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Écoute ! Il y a un éléphant dans le jardin

Ecoute ! Il y a un éléphant… # 20 novembre 2013

avec Estelle Fenech (co-réalisatrice de "Photo de classe") ; Jacques Desse (Salon du livre animé)
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Nos invités du jour : Estelle Fenech, co-réalisatrice du web documentaire Photo de classe ; puis Jacques Desse, libraire, pour le Salon du livre animé chez les Libraires associés

Web documentaire

Interview d’Estelle Fenech, c’est en début d’émission

« Faire enquêter les enfants sur leurs origines, leur histoire individuelle et leurs liens avec la grande histoire est un moyen de restaurer de la dignité, de la connaissance et de la reconnaissance. Cela permet aux enfants d’être fiers d’eux et crée un lien formidable dans l’école ».Voilà ce qu’affirme la pédopsychiatre Marie Rose Moro qui, depuis de très nombreuses années, travaille auprès d’enfants de migrants. Elle est l’auteure de plusieurs ouvrages, entre autres Enfants d’ici venus d’ailleurs, naitre et grandir en France, et de Enfants de l’immigration, une chance pour l’école, et nous avons déjà souvent évoqué ses travaux ici. Faire enquêter les élèves sur leurs origines, leur histoire individuelle et leurs liens avec la grande histoire, c’est ce qu’a entrepris Julie Noël tout au long de l’année dernière avec ses élèves de CE2 de l’école de la rue Rouanet, dans le 18e arrondissement de Paris. Les enfants, pas loin de 25, ont tous des parents ou grands-parents qui ne sont pas nés en France, et pourtant peu d’entre eux connaissent leur histoire et les raisons qui les ont poussés à quitter leur pays pour venir en France. Pendant une année les enfants ont interrogé, filmé, discuté, questionné, enquêté, réfléchi, dessiné, témoigné… Auprès de leurs parents, mais aussi dans la classe avec leurs camarades ou avec l’enseignante, tandis qu’Estelle Fenech et Catherine Portaluppi filmaient pour composer un documentaire très enthousiasmant, [Photo de classe->http://photo-de-classe.org], produit par Narrative pour différents médias, un documentaire transmédia donc, qui vient tout juste d’être mis en ligne sur internet. Mêlant photos, films, dessins des enfants, composé de différents chapitres à suivre dans leur continuité collective ou par le biais des portraits individuels des enfants, Photo de classe est d’abord le témoignage que l’école peut être le lieu de partage des cultures, et que la diversité y a toute sa place à condition d’y être reconnue. Mais ce documentaire témoigne aussi du travail formidable mené avec les enfants par des enseignants, telle Julie Noël, pour leur apprendre à trouver leur place, à s’exprimer, à se connaître, mais surtout pour solliciter l’intelligence et la sensibilité de chacun d’entre eux. Photo de classe est passionnant à regarder, pour les enfants comme pour les adultes : le montage y est vif, coloré, pétillant et donne à voir tout ce bouillonnement qui a dû agiter les enfants tout au long de l’année. Les caméras des deux réalisatrices ont su capter avec finesse et malice les hésitations, les regards complices, les réflexions et les discussions des enfants qui, même si ils sont parfois intimidés par la caméra ou le micro, s’expriment posément pour dresser leur autoportrait ou expliquer les symboles du drapeau du pays de leurs parents. Un véritable apprentissage de la parole ! Les moments les plus émouvants, certainement, sont ceux où ils interrogent et filment leurs parents, à l’école ou à la maison, car on devine, à voir les yeux ou les réactions des enfants, que pour certains d’entre eux, c’est la première fois qu’ils entendent l’histoire familiale. Tout aussi émouvant, les présentations par chaque enfant face à la caméra d’un objet de famille porteur, lui aussi, de l’histoire familiale. Mais les échanges entre les enfants qui se questionnent sur l’immigration, sur le racisme ou sur ce que cela signifie d’être français, démontrent combien ils ont compris que l’histoire de chacun s’inscrit dans l’histoire et la réalité collectives. Avoir su l’exprimer de façon aussi affirmée et aussi personnelle devant la caméra prouvent aussi combien les réalisatrices ont su favoriser ces prises de parole. Aussi sommes-nous ravies d’accueillir ce matin l’un des deux réalisatrices de[ Photo de classe->http://photo-de-classe.org], Estelle Fenech

Livres animés

Interview de Jacques Desse, c’est à 45 minutes

Pour la sixième année, la Boutique du livre animé, Chez les Libraires associés, propose son Salon du livre animé demain jeudi 21 novembre, le temps d’une soirée, de 18 heures à 21 heures. Nichée derrière l’Eglise Saint Bernard, rue Pierre Lermite, à la Goutte d’or dans le dix-huitième arrondissement, cette librairie est une véritable caverne d’Ali Baba, rendez-vous des collectionneurs et des amateurs de livres anciens, pour les enfants ou pas, et aussi de livres animés, de livres pop-up, qu’ils soient récents ou épuisés depuis très longtemps. Nous évoquons souvent dans cette émission les expositions de cette librairie qui font découvrir la richesse patrimoniale des livres pour enfants. Pour cette sixième édition du Salon du livre animé, une quinzaine de créateurs seront là pour signer leurs livres mais aussi échanger et discuter avec tous les passionnés qui ne manqueront pas d’être là. Livres d’artistes à petits tirages, ou livres pour enfants et même très jeunes enfants, créateurs aguerris tels UG ou Marion Bataille, ou jeunes créateurs tels Steffie Brocoli, ils témoignent tous d’une grande inventivité et d’un grand savoir faire. Petit coup de projecteur avec Jacques Desse, libraire àla Boutique du livre animé, chez les Libraires associés.

