Aligre FM - Paris 93.1

Radio libre, indépendante et non-commerciale depuis 1981.

En ce moment à l’antenne :
20h - 21h
On the Road Country Music

Accueil du site / Programmes / Les émissions / Écoute ! Il y a un éléphant dans le jardin / Ecoute ! Il y a un éléphant… # 05 juin 2013

Écoute ! Il y a un éléphant dans le jardin

Ecoute ! Il y a un éléphant… # 05 juin 2013

Catherine Zambon et des collégiennes de Clamart ; Dominique Mullmann (cinéma le Trianon, Romainville)
Courriel Facebook Myspace Google Yahoo! Plus...

Les invitées du jour : Catherine Zambon, lauréate du prix Collidram 2013 pour Mon frère ma princesse (L’école des loisirs), interviewée par des collégiennes de Clamart // Dominique Mullmann, programmatrice jeune public au cinéma Trianon à Romainville, pour le festival Les enfants font leur cinéma

Littérature

C’est à 20 minutes du début

Dernière émission de la saison pour le prix Collidram avec l’auteure lauréate, Catherine Zambon, pour Mon frère, ma princesse (L’école des loisirs), interviewée par quatre collégiennes, en sixième au collèges des Petits Ponts de Clamart. On attendait aussi des collégiens de La Courneuve, mais hélas ils ne sont pas arrivés.

Alyan est un petit garçon. Pourtant il préférerait être une princesse ou une fée, avoir des cheveux longs et des vêtements roses. Sa mère s’inquiète, son père ne voit rien. À l’école, on se moque de lui, on l’insulte, on le frappe. Il essaie de s’échapper en faisant de la magie, mais ça ne marche pas toujours. Seule sa soeur Nina est consciente de son chagrin. Elle est décidée à le défendre envers et contre tous. Jusqu’où ira-t-elle pour protéger son frère ?

Le prix Collidram, organisé par l’association Postures, a été remis à Catherine Zambon le 30 mai dernier au Nouveau Théâtre de Montreuil.

Cinéma

C’est à 65 minutes du début

On vous en parlait déjà la semaine dernière. Depuis vendredi dernier au cinéma le Trianon à Romainville, la seizième édition de Les enfants font leur cinéma bat son pleine. Jusqu’au 16 juin, non seulement les enfants et les ados de la ville et alentour vont pouvoir partager, entre eux ou avec les parents, le plaisir des salles obscures pour découvrir sur grand écran des films varié, classiques ou plus récents, il y a même des avant-premières, non seulement chaque séance a son ambiance particulière dans la salle, déguisements, chansons, et cetera, mais encore ce sont les enfants eux-mêmes, grands ou petits, qui prennent en charge les séances, de la programmation à l’animation. Depuis des mots, avec l’équipe Jeune public du cinéma Trianon, ils ont tout préparé dans leurs classes et au cinéma. Une expérience unique, renouvelée chaque année depuis 16 ans. Aussi ce matin, nous vous invitons à la découvrir, avec Dominique Mulmann, programmatrice jeune public au cinéma Le Trianon.

Lecture

Quelques minutes avant la fin

Lionel Chenail lit un extrait d’un roman sur le thème de l’enfance : Ru, de Kim Thuy (Phébus)

