Hommage à Leïla Shahid, figure majeure de la Palestine
Le podcast est à écouter en bas de ce texte.
Elle fut très longtemps la voix et le visage de la Palestine, Leïla Shahid s'est éteinte le 18 février 2026 à l'âge de 76 ans.
Il est très difficile de résumer en quelques lignes, la vie, le combat, la personnalité généreuse et déterminée d'une femme qui, par sa pensée complexe, exigeante et éclairée, a donné à la cause palestinienne sa dimension universelle.
L'ancienne diplomate palestinienne avait représenté son pays en France à partir de 1993 puis à Bruxelles auprès de l'Union européenne de 2006 à 2015. Elle était née à Beyrouth, où la famille de sa mère, engagée dans la lutte contre l'occupation britannique, avait été éxilée. Ce n'est qu'en qu'en 1994, après la signature des accords d'Oslo dont elle fut lune des actrices bien qu'en mesurant toutes les limites, que Leïla Shahid put rentrer dans les territoires palestiniens.
En 1982, elle pénètre, en compagnie de son ami Jean Genêt, dans les camps de Sabra et Chatila après le massacre de masse perpetré par les phalanges libanaises sans que l'armée israélienne ne réagisse. La vision terrifiante de corps mutilés inspirera au poète deux très beaux textes : Quatre heures à Chatila et Un captif amoureux.
En 1987, Leïla Shahid commença à écrire dans la revue d'étude palestinienne. Puis, elle devient une figure emblématique de la Palestine, invitée sur les plateaux télévisés et radios à chaque rebondissement dans les territoires occupés, expliquant et défendant inlassablement le droit des Palestiniens à disposer des terres annexées après 1967.
Sa détermination souriante, son érudition, son refus de la haine et son courage ont forcé l'admiration de tous ses interlocuteurs ou presque. Ces contradicteurs redoutaient son sens du débat, fondé sur une pensée exigeante et tranquille, et sur le rappel des faits, passés et présents.
Tous ses amis, et au-delà, ceux qui l'ont croisée à un moment de leur vie, saluent aujourd'hui sa générosité, sa langue enveloppante et chantante, son enthousiasme et sa curiosité pour les autres quelle que soit leur appartenance et parmi eux beaucoup d'Israéliens.
Les derniers rebondissements tragiques de l'histoire palestinienne, qui sonnent comme la chronique d'une fin annoncée et niée par certains, ont eu raison de sa force d'espérer et de lutter.
Nadia Ettayeb vous propose d’écouter ici l’entretien accordé par Leïla Shahid à Aligre FM il y a plus de vingt ans, en 2005, à une époque où l’espoir était déjà entamé mais malgré tout permis.
La diplomate venait de faire publier en français aux éditions Fayard les Souvenirs de Jérusalem écrits par sa mère, Sirine Husseini Shahid . Un texte émouvant, où se mêlent l’histoire intime d’une famille, certes privilégiée, mais dépossédée de ses biens et jetée dans l’exil en 1936 et celle du peuple palestinien, de sa culture, de son rapport viscéral à la terre, à une ville, Jérusalem, qui fut longtemps un creuset cosmopolite et oecuménique .
Edward Saïd, qui préface le livre, le qualifie de « trésor historique et humain », une littérature « familière, humaine, sincère , généreuse et éloquente ». Pour Leïla Shahid, la publication de ce récit était une autre forme de combat contre l’effacement.
Cet entretien a été remonté par Enrico Mastrogiovanni et Philippe Donnefort, et nous avons choisi de faire résonner la voix de Leïla Shahid avec les mots du poète Mahmoud Darwich, son ami, grâce au poème intitulé A Jérusalem dit par Didier Sandre le 7 octobre 2007 au théâtre de l’Odéon.
Entretien : Nadia Ettayeb et Lorenzo Trombetta.
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