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Écoute ! Il y a un éléphant dans le jardin

Ecoute ! Il y a un éléphant… # 29 mai 2013

avec Michel Lagarde ; Anne Clerc ; Mimi Barthelemy
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Au programme : Michel Lagarde, éditeur, galériste et amateur d’illustrations récentes ou plus anciennes ; Anne Clerc, spécialiste des livres pour adolescents ; et un hommage à Mimi Barthélémy

Livres

Interview de Michel Lagarde, c’est quasi au début

Le couple à rayures, c’est ainsi qu’aurait pu s’appeler l’album de Noémie Révah et d’Olimpia Zagnoli, puisqu’effectivement les deux personnages portent chacun un haut à larges rayures noires et blanches. En fait, l’album s’intitule Monsieur Horizontal et Madame Verticale, lui parce que ses rayures sont horizontales et elle parce qu’elles sont verticales, mais surtout parce que tout le porte à préférer ce qui se passe au sol, les insectes, le sable du désert, le jardinage, le patinage ou la sieste dans l’herbe, tandis qu’elle aime grimper dans les arbres, s’envoler dans les airs, faire du saut à l’élastique ou monter dans les fusées. Et quand monsieur Horizontal et Madame Verticale ont un enfant, devinez comment il est habillé ? C’est la petite conclusion en forme de pirouette de cet album qui décline, de façon simple er légère, les caractères opposés des deux personnages. Le texte de cette histoire a été inspiré à Noémie Révah par une photographie en noir et blanc de René Maltête sur laquelle se promènent un couple et un enfant, vus de dos ; lui porte un haut à rayures horizontales, elle, à rayures verticales et l’enfant à haut à carreaux. Etonnante et amusante photographie qu’on peut retrouver en dernière page de l’album. Etonnantes aussi les illustrations d’Olimpia Zagnoli, qui s’est saisie avec virtuosité et malice de la contrainte, celle des rayures, pour réaliser des images où la raideur et la simplicité des formes jouent pourtant avec les rondeurs. Telles deux poupées, en noir et blanc, aux proportions étirées, longues jambes, longs bras et petite tête, monsieur et madame évoluent sur des pages, sur les quelles les aplats de couleurs – essentiellement rouge, bleu et jaune safran - dessinent des décors minimalistes d’une grande force suggestive, dans la lignée des livres d’artistes, comme Bruno Munari ou Leo Lionni, auxquels d’ailleurs les deux auteurs font référence. Avec sa belle couverture toilée et illustrée, recouverte d’une jaquette dont les rayures intérieures font écho aux pages de garde, Monsieur Horizontal et Madame Verticale est un album soigné dans les moindres détails par son éditeur Michel Lagarde qui s’aventure depuis peu dans l’édition jeunesse. D’abord agent d’illustrateur pour la publicité ou la communication depuis longtemps, toujours à l’affut de nouveaux talents singuliers, Michel Lagarde a ouvert il y a quelque temps une galerie dans le dixième arrondissement pour y exposer régulièrement des illustrateurs, confirmés ou en devenir, tels Marion Fayolle, Icinori ou Yann Kebbi dont il édite aussi parfois les livres. Ainsi à l’occasion de la sortie de Monsieur Horizontal et Madame Verticale, la galerie Michel Lagarde expose jusqu’au 221 juin des illustrations d’Olimpia Zagnoli. Car si cette artiste italienne vient d’illustrer son premier livre français, elle n’en est pas à ses débuts et a déjà travaillé, entre autres, pour le New Yorker, Télérama et autres supports de presse. C’est donc à la galerie, rue Bourchardon, que je suis allé rencontrer Michel Lagarde pour évoquer avec lui ce que je croyais être le premier livre jeunesse des éditions Michel Lagarde, mais qui, en fait, est le cinquième, euh non, le sixième.

