des Braques, et illustré par Zep, avec l’humour et l’impertinence qu’on lui connaît. 12 chansons qui s’inscrivent dans l’univers qu’affectionne particulièrement le chanteur, univers du quotidien et de ses petites péripéties, toujours racontées à hauteur d’enfant avec beaucoup de justesse : l’anniversaire, les difficultés à l’école, le papa grognon, les petits tracas comme les grands bonheurs. Pour ce nouvel opus, Henri Dès s’est fait plus vif, plus entrainant, et l’on découvre un univers musical plus coloré que dans ses précédents CD. Les arrangements de Martin Chambloz, son complice de scène depuis toujours, y sont certainement pour beaucoup. Petit plus également dans le livre CD, outres les paroles des chansons bien sûr, les partitions de toutes les chansons, avec les accords pour l’accompagnement. De quoi pouvoir reprendre toutes les chansons dans une version familiale, une fois qu’on aura bien répété les paroles sur les versions instrumentales du CD. Henri Dès sera également sur la scène de l’Olympia dimanche 8 et dimanche 15 décembre après-midi pour chanter ses nouvelles chansons et certainement aussi de plus anciennes. En tous cas, ses jeunes fans sauront les lui réclamer. Casse pieds, Henri Dès, CD chez Victorie musique, livre CD aux éditions des Braques, 18,30 euros.

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