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Liberté sur paroles

Emission du 01 juin 2015

Fatima Mezzoui, Emmanuel Jovelin /Hacème Belmessous
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Les travailleurs à la retraite vieillissent-ils comme tout le monde ?

avec Fatima Mezzoui et Emmanuel Jovelin

Le troisième âge de l’immigration, auquel est consacrée la nouvelle parution (janvier – mars 2015) de la revue Hommes et Migrations, recouvre une grande diversité de situations sociales, économiques et sanitaires en rapport avec les parcours individuels et familiaux que les migrants ont pu avoir en France. L’entrée dans le grand âge des populations immigrées est une problématique qui émerge depuis quelques décennies au fur et à mesure des départs à la retraite de ceux qui étaient venus travailler ici. Avec des revenus diminués, la question de l’accès au logement décent, aux soins et aux dispositifs publics de prise en charge se pose. Les conditions de dépendance et de survie parfois soulignent la grande précarité de ceux, notamment les chibanis, qui n’existent plus comme force de travail et se retrouve parfois très isolés. L’accompagnement des familles face à la maladie d’un parent et la question de la fin de vie, du décès et du choix de lieu de sépulture mettent en évidence la complexité des liens entretenus avec le pays d’origine et aux siens. Pour répondre à tous ces questionnements, Fatima Mezzouj, doctorante en sociologie à l’université de Pierre Mendès –France et membre du laboratoire PACTE, developpe entre autres la question des choix d’inhumation des Maghrébins âgés vivant en France ; Emmanuel Jovelin, professeur de sociologie, explique comment l’accompagnement social et sanitaire des migrants âgés doit faire face à des attitudes méfiantes de ces personnes ou de leur famille et pourquoi il leur est nécessaire de développer des compétences culturelles spécifiques pour éviter les stéréotypes, les discriminations et le non recours aux aides.

Plus d’infos sur le site de l’émission

Le grand Pari(s) du séparatisme du séparatisme social ou la ville sans le peuple ?

avec Hacème Belmessous

Dans son ouvrage : Le grand paris du séparatisme social, il faut refonder le droit à la ville pour tous, paru chez Post éditions, Hacène Belmessous interroge les fondements antidémocratiques de l’aménagement du territoire. L’auteur passe en revue différentes expériences de réappropriation de l’espace social et géographique dont il pointe les limites. « L’aménagement du territoire et le développement des villes concentrent de vives tensions, à l’heure où le Grand Paris fait miroiter ses promesses de profit, et alors que la concurrence internationale fait rage entre les grandes métropoles et entre les régions, désormais soumises au régime marchand. Les représentants politiques soutiennent et encouragent des partenariats public-privé qui ne font l’objet d’aucune concertation citoyenne. Selon Hacène Belmessous, cette tendance anti­démocratique trouve son origine, en France, dans la construction décidée par de Gaulle du quartier d’affaires de la Défense (1958) ; il s’y trouve aujourd’hui la « Ferme du Bonheur » et le « Champ de la Garde », des espaces occupés par des « engagés » résolus à faire valoir la possibilité d’une autre ville possible. La ZAD de Notre-Dame-des-Landes et le barrage de Sivens sont le terrain d’affrontements plus ouverts, qui voient se heurter la force publique et des individus « hyperréalistes » fermement décidés à entraver la marche du « lobby spéculo-­marchand ». Qu’en est-il des leviers d’action dont disposent effectivement les habitants-citoyens ? Depuis la lutte du Larzac (1971-1981), soldée victorieusement par le renoncement de François Mitterrand à l’extension de l’emprise militaire sur le plateau, il semble acquis que seule une mobilisation locale vigoureuse est susceptible d’infléchir un projet d’aménagement particulier. Autrement dit, en l’absence prolongée d’un véritable droit à la ville pour tous, toute victoire lors d’une lutte locale ne constituerait que l’exception à la règle du renoncement institutionnel généralisé. Quand, peut-être, le barrage de Sivens se verrait reporté sine die, le dernier mouvement apparu en France, celui des révoltes sociales de 2005 dans les périphéries des grandes villes françaises, aura simplement été réprimé, et leurs habitants, sujets au séparatisme social, rayés de la carte citoyenne. »

Hacène Belmessous est chercheur indépendant, auteur de nombreux ouvrages sur les questions urbaines dont Opération banlieues. Comment l’État prépare la guerre urbaine dans les cites françaises, La Découverte (2010), Le nouveau bonheur français. Ou le monde selon Disney, L’Atalante (2009) et Mixité sociale : une imposture. Retour sur un mythe français, L’Atalante (2006).

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