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Les Mondes du futur

Les mondes du futur # 02 juin 2016

Urbanisme à Paris // Big data et affaires publiques
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Plateau 1

Florent Detroy reçoit Isabelle Grosdhomme Lulin, directrice générale de Paradigmes et caetera, société d’études et de conseil consacrée à la prospective et à l’innovation qu’elle a fondée en 1998. Ils nous proposent d’explorer les questions de gouvernance et d’action public face aux nouvelles possibilités et aux risques qu’offre le big data.

Plateau 2

Nicolas Mignerey a invité Philippe Simon, architecte, commissaire de l’exposition permanente du Pavillon de l’Arsenal qui s’intitule « Paris, sa métropole et ses projets ». Nous parlons d’urbanisme et d’architecture à Paris.

La chronique de Nicolas Mignerey

Qui se souviendra du rock ?

Au début des années 60, le rock était à peine né que certains le disaient déjà mort. C’est peut-être même ce qui caractérise cette musique. Ce qui est sûr, c’est que dans 300 ans, il sera enterré. On n’en parlera plus qu’à l’université, s’il en reste, dans les cours d’histoire de la musique, s’il en reste aussi. En 10 minutes, le professeur brossera à une poignée d’élèves le portrait du rock, ce mouvement lointain et éphémère. Pour illustrer son propos, le professeur convoque un hologramme de… de qui justement ? Dans 300 ans, quelle est la personne ou le groupe qui incarnera le rock ? C’est la question centrale d’un article excellent de l’écrivain américain Chuck Klosterman dans le magazine du New York Times.

On pourrait rouvrir ici le schisme entre fans des Beatles et des Rolling Stones, mais la question de fond qui est derrière tout cela, c’est qui passe à la postérité et pour quelle raison ?

Premier constat : le succès commercial n’y est pour rien. Dans les années 1920, l’obscur Ben Selvin a vendu plus de disques que Louis Armstrong. En 1967 les Monkees étaient infiniment plus populaires que le Velvet Underground, et pourtant, qui se souvient des Monkees aujourd’hui ? Deuxième constat : plus une œuvre d’art est transgressive et originale, plus elle gagne en importance. En 1977, l’avènement du disco des Bee Gees a complètement éclipsé le punk des Sex Pistols. Et pourtant, le disco s’oublie peu à peu comme un produit commercial de l’époque tandis que les Sex Pistols sont souvent cités parmi les groupes les plus influents de leur temps.

Troisième constat : ce qui est vrai aujourd’hui ne l’est pas forcément demain. La transgression joue un rôle important mais sa définition peut changer. Qui peut dire si dans 100 ans, on ne trouvera pas que le disco, vue comme à l’avant-garde des luttes des homosexuels pour leurs droits, était plus subversive que les Sex Pistols, tout justes bons à insulter la Reine.

Dernier constat : les critiques influencent peu le présent, mais dictent ce que l’on en retiendra. Vous voulez revoir les classiques du cinéma muet ? Vous ne tomberez pas forcément sur ceux qui ont connu le plus grand succès mais sur une sélection inspirée d’un regard critique postérieur. D’ailleurs tous ces éléments font écho à la discussion que nous avons eue lors de la dernière émission, où l’œuvre d’Albert Robida vient peu à peu concurrencer celle de Jules Verne.

Alors, qui pour remporter la course du rock à la postérité ? Les Beatles, les Stones, les Doors, Elvis, Bob Dylan, David Bowie ? Pas facile. En 1977, la NASA a dû trancher ce dilemme cornélien. Elle lance la sonde Voyager pour explorer les confins du système solaire. Voyager est remplie d’informations sur la Terre et ses habitants au cas où elle tomberait entre les mains d’une intelligence extraterrestre. Parmi ces objets, il y a une compilation musicale, un disque en or (au sens littéral, en or) avec de la musique classique, des musiques traditionnelles, et UNE chanson rock : Johnny B. Goode, de Chuck Berry, que l’on a écoutée tout à l’heure. Pour la NASA, la réponse est donc Chuck Berry.

D’ailleurs, et c’est une exclusivité Aligre FM, les astrophysiciens viennent de réussir à décrypter d’étranges signaux qu’ils détectaient sur leurs écrans depuis plusieurs années. Le message était écrit dans une langue inconnue et disait, je lis, "Envoyez-nous plus de Chuck Berry".

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