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La vie est un roman

La Vie est un roman # 25 juillet 2017

Colette Lambrichs nous parle de La Différence suite à sa récente mise en liquidation judiciaire
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La lettre de juin 2017

FINALE

Les Éditions de la Différence ont été mises en liquidation le 20 juin 2017. Tout le travail accumulé depuis plus de 40 ans va être vendu à l’encan et les collaborateurs de la maison, licenciés. Le tribunal n’a pas accédé à la demande de redressement sollicitée par Claude Mineraud, le président de la société, qui n’a pourtant pas ménagé ses efforts pour assurer la pérennité de la maison. Les retours trop nombreux des livres que nous avons publiés ont eu raison de notre résistance. Peut-être faisons-nous partie du monde d’avant.

Le programme de publications de la rentrée ne pourra être honoré. Il est inutile de vous préciser que nous sommes tous meurtris par cette décision qui va, notamment, empêcher la sortie de la nouvelle traduction du Livro do Desassossego de Fernando Pessoa dans la magnifique traduction de Marie-Hélène Piwnik. Une année de campagne électorale nous aura été fatale car il n’est guère possible d’attendre pour payer les salaires, les charges, les loyers etc.

Je salue ici les collaborateurs de la Différence qui ont fait vivre la maison depuis si longtemps et qui sont tous d’une remarquable compétence professionnelle. Par ordre d’ancienneté, Chantal Dukers, Parcidio Gonçalves, Jacques Clerc-Renaud, Sonia Vital et, plus récemment, Pascal Barale et Laurent Ricciardi. Ils vont se retrouver au chômage dans un marché de l’emploi toujours plus restreint. Si vous cherchez à recruter ou si vous entendez autour de vous des gens qui recrutent, inscrivez-les sur vos tablettes.

À tous les auteurs, traducteurs, peintres, sculpteurs, poètes, amis de la maison, j’adresse un salut fraternel et leur souhaite bon vent dans le monde en marche, qui, en dépit des empathies qu’il suscite, est, sans merci n’en doutez pas. Pour clore, ces quelques vers de Joaquim Vital, extraits de Un qui aboie :

« Les années de bonheur, les journées sans remords, on vous les a offertes, ô Grands Démolisseurs.

Lourde a été la dîme, parfaite votre œuvre : irréparable. (Irrepérable, la piste des décombres.) »

Colette Lambrichs

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