Hommage

C’est à 55 minutes

Mimi Barthelemy était conteuse, écrivain, comédienne et elle a toujours eu à cœur de faire découvrir et transmettre aux enfants d’ici les chansons, comptines, contes du répertoire traditionnel haïtien, la culture dans laquelle elle a grandi. Elle est morte le 27 avril dernier et nous tenons à saluer ici sa générosité, son énergie et son engagement sans faille pour Haïti. La dernière fois que nous l’avons reçue à ce micro, elle venait de faire paraître un superbe livre aux éditions Kanjil, La Reine des poissons. C’était il y a deux ans et Gilles Avisse l’interviewait. En hommage à Mimi Barthelemy, nous vous proposons d’entendre ou rééentendre cet entretien. Un hommage artistique lui sera rendu, le samedi 9 juin à partir de 17 heures, au théâtre de Chevilly-Larue, avec la participation de nombreux conteurs et artistes.

Livres

C’est à 40 minutes

Nouvelle chronique régulière autour des romans pour adolescents, avec Anne Clerc, spécialiste des livres pour adolescents. Elle présente trois romans fécents qui mettent en scène des adolescents pris dans les affres de L’Histoire contemporaine. Les Enfants du Roi de Sonya Hartnett, aux éditions Les Grandes Personnes (traduit de l’anglais par Fanny Ladd et Patricia Duez), Sweet Sixteen d’Annelise Heurtier, aux éditions Casterman Sektion 20 de Paul Doswell aux éditions Naïve, collection « Naïveland » (traduit de l’anglais par Christine Auché).

L’un des risques inhérent au genre du « roman historique », qui plus est pour adolescent, est de glisser dans les travers d’une approche trop pédagogique ou, pire encore, que les références et le travail de documentation occultent le plaisir de lecture. Ici, il n’en est rien. Paul Dowswell, Annelise Heurtier et Sonya Hartnett ont contourné cet écueil grâce à des personnages d’adolescents bien ancrés dans leur époque et profondément attachants. De la campagne brumeuse du Nord de l’Angleterre, à la chaleur moite de l’Arkansas, de Nat King Cole à Led Zeppelin, ces textes invitent à découvrir ces différentes jeunesses, leurs passions et leurs angoisses. La musique est l’autre point commun de ces romans. Pour certains des protagonistes, elle permet de s’évader ou de supporter les pires humiliations. Les références musicales témoignent aussi de l’impact culturel de ces épisodes historiques dans les consciences collectives.

Nous venons d’entendre les premières notes de « We are going to the country » tirée de la comédie musicale « Blitz », montée en 1962 à Londres par Lionel Bart. Un spectacle couronné de succès outre-Manche, qui comme son nom l’indique, évoque les sombres heures de la capitale du Royaume-Uni, assiégée par les forces allemandes en 1940. Dans ce morceau, on entend la voix des enfants, contraints de quitter leurs familles et leur ville. Ce pourrait être celles de Jéremy et Cécily Lockwood, ces adolescents « évacués » dont nous suivons l’exode dans Les Enfants du Roi de Sonya Hartnett. Comme des millions de civils, ils ont été « évacués » à la veille des bombardements aériens et ont rejoint leur oncle Pérégrine dans sa paisible campagne du Yorkshire. Il n’est pas rare, en littérature de jeunesse, de raconter la Seconde Guerre mondiale du point de vue des enfants. Mais qu’ont ressenti ceux qui étaient éloignés des lignes de front, de la violence du conflit ? Quelles représentations se construit-on lorsque l’on est âgé de 11 ou 14 ans et qu’on ne peut qu’imaginer les victimes ensanglantées ? Les légendes transmises par l’oncle Pérégrine à ces neveux, apporteront des premiers éléments de réponse. C’est par le biais de ces récits que le roman flirte avec le fantastique, sans jamais en franchir le pas. Cette tension entre réel et imaginaire, passé et présent est l’occasion, pour le narrateur, de souligner l’inlassable répétition de la cruauté humaine au gré de l’Histoire. L’écriture de Sonya Harnett est précise et sensuelle. Elle s’attarde sur la lumière et l’atmosphère brumeuse des terres anglaises, décrit la violence des bombardements sans jamais épargner son lecteur. Les Enfants du Roi est un roman dense aux interprétations multiples. Il est à dévorer à partir de 14 ans !

