Aligre FM - Paris 93.1

Radio libre, indépendante et non-commerciale depuis 1981.

En ce moment à l’antenne :
21h - 6h30
Décrochage antenne : programme musical

Accueil du site / Programmes / Les émissions / Écoute ! Il y a un éléphant dans le jardin / Ecoute ! Il y a un éléphant # 15 octobre 2014

Écoute ! Il y a un éléphant dans le jardin

Ecoute ! Il y a un éléphant # 15 octobre 2014

Thomas Salomon (Storyplay’r) ; Marianne Zuzula (La ville brûle)
Courriel Facebook Myspace Google Yahoo! Plus...

"Storyplay’r", une bibliothèque d’albums numérisés à portée de clic, avec Thomas Salomon ; la collection "Jamais trop tôt" chez La ville brûle, des livres carrément engagés à hauteur d’enfants, avec Marianne Zuzula, éditrice

Lecture numérique

Interview de Thomas Salomon, c’est au début

Quelquefois les idées les plus simples sont les plus malines. Et l’idée de proposer sur une seule et même application numérique, non pas un livre numérique mais toute une bibliothèque d’albums numérisés, est déjà en soi une bonne idée. Quand s’y ajoutent des fonctionnalités qui permettent d’enrichir intelligemment la lecture, comme celle de pouvoir enregistrer sa voix pour devenir le narrateur, c’est vraiment malin. Enfin, constater que les quelque 150 albums qui composent cette bibliothèque numérique ont été puisés auprès de différentes maisons d’édition jeunesse, et sont toujours disponibles dans leur édition papier originale, c’est encore plus malin car c’est une jolie incitation à aller à la bibliothèque, la vraie, celle de son quartier ou à la librairie pour lire l’album dans son format d’origine, et à ainsi favoriser les passerelles entre l’univers du livre et le monde numérique. Cette bonne idée s’appelle Storyplay’r, elle a été imaginée par Thomas Salomon et Edouard Morhange, qui n’en sont à pas à faire leurs premiers pas dans leurs produits mulltiméedia, chacun ayant depuis un bon moment travaillé dans l’édition ou le développement de cédéroms culturels ou de jeux. Storyplay’r, c’est donc une bibliothèque virtuelle dans laquelle on va sélectionner les albums à télécharger sur sa tablette, à lire en effleurant l’écran pour tourner les pages. A lire en silence, ou bien en écoutant l’une ou l’autre des lectures à haute voix qui auront été enregistrées par l’enfant, ou par les parents, les grands parents ou qui on veut, seul ou à plusieurs, puisque pour chaque album on peut faire et conserver 4 enregistrements. De quoi s’entrainer à la lecture à voix haute, à essayer plein de voix différentes, avec les copains, et à prendre plaisir à les réécouter quand on veut. On peut recommencer autant de fois qu’on veut à chaque page, l’interface est toute simple. Storyplay’r fonctionne par abonnements, 4,90 euros par mois pour un accès illimité à tous les albums. Un choix varié, puisque puisés chez des éditeurs aussi différents que sont Lirabelle, Points de suspension, Callicéphale, Ane baté, Picquier jeunesse, Ricochet, Kilowatt, Notari, et d’autres encore, tous de petits éditeurs indépendants. Storyplay’r pour la tablette ipad, à découvrir de plus près ce matin avec l’un de ses fondateurs, Thomas Salomon.

