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Écoute ! Il y a un éléphant dans le jardin

Ecoute ! Il y a un éléphant… # 23 janvier 2013

invités : Katy Couprie (auteure-illustratrice) ; Evelyne Massoutre (Festival des rêveurs éveillés, Sevran)
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Programme : Le Festival des rêveurs éveillés (à Sevran), avec Evelyne Massoutre ; Dictionnaire fou du corps, avec Katy Couprie (auteure et illustratrice, édité par Thierry Magnier, 2012) ; lecture par Lionel Chenail.

Pour cause de microbes insistants, l’émission du 16 janvier n’a pas pu être diffusée. Nous prions nos auditeurs de nous en excuser.

Spectacles

Chaque année, au cœur de l’hiver, le Festival des Rêveurs éveillés, à Sevran, invite tous les jeunes enfants de 3 à 6 ans de la ville, à vivre et à partager leurs premières émotions esthétiques, artistiques ou culturelles, en assistant, peut-être pour la première fois, à une représentation de spectacle vivant. Ainsi du 26 janvier jusqu’au 16 février, et pour la vingt-deuxième année, ce festival sevranais leur propose de découvrir théâtre, conte, marionnettes, musique, à travers une douzaine de spectacles sélectionnés avec soin. Particularité de ce festival, conduit par leservice culturel de la Ville : toutes les structures éducatives ou culturelles de la ville sont associées au festival, ainsi tous les enfants des classes maternelles assistent au moins à une des propositions, dans le cadre scolaire mais peuvent, bien sûr, y revenir en famille ou avec leurs copains. Une volonté de s’inscrire dans le combat contre les inégalités d’accès à la culture, inégalités particulièrement criantes dans une ville telle que Sevran. Mais aussi la volonté d’affirmer que l’accès à la culture, et donc à d’autres formes de langage, est nécessaire aux enfants pour grandir et trouver leur place. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles Aligre FM soutient et accompagne le festival depuis plusieurs années. Cette année, le Festival des rêveurs éveillésest placé sous le signe des frissons. Un programme que nous vous invitons à découvrir, avec Evelyne Massoutre, déléguée du festival. C’est en début d’émission.

Livres pour enfants

« Corps : nom masculin. Définition 1 : enveloppe charnelle et apparence de l’être. Organisme au grand complet à la mécanique merveilleuse. Le corps, lui, est mortel, c’est sûr. » Extrait de Dictionnaire fou du corps, page 56. De A, comme Abdomen, jusqu’à Z, comme « zzzz », Dictionnaire fou du corps, l’étonnant ouvrage de Katy Couprie paru fin 2012 aux éditions Thierry Magnier, explore le corps sous toutes ses facettes, dedans et dehors, et de multiples façons, à la fois sérieuse et facétieuse, érudite et inventive, mais surtout avec subtilité et intelligence. 801 articles, avec des définitions, précises ou un peu moins, humoristiques ou un peu moins, avec les synonymes et citations, ou pas. Un dictionnaire quoi. De ceux dans lesquels on aime se plonger, pour lire en continu d’un mot au suivant, passant, grâce à la rigueur et donc la magie de l’ordre alphabétique, de beau à bébé, puis bicéphale, biceps, bile et blessure, etc., ou bien pour fureter en sauts de puce, au gré de ses déambulations et de ses curiosités au fil des pages, ou tout simplement, pour rechercher la définition d’un terme précis. Un dictionnaire qui répond aux questions qu’on se pose, mais invite aussi à s’en poser des nouvelles, mêlant science et poésie, jouant avec les mots et la langue. 801 définitions de mots. De certains mots on ne s’étonnera évidemment pas de les trouver là : foie, poumons, squelette, sternum, mais aussi les mots tabous ceux de l’interdit, ces mots qu’on nomme rarement devant les enfants et qu’on a tous recherchés, parfois en cachette. Katy Couprie ne les a évidemment pas éludés. Et puis encore d’autres, et c’est toute la subtilité de ce dictionnaire. Par exemple, au hasard : plan américain, salière, strip-tease, ou encore guili-guili : "Guili-guili : nom masculin et interjection, familier ; chachatouille cacaractérisée par son redoudoublement bébête, pour les bébés. Faire des guilis-guilis. Synonyme : gouzi gouzi. Citation : « Petit, petit, areu, areu, guili-guili » (citation de Titi nounours). Voir Chatouille."