Des spectacles à voir

La Reine des neiges, comme souvent pour les contes d’Andersen, est un récit à la fois âpre et poignant, sur le bien et le mal, l’amitié, la loyauté et le dévourement, et peut-être avant tout sur la difficulté voire l’impossibilité de grandir quand on a vous en a retiré toute envie. Et quand il n’y a plus de désir, il y a mort. En tous cas c’est l’interprétation que semble vouloir donner Quentin Defait de ce conte à travers sa superbe adaptation théâtrale. Gerda et Kay s’aiment d’une grande amitié, quand le diable brise son miroir maléfique qui a le pouvoir de changer le beau en laid. Kay reçoit malencontreusement un morceau de ce miroir dans l’œil et un autre dans son cœur. Lui si joyeux, si tendre, se met à mépriser ceux qu’il aime, et se laisse emmener et enfermer par la Reine des Neiges dans son palais de glace, succombant aux promesses d’un monde sans souffrance. Gerda part à sa recherche dans une quête semée d’embûches. Mais alors qu’Andersen redonne joie de vivre et espoir à Kay en lui retirant ses deux morceaux de verre, Quentin Defait est certainement plus réaliste en proposant une fin moins optimiste, telle que l’a écrite Mortimer Thorvald dans son adaptation du conte. Pour autant, le spectacle ne manque pas d’humour, entre autres à travers les personnages que va rencontrer Gerda tout au long de son périple, même si ces épreuves sont avant tout des entraves qui l’empêche d’avancer dans la vie. Ces adultes, qui ne savent pas entendre ces jeunes enfants et au contraire les maintiennent dans leur prison de tristesse, Quentin Defait a eu l’ingénieuse idée de les masquer et de les percher sur des échasses, les rendant à la fois distants, insaisissables et instables, incapables de se pencher ou de leur tendre vraiment la main. La grand-mère de Kay, la reine des neiges, le diable, les rennes ou tous ces autres personnages prennent alors des proportions incroyables, et il faut bien de la volonté à Gerda, du courage et une grande confiance en la vraie nature de Kay une amitié indéfectible, pour arriver jusqu’à lui, malgré les années qui ont passé. Pour lutter jusqu’au bout contre l’adversité. Vêtus de superbes costumes qui soulignent subtilement et élégamment les caractères, les sept comédiens interprètent avec brio les nombreux personnages qui jalonnent le récit, en particulier Jonathan Salmon et Alice Faure, Kay et Gerda. La scénographie, constituée presque exclusivement de cubes en plexiglass translucides manipulés avec fluidité tout au long de la pièce pour redessiner l’espace, comme en autant de lieux fermés ou enneigés, les lumières en clair-obscur, la monochromie des teintes des costumes, la musique, la Sonate au clair de lune de Beethoven, donnent à la Reine des neiges, mis en scène par Quentin Defait, de la compagnie Teknaï, une intensité dramatique poignante et touchante. Il vous reste quelques jours pour aller voir la Reine des Neiges au théâtre 13 dans le 13e arrondissement, en particulier aujourd’hui et samedi à 14h30, et c’est à voir à partir de 7 ans.

L’après-midi d’un foehn, le superbe spectacle aérien et poétique de Phia Ménard, poursuit son chemin de théâtre en théâtre, remportant partout un grand succès, laissant le public, des tout petits au plus âgés, sous le charme de son souffle léger et magique. Vous pourrez le voir la semaine prochaine au 104, mercredi et samedi, rue d’Aubervilliers. Magie pure que ce ballet de simples sacs en plastique colorés, emportés par le souffle de l’air, virevoltant sur la musique de Debussy à laquelle viennent se joindre d’autres compositions musicales. Sous les doigts et les baguettes de Phia Ménard, artiste jongleuse d’une précision extrêmes, les sacs plastiques, telles des marionnettes danseuses, semblent se soumettre aux souffles des ventilateurs qui entourent la scène comme pour mieux prendre leur envol et s’échapper, pour composer leurs pas de deux et leurs grandes arabesques. L’après midi d’un foehn, foehn comme le nom du vent, par Phia Ménard de la compagnie Non nova, à voir avec les enfants dès 5 ans, avec leurs aînés et encore plus. Au 104 rue d’Aubervilliers mercredi et samedi prochain.

Et aussi

Le Festival Bulles et Zik, à la médiathèque Marguerite Duras dans le 20e arrondissement, ce week-end, samedi et dimanche, ça va swinger. Bulles et Zik, c’est un festival de musique ET de bande dessinée, avec comme invité d’honneur pour cette septième édition Ludovic Debeurme, illustrateur et musicien. Depuis le 4 mai, l’exposition de ses œuvres qui présente ses allers-retours entre son travail de dessinateur et sa pratique musicale, cette exposition donc se termine dimanche avec le festival. Mais avant, rencontre publique avec Ludovic Debeurme ce samedi à 15h30 pour évoquer son œuvre foisonnante et intrigante. Nombreux autres rendez-vous tout au long du week-end. Pour les enfants, plusieurs ateliers, gratuits mais il faut s’inscrire à l’avance : Samedi, à 14 heures, Le Livre qui n’existe pas (pour les 8-13ans) animé par Vide Cocagne ; où les enfants découvriront l’objet « livre » à travers leur couverture et ses détails et seront amenés à en imaginer une eux-mêmes. A 16h30-18h BD à croquer, (pour les 6-13 ans), animé par Tommy Gosselin, Invention de super héros dans des cieux en marshmallows, de vampires aux canines en frites acidulées et de sorcières chevauchant des carambars… Réalisation en relief avec bonbons puis dégustation ! Dimanche : 14h30-16h30 Mini-fanzine, (pour les 12-18 ans), animé par La Maison du Rock, Fabrication artisanale d’un mini fanzine à partir de la réalisation de planches de BD. 16h45-18h45 Instruments farfelus, (pour les 6 à 13 ans) animé par David Snug, Invention et conception dessinée d’instruments de musique, qui peuvent faire bien plus que de la musique ! Il y a de quoi faire ! Les inscriptions se font par téléphone au 01 46 34 94 90) Et bien sûr concerts de musiciens et dessinateurs tout au long du week end. Le festival Bulles et Zik, est organisé par l’association du même nom, qui tout au long de l’année mène des ateliers, des expositions, des manifestations autour de la bande dessinée et la musique. C’est donc samedi et dimanche à la médiathèque Marguerite Duras, dans le 20e arrondissement de Paris, et l’entrée est gratuite. Et vous pourrez donc y entendre Ludovic Debeurme musicien, avec son groupe alternatif rock électro Fatherkid. On en écoute un morceau. Lui, il est à la guitare.