Livres d’images : nouveautés

C’est à 65 minutes

D’album en album, Elisa Géhin invite les jeunes enfants à ordonner le monde à leurs façons, rationnelle et poétique, mathématique et imaginative, comme elle l’a fait dans Il était une fois une forêt, publié par Thierry Magnier en 2008, ou Les vers de terre mangent des cacahuètes, en 2012, toujours chez Thierry. Et même si tout parait très logique, dans les enchainements comme dans la composition de la page, il y a toujours de petits détails qui apportent leur touche décalée. Dans l’ensemble, publié cet automne aux éditions Les Fourmis rouges, pourrait tout aussi bien être un album d’initiation aux mathématiques et à la théorie des ensembles, mais c’est surtout un imagier qui répond aux goûts des petits pour le classement. A chaque double page, sa thématique, avec à gauche un élément, et à droite, l’ensemble qui inclut cet élément, et une fois sur deux, la même page qui se déplie pour proposer un autre ensemble ou un ensemble qui inclut les deux éléments. Dit comme ça, cela semble très compliqué, mais au contraire, c’est bien sûr très simple : arbre, forêt / goutte, ,nuage, ciel / personne, famille, foule / déchet, poubelle, décharge, presque simple, mais aussi tache ; vache, / Squelette, cimetière, ou carrément plus difficile : moustique / nuage / armée, ou bosse, chameau, désert, . Tous ces petits décalages, parfois inattendus apportent tout son charme à cet album qui reconstruit le monde dans toutes ses dimensions. Sur les pages blanches en papier mat et doux de cet album pas très grand, les images d’Elisa Géhin se déclinent en aplats de couleurs assourdies et douces, toujours peu nombreuse comme dans chacun de ses livres, différentes à chaque page, mais qui se multiplient quand elle joue avec les superpositions. Dans la ville, les maisons s’imbriquent les unes dans les autres, sur le parking les voitures, s’alignent à peine de guingois, tandis que dans l’océan, petits et gros poissons se serrent de près pour des compositions des pages et doubles pages à la fois géométriques et tout en rondeur. Alors que le dessin d’Elisa Géhin est très simple, sans détail, elle sait à merveille donner du mouvement et de la personnalité à tous ses personnages, éléphants bleus, ou chameaux rouges. Dans la foule de gens, personne ne ressemble à l’autre, et même les moustiques, aux couleurs improbables, semblent avoir chacun leur caractère. Sous son apparente simplicité, voici un album inventif pour les jeunes enfants. Dans l’ensemble, d’Elisa Géhin, éditions les Fourmis rouges, 15,50 euros, à partir de 2 ans.

Pour illustrer le récit en forme de conte de Marie Sellier, Mô et le maître du temps, Catherine Louis n’a utilisé que deux couleurs, le noir et un bleu profond, et une technique qui semble être celle du pochoir qui a la caractéristique de ne pas déposer la couleur de façon uniforme et la rend alors dense et soyeuse . Mais il y a surtout ce grand rond creusé dans la couverture et les pages, et qui s’amenuise au fur et à mesure du récit, un rond autour duquel sont construites, avec beaucoup de virtuosité, toutes les illustrations. Cerné de noir ou bien de bleu, par un tracé en spirale à main levée, complètement intégré dans l’image mais à chaque fois de façons différente, il est tour à tour, la Terre, horloge, ventre ou note de musique jusqu’à devenir grain de sable. Ombres chinoises ou plus figuratives, formes arrondies ou plus géométriques, gros plans ou perspectives en profondeur, jouant sur les contrastes du noir et du blanc, sur les motifs et le mouvement, les images de Catherine Louis illustrent avec une incroyable énergie tout en douceur ce conte initiatique sur le temps et la mémoire. La petite Mo ne comprend pas pourquoi le temps passe si lentement pour elle et si vite pour les autres. Alors, sur les conseils de sa tante Lala, elle entreprend un long voyage à l’autre bout de la Terre pour trouver la réponse, rencontrera la Grande Tricoteuse, le Gardien des secondes, et enfin le Maitre du temps qui saura lui donner la réponse qu’elle attend. Ce conte d’inspiration chinoise, à la structure simple et très dialoguée, se lit avec plaisir. Et cette construction illustrative autour du rond, à la symbolique parfaitement accordée au récit, lui apporte une grande profondeur. Superbe. Mô et le maitre du temps, de Marie Sellier et Catherine Louis, éditions Philippe Picquier, 14,50 euros, à partir de 5 ans.

Lecture

Quelques minutes avant la fin

Lionel Chenail lit un extrait de La grâce des brigands, de Véronique Ovaldé (L’Olivier, 2013)

Programmation musicale

Parmi les nouveautés diffusées :

L’émission du 13 novembre était une rediffusion, une grippe tenace ayant empêché le direct. Avec toutes nos excuses auprès de nos invités, mais ce n’est que partie remise !

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