AU FIL DES PAGES # 31 OCTOBRE 2024 – MARNIE HOLZER ET JULIE NAKACHE
Invitées : Marnie Holzer pour son roman Les choses de la nuit paru aux éditions Exopotamie (2024) et Julie Nakache pour son roman Choisir ses morts paru aux éditions Le Temps qu’il fait (2024).
Avec son premier roman, Marnie Holzer propose ce qu’elle appelle un récit « hantologique ». Au gré d’illustrations inspirées de Frédéric Duprat, elle entrecroise le passé et le présent dans une narration maîtrisée. Les chapitres alternent dans une narration à deux voix. L’une d’elle raconte vingt-quatre heures de la vie d’une femme un 21 juin, tandis que l’autre fait remonter tous les souvenirs des années écoulées. La narratrice et son double semblent dialoguer à distance avant de se rejoindre dans cette histoire entrelacée au réalisme magique, magnifique portrait de femme tiraillée, nous dit l’autrice, « entre idées féministes et penchants romantiques ».
Enseignante en collège et autrice d’une œuvre déjà fournie, Julie Nakache propose elle aussi un roman construit sur une double narration. D’un côté la Marquise de Brinvilliers, qui fut au cœur de l’« affaire des poisons » qui ébranla la cour de Louis XIV, de l’autre la propre grand-mère de l’autrice « enchaînée à la famille et à la loi des hommes » dans l’Algérie coloniale. Derrière ce double destin à la fois fort et tragique, Julie Nakache propose une réflexion originale sur la condition féminine. Elle fait ressortir la fatalité qui semble frapper ces femmes, à trois siècles de distance, en proie à une forme de violence masculine qui se ressemble, se perpétue, et leur quête éperdue de liberté. Julie Nakache réhabilite dignement ces femmes frappées d’anathème par la société.
Chronique de Cécile A. Holdban : Calamity Jane, Lettres à sa fille, traduit par Marie Sally et Grégory Monro, paru aux éditions Rivages en 2007.
C’est une Calamity Jane très différente de l’image que l’on se fait d’elle, qui apparaît dans ces lettres. Cette femme en pantalon, qui buvait et fumait, que les Sioux surnommaient la « femme folle » et son cheval Satan, le « cheval du diable », y apparaît comme une mère rongée par le remords d’avoir été contrainte d’abandonner sa fille, une mère tendre, sensible, drôle et inattendue, et une femme terriblement seule qui préfère cacher sa véritable identité à sa fille. Elle choisit de se raconter dans ces lettres et confie à sa fille qu’elle aimerait revivre sa vie, que ce pays l’a détruite et que l’abandonner l’a presque tuée.
MUSIQUES :
Marnie Holzer et Étienne Daho, « Le grand sommeil »
Lili Boniche, « Ana Fil Houb »
Maro, « Saudade, Saudade »
Daniel Johnston, « History of Our Love »
EXTRAITS SONORES :
Bande annonce de La Blonde du Far-West (1953)
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DIFFUSION sur la FM :
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