Des CD à écouter

Le disque Petites oreilles en balade a été réalisé par Musique et Santé, dans le cadre de son partenariat avec le Département de Cancérologie de l’Enfant et de l’Adolescent de l’Institut Gustave Roussy (IGR, Villejuif) du Dr Valteau-Couanet. L’association mène des actions depuis 2006 au sein de ce service afin d’amener la musique aux enfants hospitalisés et d’améliorer leur quotidien.Ce disque a pour ambition d’être un fil rouge entre musiciens, enfants, parents et soignants, de tisser du lien et de renforcer les contacts de l’hôpital vers l’extérieur, vers la Cité. C’est pour cela que des soignants ont pris part à sa réalisation. Petites oreilles en balade est la trace des rencontres qui ont lieu au chevet des patients, en chambre stérile, dans les couloirs et lors des ateliers de musique. Le disque est donné aux enfants, familles et équipes de l’IGR. Il est également vendu au profit de Musique et Santé, au prix de 15 €.

A découvrir également dans l’émission :
- Déguisé en fille, par [Amipagaille->http://www.amipagaille.com/], extrait du CD Les amis de mes amis, paru tout récemment chez Victorie Music
- Ainsi qu’un extrait du CD Carnaval, de Pascal Ayerbe, paru aussi très récemment. Toutes les info sur le site Pascal Ayerbe

Des livres à lire

Depuis quelque temps, on dirait bien que les éditeurs jeunesse, ou plutôt QUELQUES éditeur jeunesse, se préoccupent davantage de proposer une image un peu moins conventionnelle des filles dans les albums pour enfants. Je dis « un peu », car cela reste bien timide, et les clichés continuent d’abonder. Est-ce que pour autant il ne faudrait présenter aux enfants que des albums qui ne dévalorisent pas les filles, comme le revendiquent certains ? Je n’en suis pas certaine non plus. Il est surtout grand temps qu’une véritable éducation à l’image s’instaure et qu’on apprenne aux enfants à décrypter et à repérer les stéréotypes en tous genres qu’on peut voir à la télévision, dans la publicité, les livres et même les manuels scolaires. Bref. Si on trouve maintenant plus souvent des albums qui tentent d’aller à l’encontre de ces clichés sexistes à l’encontre des filles, quitte d’ailleurs à inverser les rôles ce qui n’est vraiment pas mieux, ils restent encore bien rares ceux qui abordent la question du côté des garçons. Un garçon a-t-il le droit de jouer à la poupée ? Et même plus, peut-il réclamer pour son anniversaire une poupée Barbie, avec des beaux cheveux blonds ? Si vous dites oui, vous faites partie des adultes ou des parents, peu nombreux, à penser qu’ouvrir l’éventail de tous les jouets aux filles comme aux garçons leur permet de mieux s’épanouir. Et selon que soyez un père ou bien une mère, c’est peut-être encore différent.

