AU FIL DES PAGES # 08 JANVIER 2026 – ÉRIC FAYE
Invité : Éric Faye pour son roman : Le cinquième diamant aux éditions du Seuil (2025).
Auteur d’une œuvre abondante, comptant romans, nouvelles et essais, couronnée par plusieurs prix, dont le grand prix du roman de l’Académie française en 2010, Éric Faye s’aventure avec Le cinquième diamant dans un genre où on ne l’attend pas. Le livre commence comme un roman d’espionnage, dont il reprend tous les codes en s’en amusant, mais l’auteur en tire une intrigue aux rebondissements inattendus pour basculer dans une sorte de réflexion métaphysique sur la possibilité d’une vie extra-terrestre. Le tour de force de ce roman est de faire se côtoyer les théories scientifiques les plus pointues de la physique quantique et une célébration à la fois poétique et magique de l’imagination. Le lecteur suit sans pouvoir s’en détacher cette intrigue sophistiquée, haletante et enlevée, et voit ses certitudes ébranlées, même si Éric Faye se garde d’asséner une vérité quelle qu’elle soit. Avec Le cinquième diamant, il a trouvé, avec une certaine virtuosité, le moyen d’exprimer ses questionnements sur les conséquences philosophiques de l’existence ou non d’une pluralité des mondes.
Chronique de Cécile A. Holdban : Italo Calvino, Cosmicomics, traduit de l’italien par Jean Thibaudeau, paru chez Points Seuil en 1968.
Le propre d’un grand écrivain est sans doute de n’être jamais là où on l’attend. Calvino auteur de science-fiction ? Ce n’est pas la première idée que l’on se fait de cet écrivain brillant et prolixe. Mais les aventures de Qfwfq, le personnage principal de ces deux recueils de nouvelles relèvent bien de ce genre. Et Calvino a écrit là l’un des chefs-d’œuvre de la science-fiction, réalisant, en quelque sorte, un croisement parfait entre Ray Bradbury et Jorge Luis Borges. Cosmicomics et Temps zéro, c’est le croisement des Nouvelles martiennes du premier et du Livre de sable du second. Le tour de force de ce livre est de proposer des histoires dont les humains sont totalement absents, tout en embrassant l’humanité dans son ensemble, son éternelle quête d’amour et la fatalité du destin dont elle est tributaire. Calvino a inventé avec Cosmicomics un genre à part : le réalisme magique à la sauce Einstein !
MUSIQUES :
David Bowie, « Life on Mars »
The Beatles, « Across the Universe »
T. Rex, « Cosmic Dancer »
EXTRAIT SONORE :
Interview d’Italo Calvino sur les Cosmicomics (1966)
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DIFFUSION sur la FM :
Lundi - vendredi : 4h -12h et 17h - 21h
Samedi : 16h - minuit
Dimanche : 00h - 14h et 22h - 4h