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Écoute ! Il y a un éléphant dans le jardin

Emission du 9 janvier 2013

Avec Christophe Rosenberg (Cité de la musique), Laurie Cannac (comédienne, Faim de loup) ; Tartine Reverdy (auteur-compositeur-interprète)
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Spectacle

Depuis le 4 janvier et jusqu’au 3 février, Le Grand Parquet, dans le 18e arrondissement, propose le spectacle de Laurie Cannac, Faim de loup, une étonnante variation sur le Petit Chaperon rouge. Laurie Cannac a créé ce spectacle en 2010 et nous l’avions alors reçue à ce micro pour le présenter. Le spectacle, comme sa comédienne sont formidable, alors nous vous proposons ce matin, de réécouter cet entretien. C’est à 20 minutes.

Création et numérique

Cette semaine à la maison des Métallos, dans le 11e arrondissement de Paris, c’est Fritures numériques ! « Quelques jours intenses pour donner un souffle poétique aux nouvelles technologies et mettre l’artistique au cœur de ces pratiques ! », telle est la proposition. Parmi les propositions, vendredi à 19 heures, rencontre publique dans le cadre du café numérique, intitulée Compositeurs numériques en herbe ?, autour des compositions musicales dites d’amateurs, et le lien entre pédagogie et création. Elle est organisée en partenariat avec la Cité de la musique, et c’est Christophe Rosenberg, responsable du Service pédagogique à la Cité de la musique, qui assure, entre autres, la conduite de cette soirée. Rencontre. C’est en début d’émission.

Chanson pour enfants

Rencontre avec Tartine Reverdy, autour de son dernier CD, C’est très bien !, et des ateliers qu’elle mène avec les enfants un peu partout en France. Tartine Reverdy est interviewée par Gilles Avisse. C’est à 50 minutes.

Cinéma d’animation et livres : autour de Géraldine Alibeu

C’est à 40 minutes

Cinéma d’animation mardi soir prochain au cinéma le Studio des Ursulines, dans le 5e arrondissement de Paris.L’AFCA, l’association française du cinéma d’animation y organise la projection des films du palmarès du Festival national du film d’animation qui s’est déroulé le mois dernier à Bruz-Rennes métropole. Une dizaine de courts métrages, 1h30 donc, suivie d’un échange avec les réalisateurs. Parmi ces films, les Morceaux d’amour de Géraldine Alibeu, auteure illustratrice de nombreux albums, et qui a réalisé un film d’animation, très cour, 5 minutes. C’est rare de pouvoir voir des courts métrages d’animation au cinéma, en dehors des festivals, et c’est plus souvent sur petit écran qu’il nous est donné de les visionner. A la télévision, de temps en temps, mais surtout sur écran d’ordinateur. D’autant que le film Les morceaux d’amour a été édité sur un DVD et accompagne l’album éponyme, édité par les éditions Autrement et paru au printemps dernier. Les morceaux d’amour, film, et Les morceaux d’amour, livre, se répondent, se font écho, se prolongent. Deux manières de raconter la même histoire et pas vraiment la même, celle du film, plus sombre, tandis que la seconde, sur l’album, est plus heureuse. Mais quelle étonnante histoire d’amour !

