Alexandre Tharaud, Touché ed. Grasset
Il est arrivé tranquillement à Césure , dans ce Tiers-lieu fourmillant d'initiatives, de créativité, de rencontres et d'utopies qui, accueille Aligre Fm dans les studios du Moment, et a demandé très naturellement, en embrassant du regard chaque recoin : "quel est ce lieu? C'est incroyable cela rappelle Berlin".
C'est ce naturel et cette sensibilité curieuse qui m'avaient déjà frappée lors de ma première interview. Alexandre Tharaud nous touche par ses interprétations, celles d'un pianiste dont le talent est salué aux quatre coins de la planète et qui a enregistré soixante-deux albums, n'hésitant pas parfois à explorer des chemins de traverse en saluant Barbara ou les plus grandes musiques de films. Il nous touche aussi par la simplicité étonnante avec laquelle il se livre dans la conversation comme dans 'écriture , qui s'est imposée à lui dans les longues heures d'attente d'aéroports qui jalonnent sa carrière internationale...
En 2017, dans Montrez-moi vos mains, il nous offrait de passer de l'autre côté du miroir, de l'accompagner dans ses années d'apprentissage mais aussi dans les coulisses des plus grandes salles de concert, dans ses échanges avec les accordeurs et finalement sur scène , au plus près de son corps à corps avec l'instrument imposant qu'il a choisi de faire vibrer en nous racontant les moments les plus marquants de son histoire .
Alexandre Tharaud nous offre aujourd'hui un récit plus intime, pensé, dit-il, comme un carnet de notes plus que comme un récit autobiographique. Touché -le titre reprend l'un des termes les plus vagues et insaisissables de la musique - est une évocation de l'enfance, bercée par la musique du studio de sa mère, professeure de danse et d'un père baryton contraint de tenir un garage dans un quartier où planent les fantômes de Chopin et de Milhaud.
C'est aussi une confession sans fard sur la dureté de l'apprentissage musical et sur la difficulté d'assumer et de vivre son homosexualité dans une époque marquée par le sida et l'homophobie ordinaire quand on suit un parcours traversé de solitude et d'exigence.
Le récit retrace finalement un chemin d'épines où les doutes, les failles, les premiers concerts chez Régine ou dans les sous-sol du musée d'Orsay, ont nourri une sensibilité et permis à l'artiste que nous connaissons de nous offrir, à chaque concert, à chaque album, dans chacun de ses choix, des instants de grâce.

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DIFFUSION sur la FM :
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