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Écoute ! Il y a un éléphant dans le jardin

Ecoute ! Il y a un éléphant… # 07 novembre 2012

avec Jacques Desse (expo David Carter) ; Christophe Laluque (Amin Théâtre) ; Bernard Mathonnat (Festival théâtral du Val-d’Oise) ;
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Théâtre

Pour sa trentième édition, le festival théâtral du Val-d’Oise qui commence demain pour 5 semaines, a choisi pour thème du livre à la scène, ou autrement dit l’adaptation de textes au théâtre. Mais au-delà ce thème, le festival théâtral du Val d’oise, c’est une trentaine de spectacles, dont 6 créations, à découvrir dans une cinquantaine de villes, dans les théâtres, les centres culturels, les lieux associatifs, pour les adultes et pour les enfants, un festival qui va à la rencontre des habitants, pour partager avec eux la diversité et la richesse de la création. Bernard Mathonnat, le directeur dufestival nous le présente. C’est au tout début.

Théâtre

« Webster, je suis Webster le chien solitaire », répète le héros, un chien donc, imaginé par l’auteur, dans sa pièce Le manuscrit des chiens 1. Quelle galère. Ce chien solitaire, veut fuir les caresses de sa maîtresse et la quiétude de sa maison, pour aller vivre sa vie de solitaire, vivre des aventures et sauver la petite chienne blanche dans la forêt. Mais ses désirs d’émancipation seront vite confrontés à une réalité bien plus difficile qu’il ne l’imaginait…

Christophe Laluque, de l’Amin Compagnie théâtrale, poursuit son travail de mise en scène des pièces de théâtre de l’auteur norvégien Jon Fosse. Le Manuscrit des chiens I. Quelle galère ! (édité à l’Arche jeunesse) est à l’affiche du théâtre Dunoisjusqu’au 18 novembre. Rencontre avec Christophe Laluque. C’est à 30 minutes.

Livres animés

La Boutique du livre animé, dans le 18e arrondissement, propose une exposition jusqu’au 22 novembre autour des livres de David Carter, ce créateur américain qui depuis bientôt 30 ans imagine et réalise des livres pop-up, à chaque fois plus ingénieux. Son premiers livres Combien ’y a-t-il de petites bêtes dans la boîte a paru chez Albin Michel en 1987, et c’est d’ailleurs aussi Albin Michel qui publie Cache Cache, paru au début du mois d’octobre. Rencontre avec Jacques Desse, qui organise également, pour la cinquième année, le Salon du livre animé le jeudi 22 novembre, toujours à la Boutique du livre animé. C’est à 65 minutes.

Des nouveautés

Paru en 2008 en Norvège, l’album de Oystein Dolmen, illustré par le collectif d’illustrateurs Yokoland, est enfin traduit en France. Je dis enfin, même si c’est seulement quatre ans après, car cela faisait un petit bout de temps que les passionnés d’art graphique et d’illustration, de BD entres autres, attendaient avec impatience sa traduction. Chose faite. Le Parc vient de paraître chez Albin Michel jeunesse. Drôle, fantasque, mais aussi philosophique, cet album norvégien commence par cette phrase : « Au fond, c’est quoi un parc ? En voilà une question facile », proférée par une mouche. Facile, facile, c’est vite dit. Et c’est le début d’une longue réflexion, à la fois sérieuse et déjantée sur les parcs, oui, les parcs, un endroit où on rencontre des personnages ou des animaux farfelus ou bizarres, un endroit où on peut penser. Des pensées parfois très profondes, et parfois très terre à terre. Et que se passerait-il si les pensées des visiteurs devenaient réalité ? Autant de questions métaphysiques, qui jalonnent cette balade au parc, complètement surréaliste, avec des tas d’êtres bizarroïdes, des dragons qui se cachent derrière les buissons, des philosophes qui méditent sur un banc, sans oublier le gardien qui n’est peut-être pas le moins bizarre. Les illustrations ne sont pas en reste, aux aplats de couleurs très vives, où viennent se mêler des photos en noir et blanc comme sorties de vieux films. Jouant avec les codes de l’image, en particulier avec la perspective, les illustrations sont truffées de détails amusants et incongrus, de clins d’œil, de personnages que l’on suit au fil des pages, sans oublier la mouche qui est là sur chacune d’entre elles et ne manque pas, elle non plus, de glisser son grain de sel. Quant aux planches qui donnent à voir les pensées des personnages, sous forme de bulles BD, elles sont savoureuses. Le texte, traduit par Jean-Baptiste Coursaud, un rien pince-sans-rire, est assez bref, mais chaque nouvelle lecture des images fait découvrir de nouveaux détails ou de nouveaux animaux, provoque de nouvelles associations. Petits et grands ne s’amuseront peut-être pas des mêmes, mais tous s’amuseront. Le Parc, d’Oysten Dolmen et illustré par le collectif Yokoland, édité par Albin Michel, traduit du norvégien par Jean-Baptiste Coursaud, est un album passionnant, pour les enfants à partir de 4 ans et pour tous les âges. 15 euros.