Site de Storyplay’r

Livres

Interview de Marianne Zuzula, c’est à 50 minutes

C’est sur le poème "Le Pélicans" de Robert Desnos que s’ouvre le premier livre pour enfants de Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon, Pourquoi les riches sont-ils de plus en riches et les pauvres de plus en plus pauvres  ?, édité par la Ville brûle. Car, expliquent-ils dans l’introduction, tels les pélicans qui se succèdent inévitablement, les inégalités se reproduiront sans fin si on ne fait pas d’omelette avant., ou plutôt si on se bat pour que ça change. Voilà un livre qui appelle un chat un chat et ne mâche pas ses mots, et c’est salutaire. Classes sociales, lutte des classes, reproduction des inégalités, capital économique ou capital symbolique, niche fiscale ou paradis fiscaux… Ces deux chercheurs utilisent, et expliquent, des mots qui font partie de leur bagage de sociologues, pour exposer, simplement, aux enfants l’objet de leurs recherches depuis une trentaine d’années : les inégalités sociales en France et plus particulièrement la classe des plus riches, la grande bourgeoise : de qui est-elle composée, sur quoi reposent ses richesses et surtout comment s’organise-t’elle pour les conserver. Car au contraire de ce qui se passe pour les autres couches de la société, Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon ont montré dans leurs nombreux travaux combien les plus riches sont vigilants pour entretenir et augmenter leurs privilèges. Des recherches menées en immersion, nourries de leurs fréquentations assidues des beaux quartiers et le Gotha n’a certainement plus de secret pour eux. Leur dernier ouvrage pour adultes, La violence des riches vient de sortir en poche à la Découverte, on pourra citer aussi, parmi d’autres, Voyage en grande bourgeoisie, régulièrement réédité car ces fins connaisseurs de ces millionnaires et milliardaires ont depuis longtemps à cœur de transmettre leurs observations à tous pour lutter contre les discours diffusés sur les médias. Aussi quelle bonne idée a eu Marianne Zuzula, éditrice des éditions La ville brûle, de proposer aux deux sociologues et à l’illustrateur Etienne Lécroart d’écrire pour les pré-ados ce petit ouvrage à la fois concis, clair et engagé. S’adressant avec simplicité à leurs jeunes lecteurs, ils exposent en une vingtaine de questions le pourquoi du comment des intérêts des plus riches et de la domination des plus pauvres, et en quoi la richesse et la pauvreté n’ont rien de naturel. Les dessins croqués par Etienne Lécroart, complètent et explicitent avec humour toutes ces notions. Pourquoi les riches sont-ils de plus en riches et les pauvres de plus en plus pauvres  ? est le troisième titre pour enfants de la maison d’édition La ville brûle, qui édite depuis 2009 surtout des essais en sciences exactes ou sciences humaines, et aux convictions politiques engagées. La collection s’intitule Jamais trop tôt. Jamais trop tôt pour changer le monde, ou encore Jamais trop tôt pour lutter contre les stéréotypes, avec les deux albums de Delphine Beauvois pour les enfants dès 5 ans. On n’est pas des poupées, mon premier manifeste féministe, paru l’année dernière, et On n’est pas des super héros, mon manifeste anti-sexiste, paru en septembre, illustrés avec beaucoup de fantaisie et d’inventivité par Claire Cantais. Deux manifestes à hauteur d’enfance, filles d’un côté, garçons de l’autre qui, eux, non plus, ne mâchent pas leurs mots pour affirmer, haut et fort du haut de leurs 4 ou 5 ans, leur refus des stéréotypes. Voilà trois albums, donc, à découvrir ce matin avec leur éditrice, Marianne Zuzula, qui dirige les éditions La Ville brûle.

Lecture

C’est quelques minutes avant la fin

Lionel Chenail lit un extrait de : Une enfance catholique, de Catherine Cusset (Gallimard, 2014)

