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Écoute ! Il y a un éléphant dans le jardin

Emission du 08 avril 2015

avec Bruno Gibert (auteur) ; Céline Joaquim (Festival Raccords) ; Emmanuelle Soler
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Dans les albums qu’il écrit ou illustre, ou les deux, Bruno Gibert semble s’amuser autant avec les mots qu’avec les images, invitant à chaque fois le lecteur à faire marcher ses méninges, mais sans en avoir l’air. Et ça donne des albums réjouissants. Toute cette semaine le Festival Raccords rassemble une quinzaine de petits éditeurs autour d’événements originaux pour faire découvrir leurs livres d’une autre façon. Coup de projecteur avec Céline Joaquim, coordinatrice du festival. Et les chroniques d’Emmanuelle Soler et de Lionel Chenail.

Livres

Interview de Bruno Gibert, c’est au début

Cela fait longtemps, une trentaine d’années, que Bruno Gibert illustre, ou écrit, ou illustre et écrit des livres pour les enfants. Et chacun de ses livres interroge à sa façon la langue, le langage, celui des mots et des images, très souvent avec humour et toujours avec l’intention évidente d’inciter les enfants à jouer à leur tour. Bruno Gibert est créatif. Quand nous l’avions reçu à cette antenne il y a plus de cinq ans, en 2009, sa bibliographie était déjà longue. Depuis elle s’est allongée encore d’une bonne vingtaine d’ouvrages, toujours aussi réjouissants, mais j’avoue qu’il y en a deux qui me plaisent particulièrement. Le premier, qu’il a écrit et illustré, Tous canards, paru aux éditionsLes Fourmis rouges au printemps dernier. Nous l’avions d’ailleurs déjà présenté ici. Un album à la fois classique et pas du tout classique, jouant avec les codes des histoires traditionnelles pour mieux les déjouer, s’en affranchir tout en les respectant. Ainsi Tous canards reprend les thèmes des contes si populaires auprès des tout-petits, dans lesquels les jeunes héros s’aventurent pour la première fois hors de leur univers familier, quittent la douceur et le confort maternels pour faire leurs premières expériences du monde. Ici, les trois canetons ne sont pas du tout encouragés par leur mère, craintive et peu intéressée par ce qui se déroule de l’autre côté de la mare. Ah quoi bon ? Alors elle n’en a rien dit à ses petits. Lorsque ceux-ci s’en vont parcourir le monde, ils ne savent pas que celui-ci est peuplé d’animaux différents. Tous ceux qu’ils rencontrent sur le chemin, ils les prennent pour des canards ; certes un peu particuliers, celui avec un intéressant béret rouge, celui à la peau sans plumes, celui avec des pattes déplumées ou un chapeau sur la tête. Et une fois rentrés auprès de leur mère, celle-ci se gardera bien de les détromper. Car l’ignorance est gage de bonheur, pense-t’elle. Voilà une drôle de morale, en forme de pied de nez, que les jeunes lecteurs sauront bien évidemment retourner à leur façon. Tout aussi savoureux, le texte, raffiné dans ses sonorités, son choix des mots, ses allitérations discrètes, ses tournures qui font mettre un adjectif avant plutôt qu’après, tels ces « trois bruyants bébés », toutes ces tournures que les petits enfants aiment réentendre et répéter sans cesse, même quand ils ne les comprennent pas tout à fait, comme ce « formidablement immense », ou « la vastitude du monde » ou ce « Il reprirent leur chemin, insouciants et joyeux à l’idée que la terre était peuplée de semblables bien aimables ». Quelle jolie façon de faire entendre aux enfants les finesses poétiques de la langue capables de rendre au mieux les sentiments de ces trois canetons. Quant aux illustrations, elles sont tout aussi réjouissantes, bourrées de détails, d’allusions, de clins d’œil qui invitent à y revenir plusieurs fois, comme pour le texte. Des animaux aux formes et aux couleurs improbables, des canetons jaunes à l’allure incroyable avec leurs becs et yeux noirs, et leurs petites bottines, et qui peuvent aussi devenir rouges de colère. Mais surtout cette étonnante technique d’illustration, sous forme de petits points de couleurs alignés serrés, qui composent toutes les images, aux cadrages différents à chaque page. Le deuxième album est tout aussi réjouissant, Ce que je peux porter, mais écrit cette fois par Ramona Badescu, et paru en début d’année chez Albin Michel jeunesse. Une histoire sous forme de randonnée, c’est-à-dire où défilent l’un derrière l’autre différents protagonistes, se demandant chacun ce qu’il va pouvoir transporter dans ce qui s’annonce être un déménagement dans la maison ; canard, dindon, chat, chien, grand-père, jeune fille, crocodile, vent, renard ; tous chargé d’un objet, os pour le chien, fromage pour le renard, oreiller pour le père, cuillers et pots par les pingouins. Où vont-ils, et pourquoi ce déménagement, ce grand bazar dans toute la maison ? Quand enfin tout semble s’être stabilisé, une petite voix se fait entendre, celle de l’enfant pour lequel il a fallu faire de la place pour l’accueillir. Enfin, on le suppose, car dans cet album à la fois poétique et loufoque, rien n’est explicite : le texte comme l’illustration laissent deviner, invitent à interpréter, à repérer les clins d’œil, les références aux contes, aux chansons. C’est drôle, savoureux et à chaque nouvelle lecture on voit de nouveaux détails, jusqu’à la chute finale en forme de pirouette. Les illustrations à la gouache, de Bruno Gibert, aux masses denses, très colorées, aux teintes à la fois vives et sourdes, très contrastées, sont elles aussi complètement étonnantes et réjouissantes, lapin rouge portant culotte verte, énorme chien jaune ou dindon à collerette bleue à pois. Je crois que c’est la première fois que Ramona Badescu et Bruno Gibert réalisent un album ensemble, et c’est une belle réussite. Et depuis longtemps, Bruno Gibert aime proposer de multiples façons de découvrir la langue, les mots, de jouer avec eux, avec les images et leurs codes, pour créer des créatures improbables, comme Zooillogique, paru en mars aux éditions Palette, ou Une feuille, un arbre paru l’an dernier chez Albin Michel. Et on pourrait citer encore de nombreux autres albums. Aussi ce matin, nous sommes ravis de l’accueillir dans cette émission.
- Tous canards, texte et illustrations de Bruno Gibert - Les fourmis rouges, 2014 - 13,80 €
- Ce que je peux porter, texte de Ramona Badescu, illustrations de Bruno Gibert - Albin Michel jeunesse, 2015 - 13,90 € -Zooillogique, texte de Bruno Gibert, illustrations de Marie-Fred Dupré - Palette, 2015 - 13,90 €
- Un arbre, une feuille, texte et illustrations de Bruno Gibert - Albin Michel, 2014 - 14,90 €