En tous cas, c’est le sujet qu’aborde avec humour et sans détour l’album Barbie, Nils et le problème du pistolet, signé par deux jeunes auteurs norvégiennes, Kari Tinnen pour le texte et Mari Kanstad Johnsen pour les illustrations, paru le mois dernier chez Albin Michel jeunesse. On sait l’attention particulière que portent les pays du Nord pour la pédagogie à l’égalité des sexes. Pour fêter les cinq ans de Nils, son père, grand prince, lui promet de lui acheter ce qu’il veut au magasin de jouets. Et ce que veut Nils, plus que tout au monde, c’est une Barbie tout en rose, dans sa jolie boite rose, et rien d’autre. Et certainement pas le pistolet que son père tente par tous les moyens de lui faire accepter. Tous les arguments paternels ne le font pas changer d’avis, pas plus que les moqueries du gros malabar de sa classe qui vient d’entrer dans le magasin. Et quand son père croira, enfin, avoir pris le dessus, il se retrouvera pris à son propre piège. Non, mais… Quel album réjouissant ! Non pas seulement pour le sujet, et c’est déjà beaucoup, mais aussi et surtout par sa façon de raconter et de mettre en images. Un ton joyeux, qui mêle dialogues, commentaires et apartés, avec ce style propre à la littérature nordique, une sorte d’ironie bienveillante, un humour tout en finesse. Père et fils passent par tous les états et toutes les émotions, colère, déception, joie, honte, aucun des deux ne voulant céder. Les répliques fusent, piquantes, et finement traduites par Jean-Baptiste Coursaud. Les illustrations à la peinture et au fusain, sont foisonnantes, jouent avec les perspectives, les changements d’échelle, les gros plans, les mises en pages, multiplient les détails, les bulles de BD et les variations de typographie, tout en restant très lisible, dans cet univers de jouets qui débordent de partout. Voilà un album qui dit, sans grand discours et avec simplicité que oui, un garçon peut préférer les poupées, et que les filles, telle Angelika, la copine de Nils, peuvent faire voler leur Barbie hyper top depuis le deuxième étage sans dommage. Oui, les Barbie savent aussi voler, dans les mains des filles comme dans celles des garçons. Quant au père, rien ne dit s’il a revu ses positions, il ne reste plus qu’à l’espérer. Nils, Barbie et le problème du pistolet, de Kari Tinnen et Mari Kanstatd Johnsen, traduit du norvégien par Jean-Baptiste Coursaud, Albin Michel jeunesse, 14,50 euros, à partir de 4 ans.

En voici encore un qui affiche sa préférence pour le rose. Cette fois-ci, il s’agit de Petit ours, le jeune héros de Boucle d’ours, un album de Stéphane Servant et Laetitia Le Saux, aux éditions Didier jeunesse. Pour le grand carnaval de la forêt, il a décidé de se déguiser en Boucle d’or, jupe rose et couettes blondes sur le crâne. Bien sûr ce n’est pas du goût de son père, Papa Ours, qui tente là aussi de le faire changer d’avis, crie, tempête. Il va même jusqu’à tenir des propos purement sexistes, face son fils et sa femme, Maman Ours, qui va se décider, enfin, à prendre le parti de Petit Ours, elle qui avait pourtant choisi de se déguiser en princesse. Mais celui qui fera finalement changer d’avis Papa Ours, n’est autre que le loup, qui débarque déguisé en… Chaperon loup, jupe rouge et couettes blondes, devant lequel Papa Ours baisse tout de suite les armes. « les jupes et les couettes, ouh la la, j’aime beaucoup », dit Papa Ours. Il se rendra donc à la fête déguisé en Cenrillours. Ici ce n’est pas la détermination de son fils, mais la force et l’autorité du loup qui font bouger le père, dont la bravoure n’était que pacotille. Si le propos manque quelque peu de finesse pour dénoncer les préjugés sexistes, l’album permettra surtout d’entamer la discussion avec les enfants pour aborder leurs propres représentations, d’autant que les illustrations de Laetitia Le Saux ne manquent pas d’humour, tel ce tatouage de cœur brisé dessiné sur l’avant-bras du loup. Boucle d’Ours, de Stéphane Servant et Laetitita Le Saux, Didier jeunesse, 12,50 euros, à partir de 4 ans.

Enfin, pour terminer ce choix d’albums, Qui aimerais-tu être, de Arianna Papini, un album sur l’identité, mais cette fois-ci sans considération sur le genre ou la construction du genre. Non, tout simplement pour partir à la découverte de son identité et comprendre qu’être soi-même c’est finalement s’accepter tel que l’on est. « Qui aimerais-tu être, demande le poisson à Rebecca. Un poisson pour écouter le silence et en nageant dans l’océan. Et toi le poisson, qui aimerais tu être, demande la chouette. Une chouette pour nager dans les airs… » L’un après l’autre, crocodile, toucan, caméléon, etc, envie l’autre avant d’être envié à son tour. Les pages s’enchainent et se répondent en une jolie boucle, avant de revenir à Rebecca qui rêve tout simplement d’être elle-même, métissée de chacun de ceux qu’elle a rencontrés. Le propos est simple, souvent déjà traité dans les albums pour les enfants, mais cette construction en randonnée, avec ses répétition et ses phrases courtes, est toujours aussi efficace . D’autant que les illustrations en papiers découpés et dessins, aux couleurs assourdies, sont très chaleureuses, sans oublier l’astucieuse mise en pages, avec les vignettes qui permettent de reconnaître chacun des protagonistes qui prennent la parole. Voilà un album que les plus jeunes auront envie de lire en boucle ! Qui aimerais-tu être, de Arianna Papini, traduit de l’espagnol par Alain Serres, Rue du monde 16,50 euros, à partir de 3 ans.

| Plan du site | À propos | Mentions légales | Haut de page