Informations

C’est à 45 minutes

Comment l’architecture s’invite dans les livres pour enfants. C’est le thème de la rencontre publique organisée par la bibliothèque de la Cité de l’architecture et du patrimoine, au Trocadéro à Paris. Une rencontre, avec des auteurs de livres pour enfants, albums, livres jeux, et un chercheur. Christine Dodo Ungerer, l’une des auteurs du livre d’activités Jeux sur la ville, paru chez Actes Sud junior en 2011, un grand cahier aux pages photographiées qui invitent l’enfant à voir autrement la ville qu’il habite. Didier Cornille, designer, enseignant aux Beaux arts et passionné par l’ est l’auteur de Tous les ponts sont dans la nature, Toutes les maisons sont dans la nature et de Tous les gratte ciel sont dans la nature, trois superbes albums, publiés chez Hélium, et dans lesquels, il fait découvrir aux enfants, en quoi toutes les maisons et autres constructions peuvent être de toutes natures qui varient selon les époques ; il les sensibilise au travail créatif de l’architecte, à travers un dessin minutieux, à la fois vif et précis, très poétique. Quant au troisième invité de cette rencontre, Christophe Meunier, il est professeur de géographie, chercheur et il a mené un travail de recherche, intitulé Espaces et spatialité dans les albums pour enfants. Un géographe qui s’intéresse aux livres pour enfants, c’est plutôt rare ! Avec audace et créativité, des illustrateurs et des auteurs s’emploient à rendre intelligible et accessible aux enfants, cet art millénaire qu’est l’architecture. Comment ? Quelles techniques de représentation favorisent-ils ? Quels partis prennent-ils ? C’est autour de ces thématiques que se déroulera cette rencontre, animée par la critique d’architecture Christine Desmoulins, jeudi soir, demain donc, de 18h30 à 20h30 à la bibliothèque de la Cité de l’architecture et du patrimoine, place du Trocadéro. Bien sûr, l’entrée est libre.

Site de la Cité de l’architecture et du patrimoine

A la médiathèque Marguerite Duras, dans le 20e arrondissement de Paris, ce week-end, samedi et dimanche, Salon du fanzine et de l’auto édition graphique, qui vient clore le festival Fanzines comme c’est la tradition depuis maintenant quatre ans. Une trentaine d’éditeurs et de collectifs présentent ce qu’on peut appeler la culture vivante de l’édition alternative et ses acteurs les plus inventifs, qui sont le plus souvent diffusés dans des lieux confidentiels. Imprimés, livres, affiches, livres-objets, souvent réalisés avec peu de moyens par des artistes qui explorent et détournent les techniques d’impression pour créer leurs images : photocopie, sérigraphie, risographie, méthodes anciennes ou plus récentes, tout est bon… et intéressant. Cette micro édition permet de produire des ouvrages au format insolite, au tirage limité bien sûr, futurs collectors donc, des livres singuliers par la forme comme par le contenu. A découvrir samedi et dimanche à la médiathèque Duras. Tous ces éditeurs ou artistes ne publient pas pour les enfants loin de là, mais j’ai noté parmi tous ceux qui seront présents, la présence du journal Biscoto, un mensuel pour les enfants créé par Suzanne Arhex et Julie Staebler, que nous avions reçu à ce micro il y a deux ans, quand elles lançaient le journal. En ce mois d’octobre, le numéro 20 est paru, et Biscoto, le journal plus fort que costaud, tient toujours ses promesses. Des bandes dessinées, feuilleton, jeux, des infos vraies ou fausses, des blagues, des histoires, des recettes, des tests… On apprend plein de petites choses, on s’amuse, on savoure, on rêve. A chaque mois sa thématique, cette fois-ci ce sont les jumeaux, tout en double. Il y a toujours cette attention particulière aux illustrations, entre autres la page centrale, une grande illustration à afficher, qui fait découvrir à chaque numéro les talents d’un illustrateur différent, et parmi les auteur, il y a même Vincent Malone qui vient glisser son grain de sel. Biscoto le journal plus fort que costaud, c’est un vrai journal, 16 pages de papier journal, à la fois drôle et sérieux, à lire tout seul quand on sait déjà lire ou bien à partager avec les plus grands. 3,50 euros le numéro. Toutes les infos sur le site pour savoir où le trouver ou pour s’abonner. Et donc à découvrir ce week-end au Salon du fanzine et de l’auto édition graphique à la médiathèque Duras.

Site de Biscoto

| Plan du site | À propos | Mentions légales | Haut de page