« RENTRÉE 1957. Le plus prestigieux lycée de l’Arkansas ouvre pour la première fois ses portes à des étudiants noirs. Ils sont neuf à tenter l’aventure. Ils sont 2500, prêts à tout pour les en empêcher. Cette histoire est inspirée de faits réels »

Sweet Sixteen d’Annelise Heurtier est un roman aussi efficace que ces quelques lignes lapidaires en 4ème de couverture. Sweet Sixteen se réfère également à l’anniversaire des 16 ans, moment hautement symbolique pour nombre d’Américains. Grace et Molly, les narratrices, s’apprêtent à les fêter dans des conditions très différentes. Molly est noire, Grace, Blanche. Bien que la ségrégation raciale soit abolie depuis 1956, le gouverneur de « Little Rock » n’entend pas laisser 9 jeunes Afro-américains intégrer le lycée public. Molly est l’une d’entre eux. Il s’ensuivra un déferlement de haine et le maintien de l’ordre ne sera rendu possible que grâce à l’intervention du Président des Etats-Unis et de son armée. Tout en s’inspirant de faits historiques, Annelise Heurtier a choisi la double narration, celle de Molly donc, et celle de Grace, jeune Blanche de la bourgeoisie sudiste. Tout les oppose, si ce n’est leur passion commune pour la musique « afro-américaine » comme le do-wop de Frankie Lymon dont nous venons d’entendre quelques notes. L’auteure n’évite pas certains stéréotypes quant aux personnalités de l’une et de l’autre des protagonistes.. D’un côté, Molly, l’étudiante noire figée dans son rôle de victime et invariablement courageuse. De l’autre, Grace, la lycéenne blanche, de prime abord pimbêche, qui va revoir son jugement sur la condition des noirs. En revanche, cette alternance de points de vue, cristallisent, dans une courte fiction, accessible à tous, les enjeux sociaux et politiques de l’Amérique des années 50. Entre les événements de « Little Rock », méconnus du jeune public, et l’investiture de Barack Obama en 2008, un « petit » demi-siècle s’est écoulé et il y a fort à parier que les adolescents, dès 11 ans, se plongeront avec passion dans ce roman limpide et parfaitement documenté.

Troisième et dernier roman de cette sélection, Sektion 20 de Paul Doswell qui nous ramène en Europe, à Berlin, en 1972. Alex Ostermann est un jeune adolescent de 15 ans vivant à l’Est du mur. Très bon élève, il cache difficilement son attrait pour la musique rock qui emplit les bars branchés à seulement quelques kilomètres de là. Mais en République Démocratique Allemande, il y a peu de tolérance pour la culture diffusée par les pays capitalistes. Alex ruse et se cache pour écouter les vinyles, importés illégalement, de Led Zeppelin et des Rolling Stones… Un souffle de liberté dans son quotidien strictement réglementé. Ses cheveux longs et ses nombreuses incartades pousseront la Stasi à le suivre de près jusqu’à son incarcération, « en Sektion 20 ». A la lecture du roman de Paul Dowswell, on songe immédiatement à La Vie des Autres, le film du réalisateur allemand Florian Henckel von Donnersmarck, sorti sur nos écrans en 2007. Au-delà de la thématique, cette fiction et ce long-métrage partagent la même intensité dramatique. Dans le climat de défiance et de délation régnant en RDA, les enquêtes et les arrestations se multiplient pour la famille Ostermann, contrainte de fuir à l’est. Le récit prend alors des allures de roman policier. Comme dans son précédent roman, Etranger à Berlin, Paul Doswell pose un regard singulier sur les notions de courage, de liberté et de résistance. Ces valeurs restent d’une modernité déconcertante et je ne peux que conseiller la lecture de Sektion 20 aux adolescents, dès l’âge de 13 ans.

