AU FIL DES PAGES # 23 AVRIL 2026 – JIL SILBERSTEIN
Invitée : Jil Silberstein pour son récit : Thessalonique dans le flux des vivants et des morts aux Éditions La Baconnière (2025).
Écrivain, traducteur et ethnologue, parisien de naissance mais vaudois d’adoption, Jil Silberstein a eu plusieurs vies. Critique littéraire, journaliste, éditeur, il a vécu une année au milieu des Indiens montagnais du Labrador, puis chez les Indiens Kali’na d’Amazonie et trois étés au milieu des Tchoukches du détroit de Béring.
Désireux de « faire le point », Jil Silberstein part pour un mois d’exil lumineux à Thessalonique, avec quelques livres, une collection de vieilles cartes postales et sans but précis. Il se met en état de disponibilité aux êtres, aux lieux, aux images, aux bruits, aux odeurs et à la ville. Chronique d’une déambulation dans la mémoire, personnelle ou collective, Thessalonique se nourrit des poèmes de Yorgos Iaonnou et Yorgos Themelis, des rebétiko, du cinéma de Théo Angelopoulos. Mû par sa curiosité insatiable, il part sur les traces d’un éditeur de cartes postales au début du xxe siècle, qui l’entraîne sur la tragédie des Juifs de Thessalonique, et sur l’histoire de sa propre famille, des Juifs ayant fui les pogroms de Iași. Sans complaisance, sans narcissisme, Jil Silberstein tente de trouver un sens à ce qu’il appelle ses « éparpillements », et qui sont peut-être l’autre nom d’un émerveillement continu habité par la « nostalgie de l’absolu ».
Chronique de Cécile A. Holdban : Níkos Kazantzákis, Lettre au Greco, traduit du grec par Michel Saunier, Presses-Pocket (1998).
Kazantzákis propose une confession spirituelle, un testament philosophique et une quête intérieure menée jusqu’à ses limites les plus extrêmes. Dans Lettre au Greco, chaque épisode biographique – voyage, rencontre, lecture – est transfiguré en symbole et le réel est constamment élevé vers une dimension mythique. Cette stylisation rappelle la peinture du Greco, où les formes sont étirées, les corps spiritualisés et la lumière semble provenir d’un autre monde. Avec ce livre, il offre le récit d’un homme qui a toujours voulu savoir où diriger sa vie, et qui, au terme d’un cheminement spirituel, intellectuel, politique et sensible, a su rester cet enfant qui « absorbe insatiablement le monde, le reçoit dans ses entrailles, l’assimile et le transforme en enfant ».
MUSIQUES :
Angélique Ionnatos, « Perséphone »
Stratos Pagioumtzis et Vassilis Tsitsanis, « A Night in Pasalimani »
EXTRAITs SONORES :
Extrait de Le regard d’Ulysse de Theo Angelopoulos
Extrait du documentaire « En Grèce, la ville de Thessalonique, surnommée la “Jérusalem des Balkans” » (émission Mediterraneo)
Extrait d’un entretien de Níkos Kazantzákis (ORTF, 1957)
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DIFFUSION sur la FM :
Lundi - vendredi : 4h -12h et 17h - 21h
Samedi : 16h - minuit
Dimanche : 00h - 14h et 22h - 4h