Voici un album drôlement original : Le facteur Quifaiquoi, de Ruth Vilar, illustré par Arnal Ballester. Original par son graphisme, par sa mise en pages, sa forme narrative, mais aussi par son origine puisque traduit du catalan, et c’est peu courant.Arnal Ballester, l’illustratrice, on la connait un petit peu en France, mais l’auteure Ruth Vilar, pas du tout. L’album démarre de façon très lisse, presque banale : « Quifaiquioi est facteur. Il a 1 chaussure, 2 paires de lunettes, 3 montres de gousset et 4 sacs en cuir dans lesquels il transporte 5 paquets de cartes postales. » et ainsi de suite, un livre à compter, qui joue sur les ressorts presque trop faciles d’aligner des éléments à chaque fois plus nombreux. Mais quelques incongruités loufoques telles que la bicyclette à 9 roues font glisser vers le surréalisme : travailler 11 heures par jour, 12 jours par semaine, 13 mois par an. En échange il reçoit 14 pièces tous les 15 jours. Et peu à peu, à partir de cette contrainte d’écriture qui évoque l’Oulipo mais qui reste très enfantine, voilà que se profile dans le récit des éléments, un peu ubuesques, sur monde du travail des facteurs, comme « je te souhaite de ne pas rencontrer 32 chiens enragés » qui, on le sait, sont la bête noire des facteurs. Puis à l’apogée, les 33 coups de sifflet, et descrendo jusquà 1 après avoir évoquéle 26e anniversaire de la 25e révolution populaire qui fut réprimée en24 heures sans avoir gagné une seule des 23 libertés demandées. Jusqu’à la chute : il se contente d’un seul vœu : un monde heureux : Rien que ça. Pourquoi l’apogée à 33 ? je ne sais pas… Bien sûr, certains mots, certaines idées ou situations échapperont aux enfants. Mais quelle jolie façon d’évoquer le monde social et le monde du travail, mais pas seulement, sous forme de comptine à lire comme un poème. Quant à l’illustration, elle n’est pas en reste. Très graphique, elle rappelle un peu le graphisme des affichistes, voire même les affiches de propagande, avec peu de couleurs, des formes simples qui rappellent par le moment le cubisme. Pas de décors, mais des fonds de pages blancs sur lesquels se détachent, sans perspective, des illustrations essentiellement au trait campant des personnages un rien figés, accentuant ainsi leur côté un peu décalé. Peu de couleurs, essentiellement rouge, noir, jaune, même si quelques taches de couleur viennent éclairer les pages. Le Facteur Quifaitquoi, de Ruth Vilar et Arnal Ballester, traduit du catalan par Frahçois Michel Durrazo, édité à la Joie de lire, 14,50 €, pour les enfants à partir de 5 ans et pour les bien plus grands.

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