Informations

Le festival Les enfants font leur cinéma : ça se passe au cinéma Le Trianon, à Romainville, du 31 mai au 16 juin. Selon la tradition de ce festival, ce sont les enfants et les ados qui jouent tous les rôles. Tout au long de l’année, élèves, enseignants, animateurs ont préparé le festival, et chaque classe ou centre de loisir est responsable de l’organisation d’une séance. Les enfants créent une affiche, participent au choix des programmes, distribuent les tracts aux quatre coins des villes… Le jour J, ils se transforment en exploitants en herbe et occupent tous les postes clés du cinéma : caissiers, agents d’accueil, contrôleurs, assistants-projectionnistes, mais aussi, vendeurs de friandises, barmen, photographes, et présentateurs de la séance. Séances scolaires, mais aussi séances familiales, le soir et le week-end, au tarif unique de 3 euros Ca commence vendredi soir, avec un programme d’enfer jusqu’au 16 juin. A 19 heures vendredi, Bugsy Malone de Alan Parker, un grand classique américain du cinéma d’enfant, puisque ce film met en scène des enfants jouant des rôles d’adultes à l’époque de la prohibition, alcool et armes à feu étant remplacés par de la limonade et des tartes à la crème. On est priés de venir avec sa bande pour présenter un show de 30 secondes avant la séance. Ca c’est le ciné rebelle. Il y a le ciné princesse, avec l’incontournable Peau d’Ane de Demy. On vient tout en bleu ou tout en rose, on chante pendant la projection et il y a même un concours de cake d’amour. Ciné classique avec le Roi et l’oiseau, ciné zinzin, ciné aventure, ciné concert, et cetera et chaque fois une animation particulière. C’est donc Les enfant font leur cinéma, au cinéma de Romainville, du 31 mai au 16 juin.

De vendredi fin de journée à dimanche soir, une quarantaine de compagnies des arts de la rue vous invite à découvrir leurs créations dans les rues, places, parcs et autres lieux insolites du vieux Nanterre. C’est Parades, le festival des arts de la rue de Nanterre, pour les grands et les moins grands. Cette vingt-quatrième édition, qui s’annonce tout aussi formidable que les précédentes, avec des spectacles de danse, cirque, théâtre d’objets, burlesque, fanfare, acrobates et j’en passe, pour des spectacles drôles, poétiques, inventifs. Entre autres, Mireille Odena, du service cutlurel de la ville de Nanterre et directrice artistique de Parades, recommande le spectacle de la compagne Ad hoc, Echappée belle, une déambulation de 7 comédiens qui ont entre 60 et 80 ans, qui sortent de leur maison de retraite avec leurs plateaux repas parmi la foule. De quoi porter un autre regard sur la vieillesse ! Tous les spectacles sont gratuits, impossible de les citer tous ici, bien sûr. Le programme est à télécharger sur le site de la ville de Nanterre. Le week-end s’annonce particulièrement festif à Nanterre !

Dernière semaine pour emmener les tout bouts de chou profiter de 1,9,3 soleil !, le festival pour les tout-petits en Seine Saint Denis, qui se déroule encore jusqu’à ce dimanche 2 juin inclus dans les théâtres, parcs et crèches du département. Cette sixième édition a proposé 70 représentations de spectacles de danse, théâtre, musique, théâtre d’objets, théâtre de papier ou autres propositions artistiques, tous en lien avec les éléments naturels, et tous pour les enfants tout petits, à partir de 6 mois, 1 an ou 2 ans. Au fil des années, 1,9,3, Soleil s’est construit son identité autour de l’art, la petite enfance et le biotope. Il se déroule dans une quinzaine de lieux en Seine-Saint-Denis jusqu’au 2 juin. Au programme cette semaine : Antonio Catalini de la compagnie Cas desi Alfieri présente à la Courneuve et à Romainville son spectacle Tic tac tic tac Universi Sensibili, un spectacle silencieux et poétiques pour les enfants dès 6 mois ; et samedi prochain après-midi, à la Courneuve toujours, le superbe spectacle de la compagnie Théâtre T, Je nais papier, un spectacle conçu à partir de feuilles de papier. Toutes les infos sur tous les spectacles sur le site 1,9,3 soleil.fr

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