Cette citation, comme les 233 autres de l’ouvrage, est fausse bien sûr, quoique Titi Nounours existe vraiment, mais comme héros de papier et les lecteurs de l’auteur-illustrateur Benoit Jacques auront peut-être reconnu le clin d’œil à l’un de ses albums. Dictionnaire fou du corps c’est aussi un grand clin d’œil à Pierre Desproges auquel Katy Couprie, d’ailleurs, rend hommage dans sa préface comme elle le fait aussi au Larousse, au Robert et autres dictionnaires, pour lesquels elle semble nourrir une passion depuis très longtemps. Humour des citations toujours fort à propos donc, mais il est noté dès le sommaire qu’il y a néanmoins 22 des 234 citations qui sont authentiques, à vous de les trouver, ce n’est pas toujours évident. Plaisir de lecture à chaque mot, à chaque définition, brève ou longue, complétées parfois par les contributions anatomiques d’Alessandro Ruggeri, professeur en anatomie humaine à l’université de Bologne , responsable du musée de cire anatomique Luigi Cattando, où Katy Couprie a fait de nombreux séjours pour faire des croquis. Car Dictionnaire fou du corps de Katy Couprie, c’est aussi et surtout 76 planches originales entièrement en quadrichromie, 16 gravures à l’eau forte, et 376 illustrations et dessins inédits sans compter les ornements typographiques, réalisés par Katy Couprie, qui viennent illustrer, souligner, répondre, dialoguer, précéder, imager tous ces mots et leurs définitions. En grand format ou en petits culs-de-lampe, mêlant des techniques variées, du croquis à la gravure couleurs pleine page, réalistes, explicatives ou oniriques, légendées ou pas, multiples ou uniques, toutes ces illustrations multiplient elles aussi les références et les allusions. Toutes ces entrées et niveaux de lecture, par les mots comme par les images, invitent à suivre de nombreuses pistes, à lire seul ou à partager à plusieurs, jeunes et moins jeunes. Un véritable livre d’artiste, à savourer dans les moindres détails. Un projet ambitieux, comme aime à les réaliser Katy Couprie, peintre, photographe, illustratrice, plasticienne, avec une passion particulière pour la gravure qu’elle pratique dans son atelier. Depuis son premier livre, Anima, publié aux éditions du Sourire qui mord, un livre qui se dépliait en une longue fresque de plusieurs mètres, sur laquelle se poursuivaient une foule d’animaux tracés au fusain, elle explore des techniques souvent différentes, comme elle l’a fait, avec Antonin Louchard, dans Tout un monde, un imagier inventif publié en 1999 aux éditions Thierry Magnier. Alors ce matin, c’est avec plaisir que nous vous invitons à découvrir ce magnifique Dictionnaire fou du corps, en compagnie de Katy Couprie, que nous avons rencontrée lors de la sortie du livre, en décembre dernier. C’est à 40 minutes.

Lecture

Lionel Chenail lit un extrait d’un roman de littérature générale sur le thème de l’enfance : Les lectures des otages, de Yoko Ogawa, Actes Sud, 2012 . C’est 5 minutes avant la fin.

A voir

Depuis 25 ans, chaque spectacle monté par le CREA, le centre d’éveil artistique à Aulnay-sous-Bois, est un enchantement. Ni conservatoire, ni école de musique, ce centre accueille 150 enfants ou jeunes adultes, de 6 à 25 ans, pour apprendre et pratiquer le chant choral et les arts de la scène. Aucune sélection à l’entrée, pas d’examen, donc ouverte à tous les enfants, en particulier ceux d’Aulnay-sous-Bois, mais cela n’empêche pas une exigence alliée au plaisir de partager cette éducation artistique. Une cinquantaine d’opéras ou de spectacles musicaux, en 25 ans, parmi lesquels nous avions particulièrement aimé Martin Squelette, Wolfi, Les petites boites, Le tour du monde en 80 jours, pour en citer quelques-uns, sur des livrets et des musiques créés par les artistes contemporains les plus passionnants. Mise en scène, scénographie, costumes, musique, tout comme l’interprétation de chanteur et d’acteur des enfants sont à chaque fois d’une grande qualité, minutieuse, juste, joyeuse, bref d’un grand professionnalisme. D’ailleurs si pendant longtemps, les représentations se déroulaient quasi exclusivement au théâtre Jacques Prévert d’Aulnay-sous-Bois, maintenant, on peut les voir à au théâtre du Chatelet, à l’opéra de Bordeaux ou encore à l’Opéra Bastille à Paris, comme ce sera le cas mercredi et jeudi prochain, pour plusieurs représentations de Pinocchio. Pinocchio, la dernière création du CREA, qui date d’octobre dernier, est elle aussi une véritable réussite, un opéra jazz sur une musique de Thierry Lalo, un livret de Christian Eymery, sous la direction de Didier Grosjman, le directeur du CREA et interprété par 41enfants ou adolescents. Si ce n’est pas la première fois que l’oeuvre de Carlo Collodi est adaptée pour la scène, elle ne l’avait jamais été pour un opéra, et encore moins un opéra jazz. Alternant scènes chantées et scènes jouées, Christian Eymery a fait un beau travail sur le texte, en se détachant de l’aspect moralisateur du texte de Collodi. Il a fait de Pinocchio un garçon fort attachant, qui apprend à franchir les obstacles pour grandir. Ainsi, pas de nez qui s’allonge, et c’est bien venu. De tableau en tableau, c’est à chaque fois un enfant différent qui interprète le rôle du pantin de bois, avec l’astucieuse idée d’avoir distingué Pinocchio par une sacoche bleue qu’il porte à l’épaule, alors que tous les jeunes chanteurs sont habillés simplement, dans des couleurs aux tonalités beiges, marron, greige. De superbes mouvements d’ensemble, de très jolis tableaux dans une scénographie sobre, tandis que les musiciens, peu nombreux, sont installés en fond de scène, derrière un rideau de tulle. Quant à la création musicale, elle est, elle aussi, particulièrement réussie, qui privilégie les chœurs plutôt que les solos. Pinocchio, par le CREA, est à la fois joyeux, émouvant et esthétiquement superbe. Pinocchio par les enfants du chœur de scène du CREA, c’’est à l’opéra Bastille, mercredi prochain 30 janvier à 16 heures, vendredi et samedi à 20 heures, + séances scolaires. Le prix des places est à 16 euros, et à 5 euros pour les moins de 13 ans. Malheureusement, je crois que c’est complet, mais tentez votre chance, ça vaut vraiment le coup.

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