Festival littéraire

Interview de Céline Joaquim, c’est à 45 minutes

Lectures, spectacles, concerts, projections, expositions, ateliers composent le programme du festival Raccords, qui a commencé hier et se déroule toute la semaine jusqu’à dimanche à Paris. Festival avant tout littéraire puisqu’il est organisé par les Editeurs associés, un regroupement de quatre petits éditeurs indépendants, les éditions Chandeigne, Esperluète,Points de suspension et http://www.editions-a-propos.com/f/...A propos, éditeurs d’ouvrages singuliers, certains pour la jeunesse. Rassemblant également une dizaine d’autres éditeurs indépendants, le festival Raccords, dont c’est la deuxième édition, met le livre à l’honneur au travers différentes formes d’expression artistiques et culturelles, spectacle, concert, lecture, atelier, et cetera. Pour chaque livre présenté par un éditeur, un événement particulier, qui se déroulent dans divers endroits de Paris, parfois très insolites. Evénements pour les adultes, mais aussi événements pour les enfants. Par exemple, autour du dernier album d’Anne Herbauts, l’Histoire du géant, paru chez Esperluète, avec lecture,concert, exposition et pique-nique, dimanche prochain au Centre culturel irlandais. Un événement parmi d’autres. Un programme à découvrir ce matin avec la coordinatrice du Festival Raccords, Céline Joaquim.
- Site dufestival Raccords

Spectacle

Chronique d’Emmanuelle Soler, c’est à 60 minutes

Chaque mois, Emmanuelle Soler présente un spectacle pour enfants qui l’a particulièrement touchée. Aujourd’hui : La grenouille au fond du puits croit que soleil est rond, par la compagnie Le Vélo théâtre. Un spectacle à voir à partir de 6 ans.
- Site de la compagnie Le vélo théâtre
- A Pantin, le 8 avril.
- A Sevran, le 17 avril

Lecture

Chronique de Lionel Chenail, c’est 5 minutes avant la fin

Lionel Chenail lit un extrait de : L’été des lucioles, de Gilles Paris (Héloïse d’Ormesson, 2014)

Informations spectacles

C’est à 40 minutes

Le 26 novembre dernier, nous avions reçu Magali Rousseau à ce micro pour son spectacle Je brasse de l’air, un spectacle que nous avions particulièrement aimé. Cette semaine, il est en représentation àAnis Gras, à Arcueil. Alors, courez-y. Tout en finesse et délicatesse, intriguant et poétique, Je brasse de l’air est profondément émouvant. La petite vingtaine de spectateurs est invitée à pénétrer dans un espace plongé dans la pénombre. Là, à la lumière d’une bougie, d’une petite lampe de poche ou d’un projecteur, des êtres ou des objets d’acier, à la mécanique fragile s’animent sous les doigts de Magali Rousseau, ou mus par des poulies, des engrenages, de mystérieux ressorts invisibles ou encore par la chaleur d’une flamme. En acier, en bois, en laiton, en plumes, tous ces objets insolites, oiseau aux ailes fines et longues, dont les tentatives d’envol restent toujours infructueuses, pluie d’ailes de plumes qui tombent en tournoyant, animal qui se traine maladroitement sur le sol, ou même poisson, un vrai, dans son bocal suspendu, et d’autres encore, toutes ces machines poétiques se découvrent au fil de la déambulation des spectateurs, menée par Magali Rousseau au rythme de son récit, et portée par la superbe musique interprétée par Julien Joubert à la clarinette et instruments numériques. Magali Rousseau raconte son histoire : « Ma mère n’a jamais su nager, c’est peut-être pour ça qu’elle m’a appris à voler » Elle raconte ses tentatives d’envol toujours recommencées, mais inlassablement vouées à l’échec, parce que la force des rêves a du mal à résister aux lois de la gravité. Et au poids de l’histoire familiale, des histoires de famille dans lesquelles on a grandi et que Magali Rousseau raconte par bribes, avec beaucoup d’humour, et schémas à l’appui qu’elle dessine à la craie. Petits et grands, intrigués, se laissent envoûter. Je brasse de l’air, de Magali Rousseau, est en représentation cette semaine à Anis gras, à Arcueil , pour des séances scolaires mais pour aussi tout public, demain jeudi et vendredi à 18 heures et 19h30 et samedi à 16 heures, 18 heures et 19 heures30. Anis gras, c’est à Arcueil, à quelques mètres de la station Laplace sur le RER B.

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