Elle, c’est une jeune fille, une femme Inuit, qui vit au cœur de la montagne blanche, tout de blanc vêtue. Lui, c’est un soldat, un soldat « rapiécé » comme dit Géraldine Alibeu quand elle parle de lui. « La jeune fille tomba amoureuse du jeune homme au premier regard ». C’est ainsi que commence l’album. Il revient de guerre, un bras en moins, une jambe en moins, un œil en moins . Elle le voit, lui ne la remarque pas. Elle lui écrit une lettre d’amour, et dans l’enveloppe, glisse son bras qu’elle a coupé. Comme preuve d’amour. Et le bras de caresser le jeune homme, de l’aider à s’habiller et de lui rendre la vie plus légère. Puis ce sera sa chevelure, puis un œil, sans qu’il sache qui les lui offre, et qui se font tendres et amoureux avec lui. Le jeune homme reprend goût à la vie. Jusqu’au jour où il croise la jeune femme… et ce sera l’amour partagé. Don de soi pour permettre à l’autre de se retrouver, de retrouver bonheur et joie de vivre, force des sentiments imagé par le morcellement du corps, mais aussi tendresse et complétude… Comme dans un conte, Géraldine Alibeu exprime avec puissance cet élan vital, l’engagement dans l’amour qui se moque bien des apparences. Par un texte court et évocateur, et, surtout, par les très grandes illustrations épurées, aux tonalités bleues et ocres qu’elle affectionne particulièrement. Collages, crayon, aquarelle, elle mêle les techniques pour illustrer au mieux son propos, ou pour camper les maisons du village dans lesquelles les villageois observent sans rien dire derrière leurs fenêtres. Comme toujours dans ses images, les perspectives sont bousculées, les éléments un peu de guingois, et le vide de la page, blanc ou coloré, fait d’autant mieux ressortir ces éléments, donnant toute la place au lecteur pour se laisser porter par cette violence des sentiments, pourtant tout en retenue. Violence des sentiments qui étaient déjà si justement exprimés et mis en images dans le premier album de Géraldine Alibeu, La marguarita et la soupe du paradis, publié au Seuil en 2003, hélas épuisé.

Sur le DVD, le film commence par la mort du soldat, dont le corps éclate en plusieurs morceaux, œil, bras, jambe, sur la neige. La jeune fille esquimaude ramasse tous ces morceaux qui demandent à se reconstituer. Elle ressuscite le jeune homme mais ce sera au prix de sa vie puisqu’elle disparait. Vision plus sombre, mais magnifiquement traitée, de façon simple et poétique, par un tracé au fusain sur le blanc pas tout à fait blanc, et des papiers découpés pour le soldat éparpillé. Délicatesse du dessin et de l’animation, pas de parole, pas de musique, mais une bande sonore très légère, signée Denis Vautrin. Géraldine Alibeu a reçu le grand prix du Festival national du film d’animation le mois dernier et vous pourrez donc voir son film sur grand écran mardi prochain au Studio des Ursulines, lors de la soirée consacrée au palmares de ce festival. Et c’est peut-être après que vous irez découvrir son album. Ou bien, peut-être commencerez-vous par l’album et découvrirez ensuite le DVD qui l’accompagne. A vous de voir.

En tous cas, cet album, Les morceaux d’amour, livre DVD donc, est publié par Autrement, il coûte 16,50 euros, il est signé Géraldine Alibeu, à proposer aux enfants à partir de 8 ans.

Au printemps 2012 également, a paru un autre album signé Géraldine Alibeu, dont elle a réalisé les illustrations. Le texte est de Pei-Chun Shih, le livre s’intitule Veux-tu devenir bête ?, édité par HongFei cultures. C’est en fait le deuxième ouvrage réalisé par ce duo, le précédent, La bête et les petits poissons qui se ressemblent beaucoup, était sorti l’année précédente. L’auteure, taiwanaise, est diplômée en littérature de jeunesse à Taiwan et éditrice de livres pour enfants. Veux-tu devenir bête ?, est le second volet de ce recueil d’histoires courtes, savoureuses et malicieuses, qui met en scène une drôle de bête. Elle se pose des tas de questions autant qu’elle en pose aux autres, met chacun devant ses contradictions, réinterroge le fonctionnement du monde et de ses habitants, dans des scènes, à la fois cocasses, décalées et subtiles. Comme les enfants, la bête ne se contente pas des évidences, ni de la logique des adultes, qu’ils soient humains ou animaux. Elle refait le monde à sa façon, et apprend surtout que la vie est faite de petits bonheurs à partager avec les autres. Mais en toute simplicité. Les quatre courtes histoires de recueil sont illustrées avec humour et fantaisie par Géraldine Alibeu. On appréciera tout particulièrement le visage qu’elle a donné à sa bête, dont les regards en disent long sur ses pensées ! Voilà un très joli livre, très raffiné, à proposer aux enfants dès 7/8 ans. Ceux qui ne savent pas encore bien lire apprécieront qu’on leur lise, tandis que ceux qui sont plus à l’aise avec la lecture prendront du plaisir à les lire tout seuls.

Veux-tu devenir bête ? de Pei-Chun Shi, traduit par Chun-Liang Yeh, illustré par Géraldine Alibeu, édité par HongFei Cultures, 10,30 euros, à lire à partir de 7 ans.

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